31/12/2003

2004 !

Une très agréable année à tous
 
Qu'elle vous procure tout ce que secrètement vous désirez...
 


Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

30/12/2003

Créneau

Ma petite Toyota et moi faisons une agréable promenade cet après-midi. J'adore cette complicité que nous avons sur les routes de campagne. J'aime la laisser s'élancer dans les descentes, elle est encore jeune et fougueuse parfois. Dans les montées, la paresse s'empare souvent d'elle. Que voulez-vous, elle est automatique et préfère les plats où elle excelle dans les accélérations et me surprend dans les tournants.
Nous revenons d'avoir conduit le fiston chez son amie, à 25 kilomètres de chez nous. Nous profitons au maximum du soleil d'hiver qui nous éclaire et de la musique magique de Baiwir qui inonde l'habitacle. Bientôt Hiram, les profondeurs de l'océan et la Symphonie des âges n'auront plus de secret pour nous. Je frappe la mesure sur le volant, tandis que Yarisette se dandine sur les chemins sinueux. Mais déjà l'autoroute se dessine. Là, je dois la ralentir car lâchée depuis plus d'une heure, elle semble impatiente de retrouver ses pénates. Pas moi. Je voudrais prolonger ce moment de bonheur où le temps s'arrête.
130 - 140... "Eh là, doucement !". Pas si vite. Pas encore. Si, encore. Encore de cette musique, de cet espace qui défile, de cette solitude sur quatre roues. Je me sens bien.
80 ? "Merde, j'ai dû être flashée !". J'appuie sur la pédale du frein. Il n'est peut-être pas trop tard. La voiture semble refuser de ralentir et la mauvaise humeur remplace le bien-être de l'instant d'avant.
Nous voilà en ville. Feu rouge. Encombrement. Pont barré. Sens unique. Piétons téméraires. Vélo rebelle. Ma rue. Enfin, ma rue et pas de place pour me garer. Une voiture verte met son clignoteur. Parfait, une grosse BMW, ma petite Toyota prendra facilement sa place. J'applique les leçons apprises : je suis à la hauteur de la portière de la voiture devant, braquer puis contrebraquer, reculer et le tour est joué. Chez les autres ! Yarisette, contrariée par l'autoroute, moi énervée par ses caprices, mon mauvais côté de parking... Bien sûr que cela existe ! Si je m'étais garée à droite, cela ne serait pas arrivé. Voilà justement une Mercedes qui s'en va à droite. Je file me mettre en position et j'entame la manoeuvre. Zut, une voiture s'arrête derrière moi! Elle attend. Je m'y reprends. Ce n'est pas vrai, Yarisette a mis deux roues sur le trottoir. La voiture, derrière, est passée mais je suis de travers avec deux roues sur le trottoir, ce que m'indique un monsieur, tandis que ma voisine est à sa fenêtre. J'ai chaud. Furieuse, je démarre et vais me garer en épi sur le parking tout proche. Je coupe le moteur et je soupire. Je déteste les créneaux!
 
A peine exagéré...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

28/12/2003

Souvenirs...

(1969) Les deux cousines
 
La première, mandarine, était plutôt coquette. Elle aimait porter une à plusieurs feuilles. L'autre, orange, était beaucoup plus forte et se contentait de son manteau sans âge.
Un jour qu'elle se réveilla de bon matin, elle vit sa copine banane s'étendre, bâiller à vous décrocher de l'oranger. Elle eut envie de faire la même chose: elle s'étira, bâilla, s'étira et tomba hors du plat.
 
(1973) Rencontre
 
Un soir sur une route, j'ai rencontré un vieillard qui marchait à pas lents. Il marchait les cheveux au vent, les yeux humides, le dos courbé, sur ce chemin poussièreux.
Il marchait doucement. Il était vieux et sans famille, il semblait grave, symbole d'une vie bien remplie.
Il marchait à pas lents, il voulait remonter le temps. 


Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

24/12/2003

Cette fois, ça y est...

Un joyeux Noël à tous!
 

