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11/12/2003

SDF

Ce matin, le thermomètre affiche -2.
Une bonne nuit sous la couette. De la tendresse.
Un appart bien chauffé.
Rien à redire.
Petit effort pour me driller: une journée de plus de neuf heures, avec une réunion à la clef.
Pensée aux vacances de Noël qui approchent.
Ca ira!

L'ascenseur, le sas d'entrée, le trottoir qui se dessine. Ma voiture aux vitres givrées.
Allez, on va gratter.
En poussant la porte vitrée, mon attention est attirée par une masse colorée à ma gauche, une sorte de grand tapis, entre le volet du garage commun et le seuil du building.
Un lit!
1,20 mètre de large, une couverture brune, une rose et un couvre-lit matelassé à fleurs par-dessus. Rien ne dépasse. Pas de mouvement. Un lit bien fait, bien étiré avec, juste à côté, un sac à dos bien rangé. Je suis mal à l'aise. Je contourne pour rejoindre ma voiture et j'aperçois deux semelles en caoutchouc striées. Une petite pointure. Vision anachronique d'un autre espace-temps.
Que faire?
Et bien, je n'ai rien fait. Je m'en veux et cela m'a poursuivie toute la journée mais, qu'aurais-je pu faire?Qu'aurais-je dû faire?
Cela s'est passé ce mercredi 10 décembre 2003. Il était 8h20.
Misère citadine...
 
Renseignements pris, ils étaient deux sous les couvertures. La police les a éveillés.
Deux amoureux sans appart bien chauffé. 



Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

Commentaires

La couette était bleue Rien à voir avec ce que j'ai vu en sortant quelque temps après toi.
L'air impassible du flic qu'une bonne âme a appelé (pas moi ...)
Contraste avec les yeux hagards de la jeune femme, regardant son compagnon ramasser son "paquetage".
Image fugitive, car j'ai fui moi aussi.
On fui tous. Lâchement.
" - Qu'est-ce qu'on peut y faire ? "
Sûrement pas fermer les yeux.
C'est pourtant ce que je vais faire.
Sous la couette bleue.

Écrit par : ... | 11/12/2003

... Il ne faut pas chercher fort loin la misère du monde...

Écrit par : Dyfuca | 11/12/2003

Je comprends, cependant... Je voudrais vous fait part de mon expérience en matière de SDF.
Pendant quelques temps, je me suis joint à un groupe d'amis qui avaient décidé d'aller offrir un peu de réconfort aux SDF de Namur le dimanche soir.
Ce réconfort se présentait sous la forme de soupe roborative et d'un bout de conversation et d'intérêt qui leur était porté.
Pas grand chose, mais mieux que rien.
Qu'ai-je découvert dans ce monde ? Notre monde.
Des gentils, des méchants, des faibles, des forts, des cons, des intelligents, des beaux, des moches, des philosophes, des brutes, des... Faut-il continuer ?
Leur seul point commun était d'être dans une période de leur vie où ils vivaient, pour différentes raisons volontaires ou involontaires, en marge de la société.
J'ai observé les structures d'accueil. Suffisant et correct. J'ai observé leur comportement et j'ai constaté que certains en profitaient et d'autres pas. Ils étaient les exclus des exclus.
Je me suis demandé comment était-ce possible ? J'ai compris quelque chose au bout de quelques mois. C'était leur choix du moment.
C'était la manière dont ils assumaient le moins mal leur existence.
On ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux. Notre société n'a pas à rougir de ce qu'elle propose aux défavorisés.
On peut toujours faire mieux bien sûr, et faisons-le d'ailleurs. J'applaudis.
Mais si la personne n'a pas la volonté de s'en sortir, rien n'est possible.

Écrit par : Henri | 13/12/2003

Le fauve est lâché mais toi aussi, apparemment. Et mon mot, alors: j'attends ...
Kiss,
k%

Écrit par : k%gar | 14/12/2003

Découvert chez Julie La "marraine" des blogs en Inde.
J'y suis aussi allé (plusieurs fois).
Et ça donne "ça" ...

Écrit par : k%gar | 17/12/2003

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