30/11/2003

Vertige

Le malaise qui me torture est à ce point tel que j'attendrai demain pour livrer le reste...

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

27/11/2003

Cinéma

C'est l'heure de la dernière séance, le public se fait rare. Dans la salle obscure, restent quelques cinéphiles impénitents et un couple d'amoureux s'embrassant langoureusement.
Ma vie est un cinéma, j'y joue le rôle principal, sans même en connaître le scénario.
 
FIN.
Le machiniste rebobine le film et les lumières s'allument. Les derniers spectateurs quittent la salle, satisfaits.
FIN.
Je rebobine le film, je reste dans la pénombre et je me le repasse en séance privée, satisfaite.

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

Oreille

Qu'il est bon, par une agréable soirée-télé, de se caresser l'oreille!
 
J'ai pour cela une technique très personnelle: du revers de l'ongle de l'index, je parcours le bord externe de mon pavillon, froid de préférence, sinon l'effet escompté n'est pas atteint. L' ambiance calfeutrée d'un divan moelleux et cette petite masturbation innocente, il n'y a rien de meilleur. Je vous entends hurler, messieurs les psy, tant pis, c'est ainsi, c'est mon truc à moi pour me rassurer quand je suis inquiète ou pour augmenter mon plaisir quand je suis bien, voilà. 
J'aime aussi les belles oreilles chez les autres, pour les regarder, les toucher, leur chuchoter des mots doux, aussi. La nature a ses secrets. Ainsi, il est intrigant de voir que la spirale, forme symbolique et parfaite du coquillage, de l'escargot, de la rose et j'en passe, se retrouve dans l'architecture de nos oreilles. En moins parfait, je vous l'accorde. Avez-vous déjà observé la forme artistique du pavillon de votre oreille? Si vous n'êtes pas seul, passez votre doigt sur ce relief mystérieux et unique de votre voisin. Oubliez les poils, s'il y en a, les oreilles décollées et les poils des oreilles décollées. Simplement en un geste tendre, passez l'index sur le cartillage. Il y en a des petits, des grands, des mous, des durs. J'en ai même déjà vu qui étaient tellement fins, que l'on y voyait au travers, par grand soleil.
L'oreille capte mes paroles, séduit ma vue, satisfait mon toucher. Les oreilles m'attirent, vous l'aurez compris. Je ne sais pas pourquoi. Je ne veux pas savoir pourquoi. A l'heure où j'écris ces lignes, d'ailleurs, je caresse mon oreille droite. Peut-être est-ce là un langage? Un langage entre elle et moi. Qu'entend-t-elle à ce geste? Que cherche à lui communiquer ma main? Complices, nous nous faisons du bien.
N'est-ce pas la seule raison d'être de ce geste intime que, ce soir, je vous confie afin qu'un jour, si vous croisez une personne se frottant l'oreille du bout du doigt, vous vous dites: "Tiens, c'est peut-être Hollynx"...

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

23/11/2003

Chocolat

J'ai promis à Virginie de m'amuser un peu avec le mot chocolat. Je m'y suis attardée depuis ce matin mais, l'imagination me fait défaut. J'en suis chocolat, croyez-moi. J'ai chaud, j'ai froid et je n'y arrive pas. Impossible d'écrire une ligne, mon écran reste blanc et mes idées noires.
Désolée, Virginie. Promis, demain j'arrête mon régime, tu peux m'offrir quelques pralines, elles m'aideront peut-être à trouver l'inspiration.

Écrit par Hollynx   |     |   |   13 passage(s)

20/11/2003

Théorème

L'adolescente se présenta devant le tableau et le coeur battant la chamade, saisit une craie. De l'autre main, elle déplia le bout de papier sur lequel était inscrit, à l'encre noire, une phrase qui lui sembla familière. Elle inspira et se mit à dessiner une forme géométrique qu'elle anota de lettres majuscules puis minuscules. Elle les compléta d'apostrophes et de pointillés.
La réalisation fut rapide. La jeune fille posa la thèse et l'hypothèse puis se mit à promener l'index sur le tableau vert tout en parlant nerveusement. Les traits de craie s'étalaient sous le mouvement mais l'ensemble restait bien visible, tandis que le tableau se remplissait de formules aux signes cabalistiques.
Au fond de la classe, le prof de math l'écoutait religieusement, les lunettes sur le bout du nez. Quand l'étudiante se tut, il les retira doucement et s'approcha de l'estrade. Il resta quelques instants immobile, sous le regard inquiet mais relativement satisfait de la jeune fille qui, finalement, ne s'en tirait pas trop mal lors de cet examen tant redouté.
" C'est très bien mademoiselle! Cependant, il est dommage que cette démonstration parfaite ne corresponde pas au théorème proposé..."
 
