28/10/2004

Six trouilles

Hallowe’enNovembre, nuit noire, vent glacial et bruits suspects. Depuis des heures, sorcières, squelettes et morts vivants hantent les rues de leurs danses macabres, à la recherche de quelques victuailles. De porte en porte, les ritournelles font écho, glânant par-ci par-là friandises et bonbons.
C'est la nuit d'Halloween, frissons garantis pour âmes sensibles.
Steven n'est pas de celles-ci. Depuis plus d'un mois, dans un coin de sa chambre, son costume est fin prêt. C'est donc avec colère que, ce matin, il a constaté la disparition de son masque. Qu'à cela ne tienne, retroussant ses manches, il s'est procuré une citrouille et s'est mis au travail sans tarder.
Les déchets du légume jonchent le sol de la pièce et l'on entend crisser le canif du garçon sur l'écorce. Le temps passe. Le calme et la persévérence du matin ont fait place à l'impatience et à l'acharnement d'un gamin désespéré de ne pouvoir se joindre à la ronde diabolique de cette nuit magique. Vite, encore quelques retouches, il n'est peut-être pas trop tard.
La pendule familiale sonne les onze coups. Un petit effort, Steven et ta citrouille te regardera de ses yeux vides et te sourira de sa bouche béante. Vite...
Tout à coup, le garçon s'arrête: son masque est terminé, il est parfait avec son rictus figé et glacial. Personne ne résistera, c'est certain.
Ne prenant garde de rassembler les déchets, Steven enfile sa robe noire. Se regardant dans le miroir, il constate que la chasuble est bien plus courte que l'année dernière mais la nuit ne dévoilera qu'à peine la pointe de ses chaussures. C'est qu'il a bien grandi, cet été. Son entourage s'étonne d'ailleurs qu'il veuille encore, du haut de ses quatorze ans, fêter Halloween de façon aussi acharnée mais Steven sait que ce sera la dernière fois, raison pour laquelle il compte en profiter un maximum, bien camouflé sous sa citrouille, dans le souvenir de l'insouciance de ses huit ans.
Saisissant d'un air satisfait le légume que, durant des heures il a creusé, Steven le porte à son front.
A ce moment précis, ses parents restés dans le salon entendent un hurlement bestial, suivi d'un bruit sourd que d'autres petits sons flasques perpétuent dans toute la maison. Se précipitant à l'étage, ils découvrent leur fils au prise avec une colère hystérique, piétinant avec rage le masque qu'il avait sculpté durant toute la journée.

Il n'y aura pas d'Halloween pour Steven, cette année: il n'avait pas prévu, qu'au seuil de l'adolescence, non seulement le corps grandissait...

Écrit par Hollynx   |     |   |   18 passage(s)

20/10/2004

Conte

Sur le coup de minuit, la sonnette retentit. Etonnée d'une visite à pareille heure, dans un demi-sommeil, je vins à la porte.
Quelle ne fut pas ma surprise de me trouver devant un petit personnage bien sympathique: Pinocchio en personne qui me regardait de ses yeux ronds, le nez bien planté au milieu du visage. Derrière lui, une foule silencieuse m'observait. Je reconnus les septs nains, les 101 dalmatiens, la belle-au-bois-dormant, le vilain petit canard qui, embarrassé de me déranger si tard, cherchait à se cacher en vain derrière le petit Pierre qui, fatigué, tenait à peine son fusil devenu trop lourd. Il y avait aussi la timide Boucle d'Or et le petit Chaperon Rouge avec, à la main, un petit panier duquel dépassaient d'appétissantes galettes encore tièdes.
Le silence devint murmure puis, brouhaha et tous se précipitèrent sur moi, les bras chargés de présents.

Ils me tirèrent de force vers une énorme citrouille qui, au fur et à mesure que je l'approchais se transformait en carrosse. J'en perdis ma pantoufle. Une fois dans le carrosse, celui-ci quitta le sol, tiré par quatre superbes chevaux, qu'une souris guidait en de petits cris stridents.
Nous survolâmes ma maison puis je ne sais trop quelle région. Des individus horribles, restés au sol, surveillaient notre passage et j'aperçus le loup, une affreuse sorcière, un dragon vert crachant du feu, ainsi qu'une forêt vivante qui tenta de nous happer de ses bras feuillus.