Écrit par Hollynx   |     |   |   8 passage(s)

21/12/2003

Eclipse

"Ok, midi plein, mercredi à l'arrêt de bus. Bien sûr... Pas de problème. Je t'embrasse. Bye!"
La jeune fille, un sourire aux lèvres, déposa délicatement le combiné sur son support. Le miroir qui lui faisait face lui renvoya une image pour le moins inhabituelle car jamais son visage ne s'éclairait de la sorte. D'un tempérament réservé, on la disait hautaine, orgueilleuse, froide. Ne s'était-on jamais posé la question de savoir si elle avait quelqu'un à qui sourire? Aujourd'hui, sa bouche figée s'entrouvrait et ses yeux plissés d'incertitude s'émerveillaient d'un futur probable. Elle avait rencontré Stéphane et Stéphane avait su inonder son existence de lumière. Pour la première fois de sa vie, Laura était heureuse. Un instant de bonheur sur vingt ans gâchés à l'attendre.

A quatre kilomètres de là, un jeune homme poussa un cri de joie, tandis que d'un geste brusque, il laissait retomber le combiné du téléphone sur son socle. "Wouaw, elle a accepté un tête-à-tête! Enfin, j'ai réussi à l'apprivoiser. Je l'ai troublée, je le sais, je l'aime! C'est fou! C'est fort! C'est génial! Oh, Laura, Laura, que n'est-on pas déjà mercredi." Stéphane n'avait pas besoin d'un miroir pour découvrir qu'il rayonnait de bonheur. Rouge d'excitation, il dût oter son tee-shirt, tant il transpirait. Son corps jeune, musclé et bronzé rêvait déjà de l'allure de celui de Laura, toute en angles, en froideur et en pâleur. Il arrondirait ses angles, il assouplirait son être, il réchaufferait son corps jusqu'à lui rendre les pommettes roses. Roses de vie, rose de désir, roses d'amour. Les deux jours qui suivirent l'appel téléphonique de Stéphane furent interminables. Puis, mercredi arriva sur la pointe des pieds. A midi plein, comme convenu, Laura descendit du bus.

Stéphane, sans l'ombre d'un doute, s'approcha d'elle et lui posa un chaleureux baiser sur la joue. Le charme discret de la jeune fille était bien plus perceptif sur le bord de cette route de campagne que dans l'auditoire de bio. Ils marchèrent en silence le long de l'accotement avant d'emprunter un petit chemin conduisant aux champs tout proches. Stéphane attira à lui le regard de Laura. Ses yeux formaient comme des petits croissants dans la lumière de cette belle journée d'août. Le jeune homme ne put résister à tant de beauté et il l'embrassa fougueusement. Surprise par cette audace subite, Laura fit un bond en arrière. Elle l'avait tant désiré,ce baiser, qu'au moment précis où elle le recevait, elle s'y refusa.
 
Stéphane ne comprit pas ce qui se passa ensuite. Le jour se fit nuit, le bruit se fit silence, soudain, son coeur se mit à battre à ses oreilles et son souffle se fit plus fort. De plus en plus fort.
Lorsqu'il reprit ses esprits, le soleil luisait à nouveau dans le ciel et Laura gisait à ses pieds, morte.

C'était le 11 août 1999, ce jour-là, le soleil avait rendez-vous avec la lune. La dernière éclipse du siècle...



Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

19/12/2003

Mouche

Une mouche, peu farouche, louche ma tartine. Sa compagne, pleine de hargne, en un piqué volontaire tente de s'y poser. Une troisième, téméraire, bourdonne à mon oreille, histoire de me distraire tandis que j'aperçois, juste à temps, une quatrième en phase d'atterrissage auquel elle renonce, en accélération de dernière chance, sous mon regard agacé et ma main courroucée. L'escadron étant dispersé, je peux attaquer mon goûter!
Au moment de plonger mes dents voraces dans ma toute fraîche compote d'abricots, je distingue en gros plan, dissimulée derrière un abricot resté entier, deux énormes yeux qui me fixent, un corps noir qui se trémousse de plaisir dans la mixture sucrée et deux ailes en saubresauts qui semblent me narguer. J'arrête tout mouvement. Elle ne bouge plus. Nous nous dévisageons longuement, yeux dans les yeux, nez contre nez presque et, c'est là que le miracle se produit: je lui laisse ma tartine.
 

