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13/01/2004

Mine

Stéphane fondit en larmes. Des milliers de palplanches muraient la mine désafectée.
 
Au fil du temps, elle était devenue son amie, sa confidente, sa délivrance après des heures de supplice à écouter un instituteur peu sympathique. Elle l'avait toujours accueilli à bras ouverts, lui offrant des couloirs de découvertes, des éboulis de plaisir, de la poussière de trésor, des cailloux de bonheur. Stéphane serra les poings. Ils avaient bloqué l'accès à son paradis, ils l'avaient condamné à l'éternité de solitude, sans lui. Furieux, il se rua sur le barrage gigantesque mais rien ne bougea. Du sang perla sur la tranche de ses mains et ,désespéré, il s'assit le dos au mur maudit.
Tout à coup, une petite voix cristalline se fit entendre. Elle venait de derrière la barricade. Elle était toute proche et tellement loin à la fois. Elle engloba Stéphane et son humeur renfrognée puis le rassura, comme seule savait le faire sa maman, les soirs d'orage quand il avait peur. Ce n'était évidemment pas sa maman. Qui cela pouvait-il être? En effet, personne ne s'aventurait jamais dans cet univers hostile, terril sombre, immondices et carcasses rouillées, hormis Stéphane quand il était en quête d'isolement.
Le petit garçon se redressa et demanda timide: "qui es-tu?". Il s'y reprit à plusieurs fois mais n'obtint aucune réponse. Il contourna alors l'entrée, escalada le remblai et se retrouva sur la plateforme qui formait une sorte de toit à l'issue désormais murée. Sur le lit de mousse qui le recouvrait, il se coucha à plat ventre, la tête au niveau des madriers qui lui barraient la route. Découvrir ainsi la mine à l'envers, le fit sourire. Le sol était plafond, le plafond était sol et Stéphane rêva de partir à la recherche de nouvelles aventures dans ce monde en miroir. Pour toute présence, il ne perçut que l'humidité familière du lieu. Une petite araignée aussi qui, effrayée à la vue de ce visage venu de nulle part, s'échappa à toutes pattes bien loin de là. Déçu, le gamin se releva et tandis qu'il frottait ses vêtements souillés, il l'entendit à nouveau. Elle était bien réelle, cristalline, à deux pas de lui. Il ne rêvait pas, il l'entendait. Stéphane reprit sa position couchée, la tête la plus proche possible du minuscule trou sur les couloirs en sous-sol.
 
C'est à ce moment qu'il apparut, énorme, superbe, à portée de main. Il n'en avait jamais vu de pareil quand le plafond était plafond et le sol sol. Stéphane tendit le bras et, sans peine, ramena à lui ce joyau que lui offrait son amie la mine en cage d'une amitié et d'une complicité que, plus jamais, il ne rencontra dans le monde des adultes qu'il venait soudain de rejoindre.



Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

Commentaires

... Il est 5h53, j'avoue ne pas avoir encore bu mon café ni bien compris ce texte même si la trame principale est acquise...Bonne journée

Écrit par : movida | 13/01/2004

Mine Il est 16 heures. A cette heure je n'ai pas encore très bien saisi. S'agit il d'une mine de diamants ou de charbon. Dans la première hypothèse je comprends le bonheur de l'enfant...Mais bon, pour l'enemble, c'est bien raconté et plaisant à lire. Quoi demander de plus...

Écrit par : pbmartin | 13/01/2004

Ni d'or, ni de diamants, bien davantage... Juste la mine d'imagination de l'enfant que nous sommes tous restés dans un coin de notre être.

Écrit par : Hollynx | 15/01/2004

esssaie d'imaginer ce que pourraient faire des maudits malintentionnés de phrases aussi simples ...

Stéphane reprit sa position couchée, la tête la plus proche possible du minuscule trou sur les couloirs en sous-sol.

D'accord, ici on reste nature, mais plus loin...


C'est à ce moment qu'il apparut, énorme, superbe, à portée de main. Il n'en avait jamais vu de pareil quand le plafond était plafond et le sol sol. Stéphane tendit le bras et, sans peine, ramena à lui ce joyau que lui offrait son amie la mine en cage d'une amitié et d'une complicité que, plus jamais, il ne rencontra dans le monde des adultes qu'il venait soudain de rejoindre.

Et c'est là le vrai problème, une belle écriture détournée et hop !

au trou ... Tu sais comment sont les gens ! bourreaux d'enfants et tout ...

Écrit par : xian | 15/01/2004

xian puissance 349 Oui, Henri, mais tout le monde ne le voit pas (le monde) par le petit trou d..e la lorgnette. Il y a encore des gens simples, matures, asexués, innocents, euh ...
Au fait, quand j'y réfléchis bien, t'aurais peut-être bien raison. Bon, on verra ça chez sioran, à l'apéro ...
k%

Écrit par : k%gar | 15/01/2004

Juste! L'inconscient, les mots et la lecture de l'homme...

Écrit par : Hollynx | 15/01/2004

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