A l'horizon, se dessina un superbe château et le carrosse rejoignit le sol.
Face au portail, se tenaient trois bonnes fées vétues pareillement, Cendrillon nettoyait le seuil et la Belle disposait d'énormes fleurs dans des vasques gigantesques, de chaque côté de l'entrée, tandis que Bambi gambadait joyeusement sur la pelouse principale.

C'est alors qu'Il apparut.
Non pas le prince charmant, non, la Bête !
Puissante, envoûtante, effrayante, de sa voix caverneuse et sensuelle, elle rugit de plaisir en nous voyant arriver aux abords de son palais.
Je voulus me sauver mais sa gigantesque patte griffue se fit patte de velours pour me caresser la joue.
"Reste...", murmura-t-Il. Mais, à ce moment, le réveil sonna.

Écrit par Hollynx   |     |   |   12 passage(s)

16/10/2004

Ecrire


Un mot, deux mots, une phrase, un message.
Une lettre de toi, de toi à moi, une idée, deux idées.
Une citation, une éclaircie, une lettre de moi, de moi à toi.

Une fantaisie. Un souvenir. Une attente.
Une lettre de soi, pour toi, pour moi, un échange, deux échanges.
Une confidence. Une complicité. Une lettre de nous.

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

12/10/2004

Oui


Oui !


Oui, je dis oui à la vie.
Oui, je dis oui au bonheur.
Oui, je dis oui à mon cœur.
Pourrais-je un jour dire non à la vie?
Dire non, au bonheur.
Dire non à mon cœur...
Ce jour-là, je préférerai le peut-être.


Un petit spot TV génial? OUI !

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)

10/10/2004

Couleurs chaudes pour coeur gris

Thibault

Pour toi Thibault ce poème qui te va si bien,
écrit par Elfarranne et de notre part à tous









Toi le troubadour
Aujourd'hui c'est à notre tour
De te saluer, de te dire bravo
Pour la beauté de tes mots.

Toi le musicien
Toi qui parles, qui chantes si bien
Tu fais passer dans tes chansons
Toute la palette des émotions.

Toi le ménestrel
Ta voix est un rayon de soleil
Et tes œuvres resteront gravées
Dans les cœurs pour l'éternité.

Toi l'ami généreux
Tu es pour nous un être précieux
Toi qui dis être "just-de-passage"
Nous te souhaitons un avenir sans nuage.

(Elfarranne)

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

04/10/2004

Argile

PoterieLe monde auquel j'appartiens est votre berceau. La terre dont vous êtes issus, c'est moi. Le sol sur lequel vous avez fait vos premiers pas, c'est moi. La terre où vous avez vécu, heureux ou malheureux, c'est moi. Le trou où vous finirez par-delà la vie, c'est encore moi.
Est-ce cette relative complicité qui vous donne le droit de m'arracher de mon antre, à coups de pelleteuse et de me réduire en blocs désuets que, pour le simple plaisir de vos sens, vous manipulez?
Ma personne se désole de ne plus faire corps avec la nature, notre mère.


Pourtant, lorsqu'une main inconnue me saisit sur le rayonnage de cette boutique où vous m'avez stockée, je me surprends à reprendre courage.

Me voici entre vos mains auxquelles je m'abandonne sans limite. Votre doigté et l'eau tiède avec laquelle vous me lissez ont vite fait de m'apprivoiser.
En de tendres caresses, vous me donnez forme, tandis que je vous livre la matière et l'odeur de vos origines. En un jeu de séduction, de fusion, votre imagination me donne vie et sous vos doigts, je ploie. En un va-et-vient subtil, vous creusez mon bloc, jusqu'à ce que s'offrent à votre regard, une ombre, une silhouette, que vous peaufinez avec amour et art.
Sans regret, je profite de votre expérience d'artiste. Avec projets, vous profitez de ma tendresse.
Qu'il est doux de sentir vos yeux sur mon être en devenir, votre souffle sur mes aspérités indésirables, votre créativité et votre recherche de la perfection!
Vous posez la touche finale. Vous rectifiez le galbe d'une hanche. Vous reculez d'un pas. Vous souriez. Vous me baptisez: "Femme pour l'Eternité"

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)