Cette histoire est véridique. Elle m'est arrivée il y a bien longtemps.
Merci à celui qui m'a proposé le mot THEOREME, il ne sait pas à quel point j'ai encore honte aujourd'hui.


Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

19/11/2003

Vérité

" Je suis la vérité, pas toujours bonne à dire, du reste. Que diable me voulez-vous? Croyez-vous que je sois à ce point bonne conseillère que, pour me trouver, certains parcourent la terre entière, d'autres torturent ou encore se font traiter de mythomanes lorsqu'ils m'évitent de bon coeur. Vérité, vérité, vous n'avez que ce mot à la bouche..."
 
Le poète déposa sa plume. Il déchira son brouillon. La page blanche et les mots perdus, telle était SA vérité.
Il en avait lu des ouvrages, des thèses et des essais. Il les avait relus, il avait voyagé, il avait rencontré des gens, il avait pris des notes et il restait bloqué sur ce mot de six lettres, banal en soi: la vérité.
Ce qu'il avait oublié, c'est que la vérité ne se rencontre pas. Où aurait-il pu la rencontrer? Au coin d'un bois? Au fond d'un puits? Dans les écrits de ses pairs ou dans les expériences de ses voisins d'ici et d'ailleurs?
Il avait oublié le chemin de la vérité, ni homme, ni chose, ni discours. La vérité insaisissable à laquelle nous contribuons tous, sans même en avoir l'air.
Il avait oublié de la vivre. Tout simplement, en omettant de s'en pénétrer chaque jour davantage, d'un regard, d'une écoute, d'une saveur, d'un parfum, d'une caresse.
Il avait oublié de vivre et s'était enfermé avec ses carnets de route et six lettres à y aligner: V.E.R.I.T.E. 
 
Le poète reprit sa plume. Il se pencha sur une nouvelle page blanche et se mit à pleurer. Les larmes tachèrent le papier immaculé et il se sentit très malheureux. Alors, il se laissa aller tout entier à la tristesse et sa main traça ses mots maladroits: " la Vérité se cache en moi..."
Le reste du texte s'imposa comme une simple vérité.

Écrit par Hollynx   |     |   |   8 passage(s)

18/11/2003

Les 7 jours

Le mot du lundi s'est élargi au mercredi puis a fait des petits le mardi et parfois le jeudi aussi.
Il ne reste donc que les vendredi, samedi et dimanche. Bref, Le mot du lundi tend vers la semaine tel une petite graine qui pousse, sans en avoir l'air. Je pense avoir attrapé le virus contre lequel je luttais. Tant pis, tant mieux, à vous de juger.
Dorénavant, je m'écrirai donc quand bon me semble, selon l'envie mais surtout selon l'inspiration du jour, de l'heure et de l'humeur...


 
"L'art est une machine de guerre au service du désir en sa lutte contre la suprématie du principe de réalité" (Dali)

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

16/11/2003

Pour me faire du bien...

Les gens...
 
Celui-ci,
Pauvre être hagard,
Il déambule fragile
Sans le moindre regard.
 
Celui-là,
Il parle.
Il ne peut rien d'autre,
Au travers de ses larmes.
 
Celui-là,
Dés le matin, il sourit.
Mais, de vous il se moquera
Avec mépris.
 
Puis, celui-là deviendra celui-ci
Et celui-ci, celui-là.
Ils s'amuseront toute la nuit,
Se parleront de-ci, de-là.
 
Donnez-leur la réplique
A ces gens disparates,
Ils sont bon public,
Derrière leur masque.


Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

Envol

(Une fois n'est pas coutume, synthèse de 2 mots: Farman + offusquer)

 
Au risque de vous offusquer, sachez que Farman ne m'inspire guère. Qu'il soit aviateur, scaphandrier, prètre ou bourreau me laisse tout à fait indifférente. Dans ces conditions, me direz-vous, comment prendre la plume et satisfaire ce petit jeu littéraire du lundi?
Attachez vos ceintures, le décollage est annoncé!
Offusquer ayant deux F, mon avion aura deux ailes. Offusquer commençant par un O tout rond, agréable à contourner à loisir, mon envol se fera en un décoiffant looping qui, non seulement aura l'audace de vous secouer mais vous laissera pantois de par son altitude utopique et sa vitesse incommensurable.
Parée pour le départ!
J'attends impatiente, en début de ligne, que mon imagination, tour de contrôle de ma vie, me donne le feu vert.
Que se passe-t-il?
Des turbulences? Une nuée d'oiseaux migrateurs prévue pour aujourd'hui?
Le départ est reporté.
Il est annulé.  Farman et son avion, offusquer et sa conjugaison resteront au sol, ce soir. Je quitte les commandes, un rien déçue, je prends soin de ranger mes instruments et je lance un regard réprobateur à mon imaginaire pour l'annulation de ce voyage prometteur.

