30/05/2004

A découvrir: http://histoires.skynetblogs.be/ Une envi


A découvrir: http://histoires.skynetblogs.be/
 
Une envie d'ouvrir ma boîte à souvenirs.
De retravailler mes anciens textes.
De vous les faire partager.


Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

27/05/2004

Masque

Ta seule présence en ces lieux ensorcelle l'atmosphère et fait vibrer les âmes sensibles de divins paradoxes. S'il est un être qui, sans vraiment l'être, dérange à la limite de l'impertinence, c'est toi. Toi, le maître de la cérémonie au regard si profond malgré tes yeux vides, véritables cavernes magnétiques.
Ta symétrie parfaite hante les esprits tandis que ton élégance, tenant de l'arrogance, enveloppe les visiteurs d'un drapé de puissance que rien n'impose, si ce n'est cette grâce infinie que nulle parole, jamais, ne détruit.
Ce serait frôler l'indécence que de vouloir chercher à dévoiler ta vérité.
Pourtant, tant de questions traversent ma pensée alors que, subjugée par ta beauté mystérieuse, je t'admire.
Es-tu il?
Es-tu elle?
Qu'importe la réponse puisque l'essentiel est d'entretenir l'ambiguïté jusqu'à ce que, n'y tenant plus, trop curieuse,  je soulève ta voilette.
 
Voilà le charme rompu.
A la place d'un regard magnétique, un regard furieux.
A la place d'une symétrie parfaite, un visage dysharmonieux.
A la place du silence, un chapelet de jurons disgrâcieux.
 
En arrachant le masque, j'ai tout gâché...

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)

20/05/2004

Lettre

Lettre du matin ou courrier du soir.
Petit mot coquin ou missive d'espoir.
J'aime recevoir ces papiers pliés qui, sous scellés, occupent l'espace d'un moment ma boîte aux lettres aux aguêts.
Bien plus que les factures, je les attends de pied ferme.
Le facteur doit sourire quand, sans se retourner, il m'entend courir dans l'escalier.
Fébrilement, j'ouvre la petite porte que jamais je ne ferme à clef depuis que mon chat l'a égarée.
Chaque jour, inlassablement, le même geste guide ma main depuis des mois.
Et, je la vois. Enveloppe blanche, rectangulaire ou bien carrée. Fantaisie ou classe-sobre. Toujours de la même plume rédigée.
Quelques mots.
Une écriture personnelle, tellement familière, déjà.
J'imagine le chemin parcouru par ce texte encore inconnu, ces mots qui me relient à celui qui, pas plus tard qu'hier, les a mis sur papier, rien que pour moi. C'est entre mes doigts qu'ils termineront leur route, avant de se coucher, fatigués, dans le coffret de mes souvenirs.

Écrit par Hollynx   |     |   |   15 passage(s)

17/05/2004

Inconscient

Toi, qui vis au fond de moi, d'où viens-tu?
Qui es-tu?
Je te perçois mais ne te vois.
Où te caches-tu et pourquoi?
Avec le temps, je t'entends de plus en plus souvent. Affranchis-toi...
Main dans la main, sourions à demain.
Faut-il crier ton nom? Quel nom? Réponds...
Si je pouvais te libérer de mes barrières, te sortir dans la lumière, briser ce silence!
Montre-moi ta puissance...
Dans un corps à corps, battons-nous jusqu'à la mort et soyons heureuses.
L'unité de deux...

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)

13/05/2004

Cornichon

Dans une belle maison d'un vallon wallon, sur un plateau disposé au milieu du salon, un énorme cornichon coincé entre une tranche de jambon et une touffe de cresson tomba amoureux d'un bel oignon.
Le chicon s'en aperçut mais ne dit rien à la salade de saison qui, quant à elle, draguait une magnifique darne de saumon. Le fripon fit mine de ne rien voir, camouflé derrière sa tranche de citron et jouant à l'espion, il surprit lui aussi l'embarras du cornichon à s'approcher du bel oignon.
Tel un étalon, le cornichon, cependant secoué de frissons, cherchait à tâtons à attirer l'attention de l'oignon en conversation bidon avec un stupide marron n'ayant rien à faire dans ce salon.
Soudain, au son de violons, une bande de gloutons entra, sans façon, par le balcon. Un bruit de talons, de conversations, de glaçons dans des verres et l'attaque aux harpons commença: une ration par-ci, une ration par-là et la gourmandise des invités eut raison des victuailles, malgré leurs jurons. Seuls restèrent sur le plateau, la rondelle de citron, le bel oignon et l'énorme cornichon, sans compter quelques traces de la salade de saison.
Le cornichon n'avait plus rien de l'étalon. Il sentait les démangeaisons de la peur lui parcourir le dos et se faisait du mourron à l'idée de ne jamais passer  à l'action.
Il prit de l'air à pleins poumons et s'apprêta à faire un bond quand une main puissante le saisit brusquement. Il sentit sa chaleur et l'haleine au whisky de son propriétaire qui lui mordilla la tête avant de le rejeter avec dégoût, dans le plat dépeuplé.
Et c'est ainsi que le pauvre cornichon atterrit sur le bel oignon qui, avec émotion, le prit dans son giron. 