Les mouches auraient-elles un pouvoir de séduction?


Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

15/12/2003

Papier

Papier bonheur, papier malheur...
Une vie de papier, en images et en carton.
 
Tout commence par un faire-part de naissance que suivent les photos d'anniversaire, les emballages cadeaux, les cahiers d'école, les cabanes en carton, les dessins pour maman, les cocottes en papier, les copions oubliés, les pense-bêtes improvisés, les premières lettres d'amour, les copains éloignés, le diplôme souhaité, les photos de vacances, le CV envoyé, la lettre d'embauche, l'invitation au mariage, les premières factures, le tonton oublié, les cartes postales et le courrier amical, les livres dévorés, le premier bébé, le procès mal digéré, l'achat de la maison, le dico consulté, la note du super-marché, le concours gagné, l'héritage de mémé et le lotto raté, les dossiers au boulot et le journal dans le métro, la serviette au resto, la boîte à chaussures qui ennuie et la caisse à souvenirs qui enivre et puis, le testament, la liste des médicaments, un faire-part de décès, un billet perdu l'année précédente que l'on retrouve soudain en feuilletant l'album photo d'une vie en papier mâché.

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

14/12/2003

Alphabétique

Cette nuit-là, les voyelles avaient décidé de se faire la belle.
 
Vers minuit, elles se glissent donc hors du dictionnaire pour rejoindre je ne sais quel horizon.
C'est le I qui le premier sort sans problème, suivi du E qui passe rapidement la tête et du U cramponné à deux mains sur le bord du bouquin. Le A semble avoir plus de mal, tandis que profitant de l'ouverture laissée par son corps grassouillet, le O s'infiltre si maladroitement que le livre se reclappe violemment, sans cependant réveiller les consonnes endormies. Plus personne ne bouge.
Soudain, le L se retourne et le Z commence à ronfler. Le F soupire et le M s'étire. Puis, le calme revient. Profitant de cette accalmie, A E I O et U quittent en cortège la bibliothèque et marchent vers la fenêtre de rez-de-chaussée. Là, tous s'alignent face à la nuit qu'éclaire une pleine lune de conte de fée. Le A et le O n'en reviennent pas de la beauté du spectacle. Le I pousse un cri d'effroi, à la vue d'un hibou affamé et le U tente au mieux de se réchauffer contre le E pensif. Le sentiment est partagé: quitter les lignes confortables qui les a vus naître, pour partir à l'aventure, ou rester auprés des consonnes qui les dominent depuis toujours.
C'est le I qui d'un ton autoritaire tranche: plus question d'hésiter, ils partent sans se retourner.
"Pour aller où?", s'inquiète le E.
"J'ai peur...", chuchote le A qui lui aussi se met à grelotter.
Le I semble mécontent d'une telle indécision quand, tout à coup, le dictionnaire se met à gronder, dans un vacarme de plus en plus fort. Le B est debout. La page 267 s'agite. Le G est furibond. Le H gesticule en onomatopées tronquées.
"Silence!", hurle Brrr qui, profitant de son statut de mot sans voyelle, prend la direction de cette révolution. "A, reprenez votre première place! Et vous tous, dispersez-vous sans plus tarder où l'on vous attend! Je ne sais quelle mouche vous a piqué mais sachez que, désormais, en syllabes, vous resterez."
 
C'est ainsi que A E I O et U perdirent leur signification de lettres isolées et n'y gagnèrent, non pas la liberté, mais une définition de classement. 

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

11/12/2003

SDF

Ce matin, le thermomètre affiche -2.
Une bonne nuit sous la couette. De la tendresse.
Un appart bien chauffé.
Rien à redire.
Petit effort pour me driller: une journée de plus de neuf heures, avec une réunion à la clef.
Pensée aux vacances de Noël qui approchent.
Ca ira!

