29/03/2004

TU Couple

T est têtu, il ne quittera pas U et U, très tenté de rester avec T, s'y accroche éperdu.
Peu importe ce que diront les autres, T et U se donnent la main en un TU complice qui fait jaser à la ronde.
Complices, T écrit sans cesse à U qui lui dédie ses plus beaux poèmes, au coin de la fontaine.
Peu importe les mots, T est amoureux de U et tous les deux rêvent de se coucher seuls sur le papier des amoureux du monde entier.

Un mot, deux mots. Une phrase, un message. Une lettre de toi...

Une lettre de toi, rien que de toi à moi. Une idée, deux idées. Une citation, une éclaircie. Une lettre de moi...

Rien que de moi à toi. Une fantaisie, deux fantaisies. Un souvenir, une attente. Une lettre de soi...

Un échange, deux échanges. Une confidence, une complicité. Une lettre de nous...

Est-ce vraiment tout?


Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

25/03/2004

QRS Questionnement

Dis donc, sordide serpent siffleur, quel RS?
De quelle chanson s'agit-il? Chante. Chante-la-moi. Te souviens-tu?
 
L'R de rien, je m'en souviens... C'est une romance de la mer aux rimes déferlantes. Je m'y glisse royalement sans soucis mais sans succès, aussi.
L'R du large me fait pousser des ailes et c'est sans salade que mon corps s'y plonge tout entier.
Mais, je ne puis ni voler ni nager et seule l'ondulation de mon être me permet de voyager.
L'R frais de l'R-be me taquine et l'R effrayé des passants me chagrine.
Je ne suis qu'un sordide serpent siffleur qui ne sait même pas chanter...

Écrit par Hollynx   |     |   |   10 passage(s)

Q-II

Qui... Que... Quoi?
Qu'est-ce donc?
Vous attendiez une quiche, une part de quatre-quarts, un quignon de pain, mesdames?
Que nenni!
 
Et vous, messieurs, qu'attendiez-vous du Q?
 
Quoiqu'il en soit, tel Don Quichotte, je poursuis ma quète avec RST et le reste de l'alphabet, au quotidien.
Q a quitté les rangs le temps d'un post, pan-pan-QQ, qu'il y reviennne!

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

Q ...

 

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

21/03/2004

NOP Fugue

- N...ième lettre de l'alphabet, levez-vous!
- Oui, Monsieur le Président.
- Pouvez-vous vous nommer sans pudeur?
- N, numéro 14, Monsieur le Président.
- Pouvez- vous également nous narrer les faits, à nouveau?
- Il était minuit tout rond quand O a roulé hors du mot que nous avions décidé d'écrire à deux.
- Probablement...
- Oui, Monsieur le Président. La nuit était noire, il a roulé sous le bureau et je ne l'ai plus revu.
- Pourquoi, pardi, n'aviez-vous pas sauvegardé votre composition?
- Naïvement, Monsieur le Président, je préfère les nuances du crayon sur le papier.
- Pardonnez-moi cette remarque mais où officiellement orienter, désormais, mes opérations de recherche?
- Sans vouloir vous narguer, Monsieur le Président, O n'est qu'un narcissique nabot névrosé...
- Précisez donc votre pensée.
- Il n'a pu supporter le travail d'équipe.
- Ne seriez-vous pas vous-même quelque peu nymphomane?
- Nymphomane, quel non-sens! Il s'agissait entre nous d'amour véritable.
- Saperlipopette! Alors, pourquoi s'est-il sauvé en hurlant "nOn", quand vous l'avez enlacé?

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

19/03/2004

M

Savez-vous qu 'M prend N de O ?
De plus, O n' M pas N.
C'est pourquoi, M fait bande à part et chante seul sur sa guitare.
 
m... minuscule, miséreux, minable, maigrichon et macabre.
MEDIOCRE, MICROBE, MOLASSE !
 