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

13/11/2003

Parapluie

Il pleut. Les gouttes inondent la rue qui, rapidement, se transforme en torrent. Comment est-il possible qu'une petite goutte plus une petite goutte puissent faire autant d'eau? J'ai les pieds trempés, les mollets éclaboussés, le dos frigorifié d'humidité. Les doigts serrés sur son manche, je m'accroche désespérément à mon parapluie. Mon parapluie à pois rouges sur toile noire, véritable gageure contre les gouttes de pluie s'écrasant, meurtrières, sur l'étoffe tendue de mon protecteur qui, intrépide, les assassine en filets dégoûlinants. Nous ne faisons qu'un lui et moi car tandis que je dirige son armature, afin que jamais l'eau n'atteigne mon visage, très fier de son rôle, il se garde de protéger ma nouvelle permanente. Il ne me quitte jamais, c'est mon plus fidèle compagnon. Par temps sec, il repose au fond de mon sac, bien installé dans sa housse élastique. A la première gouttelette, je le saisis d'une main rapide et de l'autre je le retire de son étui. Je presse le bouton et sans plus attendre, il s'étale à mon service. S'il venait à disparaître, si je le perdais ou si on me le dérobait, je n'ose imaginer ma détresse. Il n'est pas neuf, il doit dater des années 80. Nous en avons connu des balades, des villes, des aventures, des intempéries, des hivers et des soirées tardives. Quelques étés particulièrement arrosés aussi. Jamais il ne me fit défaut. Toute à mes pensées, je marche d'un bon pas. Il est tard et j'ai un rendez-vous important. Ce soir, il m'emmène au restaurant. Nous nous retrouvons de l'autre côté du pont. Il pleut. Il pleut davantage encore. La nuit commence à tomber et le vent accentue la sensation d'humidité. Je le tiens maintenant à deux mains. Je ne sais pas  qui dirige l'autre dans cet affrontement de septembre et ses caprices. Au seuil du pont Kennedy, une bourrasque plus violente nous attaque sans préambule. Mon parapluie tressaille puis glisse un peu entre mes doigts crispés qui, pour rien au monde, ne lâcheraient prise. Soudain, il se retourne en un bruit sourd déconcertant. Je n'ai plus en main qu'un pauvre diable informe, sans plus la force ni la volonté de se relever, ridiculement ébourriffé de sa toile détendue, éventrée par trois baleines pliées. Nous sommes lamentables d'eau et de vent. J'avais un rendez-vous important. Il m'attend. J'irai sans mon parapluie, tant pis. Il m'aime. Il comprendra les cheveux mouillés. Il essuiera le maquillage étalé. Il consolera mon moral décomposé. D'un geste brusque, je dépose la carcasse de mon parapluie sur la poubelle la plus proche, à l'autre bout du pont et j'accélère le pas. Il reste là. Seul. Démantibulé sur le tas de sandwishes non achevés et de cannettes cabossées. 
Il pleut moins. Les gouttes se font plus rares, les gouttières se vident et les rigoles s'affinent du courant d'eau. Je remonte mon col, je replace une mèche rebelle et je souris à la soirée qui m'attend.
Il ne pleut plus. Tout sèche, seuls quelques pois rouges sur une toile noire dépassent désespérément humides d'un tas d'ordures à l'abandon.
 
 
(d'après un mot de l'Hebdo-Jeu. Clin d'oeil à Wink...)