L'ascenseur, le sas d'entrée, le trottoir qui se dessine. Ma voiture aux vitres givrées.
Allez, on va gratter.
En poussant la porte vitrée, mon attention est attirée par une masse colorée à ma gauche, une sorte de grand tapis, entre le volet du garage commun et le seuil du building.
Un lit!
1,20 mètre de large, une couverture brune, une rose et un couvre-lit matelassé à fleurs par-dessus. Rien ne dépasse. Pas de mouvement. Un lit bien fait, bien étiré avec, juste à côté, un sac à dos bien rangé. Je suis mal à l'aise. Je contourne pour rejoindre ma voiture et j'aperçois deux semelles en caoutchouc striées. Une petite pointure. Vision anachronique d'un autre espace-temps.
Que faire?
Et bien, je n'ai rien fait. Je m'en veux et cela m'a poursuivie toute la journée mais, qu'aurais-je pu faire?Qu'aurais-je dû faire?
Cela s'est passé ce mercredi 10 décembre 2003. Il était 8h20.
Misère citadine...
 
Renseignements pris, ils étaient deux sous les couvertures. La police les a éveillés.
Deux amoureux sans appart bien chauffé. 



Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

09/12/2003

Question

L'amitié avec un grand "A", serait-il l'amour avec un petit "a"?
 
En voilà une question!
Question de point de vue...




Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

08/12/2003

Liberté

Je suis une très vieille dame. J'en ai vu défiler des bateaux car, à longueur de journée, je regarde le large. L'horizon est ma destinée que dérangent ça et là quelques mouettes défiant ma coiffure. Ma vie est calme entre mer et terre malgré les touristes qui nombreux me rendent visite, au rythme des saisons. Je les accueille souriante, gardienne d'un monde qui ne m'appartient pas. Je suis née ailleurs mais ma terre d'adoption me rend hommage, comme je ne cesse de clamer à quel point il est bon d'être libre de regarder droit devant soi, vers un futur toujours meilleur.
J'en ai vu défiler des anneés, des bonnes et des moins bonnes, jamais je n'ai baissé les bras devant l'adversité. Je suis une très vieille dame, digne et fière, qui regarde la mer, les bateaux et les oiseaux. En voilà un qui s'approche. Il semble plus téméraire que ses congénères. Il est plus gros. Plus rapide. Il ne cherche pas à se poser. Il continue vers la terre, vers la villle, vers les hommes. Il tourne. Non, il ne tourne pas. Il fonce, toujours plus bas. Il fonce. Il pénétre. Il...
Ce bruit, cette lumière, ces flammes, cette fumée, ces cris, ces sirènes! Ce silence, ce vide. Le voilà qui revient. Ce n'est pas le même! Il cherche le premier. Il fait du bruit. Un bruit de moteur? Il fonce. Il fonce. Il explose...
Les bateaux ont cessé de glisser, mon socle m'empêche de me sauver, ma torche est si lourde de son passé, de ce présent, de ce futur qu'on assassine.
Le temps s'est arrêté. Il se fend. Il s'écroule. Il se meurt.
 
J'étais la Liberté, je ne suis plus qu'une statue qui ne croit plus en son symbole. Je voudrais leur crier mais l'envol des oiseaux couvre ma voix. Ils s'en vont vers l'horizon et je les regarde partir, comme si rien n'avait changé.
Je suis une très vieille dame, laissez-moi mourir tranquille.


Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

01/12/2003

Vertige

Je vertige des hauteurs. Des hauteurs d'une montagne, d'un pont, d'une terrasse, d'une échelle, d'un tabouret. Je vertige de la hauteur de mes sentiments, de mon amour, de mes passions, de mes colères. Une sensation moite qui transpire du dedans au dehors parce que le dehors veut me prendre le dedans, avant de me saisir toute entière dans ses griffes fourchues. Un vertige insaisissable qui me capture et me maltraite jusqu'à l'abandon. Le malaise inconscient de ma conscience qui rend haut ce qui est bas et bas ce qui est haut. Le vertige d'un vertige qui va et vient et puis s'en va.
 
(Demande spéciale...)
 

Écrit par Hollynx   |     |   |   11 passage(s)