M... majuscule, malin, magique, mégalomane et magnétique.
MYSTERIEUX, MONDAIN, MONARQUE !
 
Moi, c'est marrant, M ne me rapelle que MAMAN...

Écrit par Hollynx   |     |   |   8 passage(s)

17/03/2004

JKL Demoiselle

C'est Joëlle qu'elle s'appelle.
Pas Jacinthe
Ni Kyrielle,
Ni Larynx.
 
Et alors?...
 
Trois lettres et trois sons.
Une chanson pour trois lettres,
Trois lettres pour une chanson
Et pas question de rester muette.
 
Ah bon!...
 
Sans cesse, Joëlle jacasse en jaquette,
Avec son képi, son khôl ou son kimono,
Lustrant de-ci de-là litanies et lettres,
Sans trompette ni bravo.
 
Elle jubile sans juron,
Sans klaxon ni kermesse,
Louant la langue sans lampion,
Du fond de sa forteresse.
 
Puisque c'est Joëlle qu'elle s'appelle,
Pas Jacinthe, ni kyrielle, ni Larynx, jouons,
Sans limite, jouons avec elle,
Ensemble, klaxonnons et lyrismons...

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

15/03/2004

GHI Confession

GHI
Oui, j'ai agi!
GHI
Avec une hache, j'ai agi...
 
GHI
Oui, j'en ai fait du hachi.
GHI
En fait, j'ai haï...
 
G... J'ai la gorge serrée.
H... En route pour l'hôpital.
I... Il ne va pas ressusciter.
 
GHI... Tout va mal.

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

13/03/2004

DEF Effervescence

Dame, quelle décadence!
Le d, un dé sur le dos,
De-ci de-là, dégringole sans diligence
De la dune avec le i en duo.
 
Eh! Hurle le f fatigué,
Faut m'attendre, familiers farceurs.
Vous filez pour mieux flirter
Mais freinez, le e a droit à son heure.
 
Que peut-on faire avec ce rondouillet?
 
Mais pardi, un é ou un è...
 
Ecrase, écervelé f enchevètré,
Tu écorches mon espoir d'escapade.
Quelle embarrassante espèce d'étouffé,
En épilogue, endosse mon embuscade.
 
Que peut-on faire de ce rondouillet?
 
Mais pardi, du f un pamphlet...

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

11/03/2004

ABC Réunion

Ah, la belle lettre que voit l'a !
Petit a d'ananas, grand A d'abandon.
Ne dit-on pas: mon aïeul affairé, alléluia,
Abat l'animal sans appréhension?
 
Abusif?                                                                                                                
Monsieur l'abbé, vous préférez le B?
Bon, badinons avec lui sans tarder...
 
Du petit b du bébé babillard,
Au grand B du bâchelier bien bâti,
Béta se balade dans le brouillard
Sans bagage et sans bruit.
 
Banal?
Monsieur le curé, vous ne croyez qu'en C?
Courons avec lui d'un pas cadensé...
 
Un candide cabillaud cafardeux
Se cabre de coquillages en crustacés,
Consommant du coca capiteux
Et se cachant des cancanniers.
 
Curieux?
L'ensemble du clergé ne voit que par le D?
Adieu dioscèse,
Je préfère me damner...





Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

08/03/2004

Couloir

Déjà les pneus avant s'engageaient dans les rails directeurs. Une pluie lourde et blanche voila sa visibilité, tandis qu'un bruit sourd et métallique emplissait ses oreilles. Une angoisse monta en lui. Sa respiration devint plus courte et son coeur se mit à battre irrégulièrement. Ses pensées se bousculèrent dans son esprit, les plus folles refoulant les autres pour s'imposer à sa conscience défaillante. Sa main voulut saisir d'un geste automatique la mannette salvatrice mais sa raison l'en empêcha violemment.
Il laissa s'échapper un soupir, se passa la main sur la nuque et fut pris d'une irrésistible envie de tourner le volant. Que se passerait-il s'il descendait de l'automobile, s'il en ouvrait un coin de fenêtre, s'il l'abandonnait sur place?
A présent, un véritable tumulte tournait et sillonait dans l'habitacle tel une spirale engloutissant tout sur son passage. L'homme ferma les yeux. Un petit choc et la voiture s'immobilisa. Sans tour de roue, sans accélération, en douceur et en glissade, elle avança d'une trentaine de centimètres et se retrouva la proie facile d'une énorme mâchoire recouverte de poils, avide, béante, dégoulinant de salive.
Les mandibules aux dimensions impressionnantes se mirent rapidement à frétiller d'envie de n'en faire qu'une bouchée. En un instant, la gueule immense la goba, resserrant son étau de chaque côté de sa victime et même au-dessus, en un vacarme d'enfer. Il y eu un hoquet, puis deux, puis trois et enfin le silence.
L'homme ouvrit les yeux. La pluie blanche avait disparu et il ne restait plus qu'une fine pellicule d'eau uniforme sur les vitres. De part et d'autre du véhicule, gisaient inertes les deux lèvres alourdies du liquide de la bouche géante qui, la minute d'avant, cherchait à la dévorer sans façon. Une goutte vint s'écraser violemment sur le toit.
L'homme sursauta. Plus rien ne bougeait à l'extérieur à l'exception d'une légère fumée timide qui s'élevait sans bruit du capot, sur lequel apparaissaient déjà nettement de larges zones sèches. L'apparition de ces plaques le rassura. Que s'était-il donc passé?
Le moteur de la Toyota ronronnait de façon régulière et tout semblait normal à bord. Sur le siège du passager, comme à l'accoutumée, le journal du jour était plié à la page des faits divers. En effet, l'homme prenait plaisir à lire tous les ragots de la région, à chaque feu rouge. En ce mardi 5 juillet, un incendie avait dévasté un entrepôt de menuiserie non loin de là. Il n'y avait eu aucune victime mais les dégâts étaient considérables. Une voiture avait également quitté la route dans la campagne tout proche. Elle s'était enroulée telle un serpentin autour d'un poteau et, si le chauffeur ivre de vingt-sept ans s'en était sorti indemne, sa jeune passagère de dix-neuf avait été décapitée et tuée sur le coup. L'homme eu un haut le coeur. Que diable faisait-il dans cet engin rouge aux quatre roues motrices, immobile dans cet endroit sombre et humide, à la merci d'une créature démesurée et sans âme?
Elle semblait morte. A moins qu'elle ne fut qu'endormie. D'ailleurs, quelques filets d'eau ruisselaient lamentables de chacun de ses flans, depuis quelques secondes. Elle en devenait presque émouvante, comme aux prises avec un chagrin tacite.
Un ramdam pas possible ébranla le couloir. L'ensemble de la structure vibra. Il lui sembla soudain que les murs se déplaçaient d'avant en arrière. Tout cela n'était que le fruit de ses fantasmes paranoïdes, pensa-t-il et il sourit, tout en se rgardant dans le retroviseur. Il se trouva fort pâle. Il remit  en place une mèche rebelle puis stoppa net son mouvement. Cette fois, il ne rêvait pas: elle bougeait. La machine avait bougé et le gros rouleau qui lui servait de langue lui léchait le toit, tandis que les lèvres charnues tétaient et suçaient les portières. Il venait d'apparaître à hauteur de la lunette arrière. Menaçant, il caressait méthodiquement, sensuellement, sadiquement l'entièreté de la vitre et guettait l'homme, tout en jouissant de la situation. 
Il ne put que retenir son souffle que déjà la voiture était hapée toute entière en de grandes coups de brosses accompagnés de puissants jets d'eau agressifs. Elle tanguait sous la force du mouvement et l'on entendait des grincements, des frottements, des gloussements à ne plus finir.
L'homme saisit son volant. Il appuya sur la pédale du frein, il klaxonna, il hurla afin de ne pas être avalé. Il y eu des tas de soubresauts qu'il prit pour des nausées, espoir de s'en sortir vivant mais, bientôt, il fut entouré d'un liquide épais et odorant qu'il supposa être l'acide gastrique de l'animal. Persuadé qu'il entrait dans le processus de digestion, que de matière vivante et pensante, il passait à l'état de matière fécale malodorante et inerte à tout jamais, il perdit connaissance.
 