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09/11/2003

Temps

Des yeux délavés par le temps, brillants d'avoir trop regardé, humides d'avoir trop vu, rougis d'espérer encore. Regards perdus, regards voilés, regards perçants ou regards absents.
Des lèvres usées par le temps, sèches d'avoir trop parlé, souillées d'avoir trop mangé, avides de demander encore. Paroles décousues, paroles plaintives, paroles colériques ou paroles muettes.
Des corps courbés sous le poids du temps, lourds d'avoir trop marché, déformés d'avoir trop travaillé, présents de vivre encore. Dos voûtés, pas hésitants, bras tendus ou mains offertes.
Tant de rides, tant de cheveux blancs, tant de larmes, souvent.
Tant de sourires, tant de tendresse, tant de violence, parfois.
Ils sont les pauvres diables du temps, d'un passé qui les a vu naître, d'un présent qui les fait souffrir, d'un futur qui les fera mourir.
Ils sont les pantins du temps, d'un avant heureux, d'un maintenant cruel, d'un après sans nom.
Ils sont les exilés du temps, d'un hier trop court, d'un aujourd'hui trop long, d'un demain trop loin.
Ils sont Joséphine, Thérèse et Nicolas, Marcelle, tonton et papa mais ils sont bien plus que cela, ils sont la vie même si pour eux, le temps n'existe pas.
A l'heure où j'écris ces lignes, désormais le temps n'existe plus pour eux: Alzheimer a cassé le sablier...
 
 
(d'après un mot de l'Hebdo-Jeu. Tout spécialement pour Nathalie...)
 
 



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05/11/2003

Cheveu

Pas envie de couper les cheveux en quatre ni d'écrire une histoire tirée par les cheveux. Cependant, au risque de tomber comme un cheveu dans la soupe, à propos de ce thème, ou de vous les faire dresser sur la tête, je me lance. Difficile. Tout aussi difficile que la déclaration d'amour que tente de me faire, depuis des mois, mon voisin de palier. Vous savez, celui qui a un cheveu sur la langue. Le pauvre. L'autre jour, je le suivais cheveux au vent et je me suis aperçue qu'il n'avait plus un cheveu sur la tête. Un chauve. Mon voisin de palier est chauve! Chauve avec un cheveu sur la langue.
Allez savoir pourquoi, c'est en lui emboîtant le pas que m'est venue cette idée. Elle m'est venue d'un coup, sans même chercher, comme lorsque vous recevez un cheveu dans l'oeil. A la différence près que j'ai couché cette idée sur papier. Vous ne couchez jamais de cheveu sur une feuille. Quoique, j'ai chez moi une collection de mèches de cheveux: des blonds, des bruns, des roux, des longs, des courts, des bouclés, jusqu'aux gris de ma grand-mère, récoltés furtivement avant sa mise en terre. Vestiges du passé, ils sont le trésor d'un présent dépassé et d'un futur pas encore né.
Eh bien, le voilà écrit mon texte! N'y voyez que des cheveux.
Des mots et des cheveux, deux éléments capables de résister au temps. Il y en a de nombreux autres, je sais, mais je les garde pour d'autres textes.

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03/11/2003

Lundi

Bric à brac. Brac à bric.
Esprit en sac. Pensées en tic.
J'ai le trac. Pas d' tactique.
Bric à brac. Brac à Bric.
La tête qui craque. Moral à pic.
Fin d'entrac'te. Brac à bric.




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01/11/2003

Enigme

L'énigme a deux bras, deux jambes, une tête, 65 kilos de vie et 1,72 mètre de haut. Elle est femme.
Elle fut jadis foetus dans le ventre de sa mère mais, elle ne s'en souvient pas. Elle ne vous parlera jamais de "l'après la mort", elle déteste ça. Son énigme est un état. Elle se sent femme.
Après l'évolution, les transformations, l'ascension, il y a cette espèce de plateau. Son visage se couvre peu à peu de rides, ses cheveux se font plus gris et, pourtant, elle se sent égale, marquée seulement par le temps dans son corps et non dans son esprit qui semble s'installer pas à pas dans un mieux-être d'existence et d'humanité. Elle connaît désormais l'amour. Je pense que c'est lui qui l'emmène ça et là dans les méandres du sommet du mont de sa vie. Il colore l'espace et ralentit le temps, à tel point que sa pensée vagabonde joyeusement, en toute liberté.
Y aura-t-il obligatoirement descente après ascension?
Involution, transformations, chute, toujours plus rapide, avant plus rien?
Cette énigme, c'est moi. Je suis une femme.
J'ai deux bras, deux jambes, une tête, 65 kilos de vie et 1,72 mètre de haut, si petite dans le monde mais tellement attachée à lui.
Je veux rester sur le plateau, le paysage est vraiment trop beau.
S'il te plaît, arrête le temps...
 
 
(d'après un mot de l'Hebdo-Jeu)

 



 

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