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05/11/2004

Microbe

Je suis partout, votre vie est mon univers. Si l’été je somnole, aux premiers signes de frima, je me réveille avec entrain.
Je rampe sur les surfaces dures, je gigote dans les liquides, je m’enfonce dans les crevasses et je me cramponne sur les étoffes. J’adore l’humidité de vos aisselles, la chaleur de vos replis, l’intimité de votre bouche.

Vous ne pouvez ni me voir, ni me sentir, ni même m’entendre car la nature m’a fait si petit. Pourtant, je suis partout avec vous, sur vous, en vous.
Si vous saviez comme cela est triste de ne pas pouvoir communiquer avec vous qui partagez ma vie. Alors, dès que je le peux, je m’active afin que vous sachiez que je suis là à vos côtés. Je gonfle vos tissus, je rougis votre peau, je fais battre votre pouls ou encore je me loge au fond de votre gorge mais jamais vous ne semblez satisfaits de ces marques d’attention et vous cherchez à vous débarrasser de moi. Vous éternuez, vous toussez, vous expectorez, vous désinfectez, vous arrachez, vous opérez, vous arrosez de produits brûlants ou encore vous m’atteignez en plein cœur, par voie lymphatique ou sanguine, à l’aide de je ne sais quelle substance médicamenteuse.

Avez-vous déjà pris la peine de chercher à me connaître ?
Jadis, vous avez inventé un superbe instrument à cet usage et l’électronique vous apporte désormais la possibilité de me voir en couleurs, en trois dimensions, en mouvement ou en coupe transversale.
Si vous saviez comme j’aimerais être reconnu mais la nature est ainsi faite, je mets en péril votre vie et c’est vous qui, pour sauver la vôtre, à chaque occasion, m’assassinez : les microbes n’ont pas droit de vie dans le monde des hommes.
À chaque mutation, à chaque attaque, à chaque épidémie, vous réagissez. Parfois même vous anticipez. Le combat n’est pas équitable et c’est pourquoi, au bout du compte, nous nous avouons vaincus et disparaissons à tout jamais.

À moins que, quelque part, nous attendions notre heure, tapis dans une cellule congelée d’un pôle ou encore au fond de l’épuisette d’un chercheur fou…

Écrit par Hollynx   |     |   |   12 passage(s)

Commentaires

Par curiosité... d'autres échantillons sur...

Écrit par : Hollynx | 05/11/2004

Pfffiou Les microbes, cette année, ils n'auront pas ma peau!
Bisous et bon week-end

Écrit par : Aurélia | 06/11/2004

*) Merci pour les échantillons tapis sous nos lits!
Bizzzzzz

Écrit par : méli la fée | 06/11/2004

Très beau texte ... Réaliste et si peu microscopique ...
Bien à toi.
Jean-Pierre

Écrit par : Jean-Pierre | 06/11/2004

... Joli...... :)

Écrit par : promethee | 06/11/2004

Pour l'oreille c'est là Je sais ce post n'a rien à voir avec le texte d'Hollynx. C'est juste une question d'oreilles ;-))))
Il suffit de cliquer ici :
http://www.earproject.com/upload.php
C'est dans album list et ensuite upload file et hop !
Gros bisous
A bientôt

Écrit par : Jack Sigurson | 06/11/2004

Les microbes.... Sous mon lit ? Quelle horreur !

Bon ben, quant à cette année, trop tard: je suis en plein dedans :-)

Écrit par : Hollynx | 06/11/2004

Tu sais Jack, les oreilles sont de vrais nids !

Écrit par : Hollynx | 06/11/2004

Moi je les adore... surtout quand ils viennent me dire bonjour le lundi et que mon médecin préfère que je reste chez moi à converser avec eux...
;-)

Écrit par : Fléa... | 07/11/2004

Première fois... Que je lis un ode aux microbes...Mais sûrement ils le méritent, ils existent depuis tant d'années, ces travailleurs de l'ombre :-))

Écrit par : Neige | 07/11/2004

Avez-vous déjà pris la peine de chercher à me connaître ? bon sang, "ils" sont des milliards! On ne peut pas connaître tout le monde, mais sans doute peut-on les aimer

Écrit par : xian | 08/11/2004

Xian, Des milliards !?... Je tousse, je renifle, je crache...
Je ne pourrai jamais les aimer !

Écrit par : Hollynx | 08/11/2004

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