Une brise légère lui effleura le visage. Cela le ramena à la vie. Calé sur son siège de conducteur, les mains encore crispées sur le volant, il aperçut la lueur du jour au fond du couloir. La voiture avança régulièrement sur les rails et les dernières gouttes de polish voltigèrent de toutes parts, projetées par l'air pulsé en masse. De petits bras de mousses jaunes bien sympathiques chatouillèrent le museau de la Toyota qui eut pour réflexe d'accélérer le pas vers l'extérieur.
Une lumière rouge devint verte et l'homme se sauva sans demander son reste.

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

04/03/2004

Yeux

Les murs ont des oreilles. S'ils avaient des yeux, ils en verraient des choses!
Il y en a qui les fermeraient, c'est certain. D'autres lanceraient des regards francs, des regards perçants, des regards vicieux, aussi. Tous les murs ne sont pas borgnes.
Voilà un clin d'oeil aux regards indiscrets mais, croyez-moi, mieux vaut tenir l'oeil...
 
Les yeux sont les fenêtres sur le monde.
Ils s'ouvrent curieux à la naissance et se referment à la dernière seconde de notre existence, après avoir appris, pleuré, cherché, observé, ri, surveillé. Ils ne nous auront pas quitté une seconde, durant toute cette vie. Il n'y a ni bon, ni mauvais oeil, il n'y a que le reflet de ce que nous sommes...
 
Les yeux parlent à notre place, qu'ils soient bruns ou bleus, pochés ou pétillants, à lunettes ou à lentilles.
Ils ne cessent de jeter des regards fous, amoureux ou vides. Ils espionnent, ils admirent, ils vous transpercent. Il y a les regards louches et puis, ceux qui louchent.
En un mot comme en cent, ne fuyez aucun regard, il cherche à vous dire quelque chose...

Écrit par Hollynx   |     |   |   11 passage(s)

02/03/2004

Oubli

Si je prenais la mer, m'oublierais-tu?
Si une autre s'emparait de ton amour, m'oublierais-tu?
Si la mort m'arrachait à la vie, m'oublierais-tu?
M'oublierais-tu dans la colère, la maladie ou la démence?
 
Il n'existe, à mes yeux, rien de pire que l'oubli: avoir existé, ne plus exister, ne plus jamais exister. Imaginer la vie sans soi, cela ne se peut pas.
Laisser une trace, le sentiment d'avoir compté pour toi, pour lui, pour elle, pour eux.
Laisser de soi une image, une authentique image d'avoir vécu à côté de toi, de lui, d'elle, à côté d'eux. Imaginer la vie sans cela ne se peut pas. L'oubli est pire que la mort, c'est le rien du rien, le néant dans le néant, comme une nuit sans rêve, les cendres du défunt que s'envolent au vent, l'enfant pas encore né, le vide dans le trou, l'inextricable angoisse.
J'aime pour vivre sans la peur de l'oubli. Je donne pour cultiver ma trace. J'écris pour ne pas mourir tout à fait.
Si un matin, je prends la mer, pense à moi.
Si une autre s'empare un jour de ton amour, rappelle-toi.
Quand la mort m'arrachera à la vie, ne m'oublie pas.
Alors, j'aurai la certitude d'avoir réellement existé...

Écrit par Hollynx   |     |   |   14 passage(s)