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19/02/2004

Solitude

Ce n'est pas un hasard si ce soir j'ai choisi le mot "solitude" dans ma boîte à mots.
Dans une de mes nouvelles, Stéphane perd Emma.
Nous avons tous une mère disparue, un enfant mort-né ou un frère décédé.
C'est pour eux et pour d'autres qui se reconnaitront que je reprends cette lettre de Stéphane.
 
Comme tu me manques...
Une fois encore, je prends la plume pour te parler. Je sais que jamais tu ne liras ces lignes et pourtant, c'est à toi seule que je les dédie. Toi, mon unique amour.
Ce monologue épistolaire me fait tant de bien: j'écris pour ne pas pleurer.
Quand je pense à toi, Emma, j'effleure le papier comme je voudrais que mes doigts effleurent encore ton corps. J'y trouve le même bonheur, la même ivresse. Les mots sont mes baisers, les métaphores, mes inavouables fantasmes. Je te les envoie par-delà la syntaxe, par-delà les frontières, par-delà notre passé, notre présent, notre futur.
Plus je caresse cette feuille, plus mes yeux se brouillent. Au bout de l'ultime effort pour les garder secs, mes larmes jaillissent et inondent ma prose comme, jadis, mon amour ruisselait en toi.
Emma, j'ai encore tant de choses à te dire et tant de choses à t'offrir. Je ne vis que par toi, comme ces mots sont à l'encre qui les anime. Certains diront qu'il est stupide d'ainsi perdre son temps à écrire des mots tant usés qu'ils sonnent creux. Mais, je sais que si d'aventure ton regard se pose sur eux, tu liras entre les lignes, tu te laisseras bercer et ils redeviendront nôtres, messagers de mon coeur, témoins de notre bonheur.
Ces mots sont la racine de notre idylle dont plus rien ne subsiste que ces traces d'encre, dessinées avec amour de la main qui, pendant des années, te rendit heureuse.
Je reste seul dans un désert de tendresse aux dunes de tristesse. Où sont tes oasis de caresses?
Je marchais heureux, rassuré par ta présence. Un superbe voyage aux paysages  pastels. Maintenant, tout est gribouillage de par ton absence.
Emma, tu vis bien quelque part. Je refuse pour toi le nulle part. Notre amour était tellement beau, tellement fort, tellement vrai.
Comme tu me manques...

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

Commentaires

... merci pour ce pur moment de plaisir...

Écrit par : nicolas | 19/02/2004

... Lettre à l'intemporel ...

Écrit par : dyfuca | 19/02/2004

... Il y a six mois, je perdais ma mère.
Il y a quatre jours, je perdais mon jeune frère.
Hier, ma fille a perdu son bébé qui devait naître dans quatre mois.
Tes mots d'amour me réconfortent.
Nous réconfortent.

Écrit par : Ph. | 19/02/2004

... Il m'arrive aussi de parler à mon petit Ange ou de lui écrire ...

Texte très émouvant ... magnifique !

Écrit par : Alix | 26/02/2004

... Pensée toute particulière à ce petit Ange, Alix... Bisou.

Écrit par : Hollynx | 28/02/2004

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