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)

Les mots (suite et fin)

Quand j'ai mal, mal de vivre, mal aux sentiments, j'écris.
J'écris pour ne pas pleurer, pour ne pas blesser, pour ne pas crier.
Exutoire de mon âme, l'écriture exorcise mon être et allège le poids de ma souffrance. Elle occupe mon esprit, me tourne vers moi-même, me ressource, éclaire mon pessimisme et m'encourage à poursuivre la route. Elle est l'isolement indispensable et bénéfique à mon équilibre, bien meilleur que n'importe quel Prosac, Xanax ou psy bardé des plus illustres diplômes.
 
Quand je suis heureuse, bien dans ma peau, bien dans ma tête, bien dans mes sentiments, je n'écris pas, je vis.
Je vis le moment présent, l'instant de bonheur, l'ici, le maintenant, sans plus. J'embrasse l'être aimé, je cueille la fleur épanouie, je me donne aux rayons du soleil, je ris, j'aime, je donne et je partage.
Pas question de me tourner vers moi, de jouer à l'escargot égocentrique qui circonvolue dans sa coquille, quand je suis heureuse, je saisis toutes les minutes qui passent et je les gobe à qui mieux mieux de peur d'en perdre ne fût-ce qu'une miette.
 
Ecrire entre les deux, cher Aramis?
Bizarre, vous avez dit bizarre?
Point du tout.
Devenue jeu, l'écriture se transforme alors en défi, en excitation personnelle, en humeur bienfaisante.
Hé bien, qu'attendons-nous pour nous y mettre? A, B, C? Abîme, bouée ou cornichon?
Va pour cornichon!
Dès lors, ce mot fera le texte, non pas mon humeur puisqu'il s'impose à ma plume. Il est vrai, qu'aujourd'hui je choisis cornichon mais qu'aurais-je choisi hier? Et demain, que choisirais-je donc si j'en avais encore le choix?
Peut-on vraiment parler de choix?
Bref, un cornichon...

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

09/05/2004

Les mots

L'envie d'écrire sans mot.
Une pulsion venant de loin, sans idée, sans phrase, sans ponctuation.
L'envie d'écrire sans maux.
Une pulsion venant de là, sans pensée, sans geste, sans forme.
Il est difficile d'écrire quand on est heureux...

Écrit par Hollynx   |     |   |   11 passage(s)

04/05/2004

Nature

Le ruisseau s'écoule lentement et se jette dans la rivière en des remous sensuels dans lesquels se prélassent quelques petits poissons foncés. Non loin de là, une truite téméraire saute et tente d'attrapper un insecte taquin qui, en un looping agile, s'envole vers la prairie voisine. Dans le pré, quatre ou cinq vaches ruminent à qui mieux-mieux sans remarquer l'air penaud du taureau qui rêve de meilleures aventures mais n'ose déranger ces dames en appétit. Quelques oiseaux gazouillent, un criquet se réveille, une tondeuse se met en route. Je suis bien. Sur un petit banc vert, repeint pour la saison d'été, comme chaque année, je profite de ce moment de bonheur à l'état pur. Le soleil réchauffe ma nuque et une légère brise caresse mes épaules et mes cuisses libérées des jeans d'hiver. Le temps s'écoule plus qu'il ne s'arrête. Les minutes tricotent sans même que je ne m'en rende compte. J'ai tenté de lire le roman de Bernard Tirtiaux que j'avais glissé dans la poche de mon gilet inutile mais ni sa quête, ni ses personnages moyennageux n'ont réussi à me distraire de ce spectacle grandiose. On n'écrit pas la nature.
 
L'instant d'après, sans crier gare, le ruisseau dévale dans la rivière en des remous sauvages dans lesquels se cramponnent quelques petits poissons effrayés. Non loin de là, une truite paniquée cherche à atteindre désespérément la touffe de roseaux qui évitera que le courant ne l'emporte dans la prairie voisine. Dans le pré, quatre ou cinq vaches pesantes meuglent les pattes dans l'eau tandis que le taureau, surpris, tombe dans la rivière. Les oiseaux ne gazouillent plus, sous le pluie battante, le criquet a disparu, la tondeuse a rejoint le silence du garage. Du petit banc, seul le dossier reste visible. Le soleil a fait place à de gros nuages noirs et le vent, en raffales, affole les branches feuillues qui frissonnent comme en automne. Le temps s'accélère plus qu'il ne passe. Les minutes se bousculent tandis, qu'à grandes enjambées, je rejoins le village voisin. Le livre de Tirtiaux prend l'eau dans la poche de mon gilet qui me sert désormais de parapluie improvisé. Les roulements de tonnerre et la lumière des éclairs accélèrent ma quète d'un abri, au sec.
Une odeur particulière s'élève du sol et des végétaux. Elle me grise et je ralentis le pas. Jetant à terre le gilet alourdi par le poids de l'eau et du livre détrempé, j'enlève mes sandales pour mieux marcher. Ce geste me donne des idées. Je déboutonne mon chemisier et fais glisser ma jupe sur le sol. J'écarte les bras pour mieux en profiter et je me donne toute entière à cette douche venant du ciel dont les gouttes alourdies s'écrasent sur ma peau. 

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)