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12/04/2005

Escargot

Un jeune escargot se baladait sur une feuille verte. La coquille brillante de par son jeune âge, les antennes bien dressées, l’allure fière, il déambulait sur ce bout d’arbuste, à l’abri du soleil.
Une fourmi le croisa et le trouva fort prétentieux car devant son empressement à l’éviter, il répondit par une ondulation lente et humide de tout son corps.
Une coccinelle s’envola à sa vue, tandis qu’une chenille bien décidée à ne pas quitter son repas l’obligea à changer sa trajectoire.
Une mouche se posa un instant sur sa coquille mais ne trouvant ni l’endroit confortable ni la vue intéressante, elle s’en alla prestement.
Et notre petit escargot de se promener solitairement, tantôt à l’endroit, tantôt à l’envers, de nervure en nervure, de feuille en feuille, l’air quelque peu méprisant.

Passa alors un jeune garçon qui le regarda de ses yeux ronds. Il approcha et posa le doigt sur son antenne gauche, puis sur son antenne droite qui, toutes deux, se rétractèrent brusquement. La fourmi qui n’était pas loin, le trouva beaucoup moins fier sans ses appendices cornues.
L’enfant passa ensuite son doigt sur sa coquille et en décrivit le mouvement de spirale en se demandant si cela le chatouillait. Il siffla, guettant la moindre réaction, curieux de savoir si l’animal était pourvu d’oreilles.
L’escargot, toujours sans antennes, fixait du regard le gamin. Il le trouvait grotesque avec ces yeux ronds, cette bouche pincée et ce nez en trompette, au milieu du visage.
La mouche survola l’étrange tête-à-tête. Tout à coup, le pouce et l’index de chaque côté de la coquille, l’enfant saisit l’escargot qui tenta une vaine gluante résistance, avant de se retrouver à la renverse au creux de la main du gamin. Le corps à la merci du soleil et l’orgueil en ayant pris un coup, il n’eut pour solution que de se rouler en boule au fond de sa demeure aux reflets de nacre.
Déçu, l’enfant secoua à plusieurs reprises sa trouvaille mais il n’en fit jaillir aucun signe de vie : l’escargot se cramponnait au fond de son nid, pas disposé du tout à montrer le bout de son nez.

Il y eut un grand choc puis plus rien. Une antenne, deux antennes sortirent enfin de la coquille. A l’horizon, plus d’humain, juste un long chemin de flaques et de boue et sur une feuille proche, une mouche, une fourmi, une coccinelle et une chenille prises d’un fou rire devant le mollusque déconfit.

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

Commentaires

mollusque déconfit vaut mieux qu'atrappé, confis, mangé ....

enfin
pour lui ...
toujours de multiples bravi pour tes si jolis petits textes.

Écrit par : xian | 12/04/2005

... Bonjour Hollynx...j'ai marché sur un escargot ce matin tôt...berk :-))...l'ai pas fait exprès...chez moi y en a trop...bonne journée :-))))))

Écrit par : sioran | 12/04/2005

Le sais-tu ? Je suis Namurois. L'escargot est un des symboles de notre ville.
On dit que les namurois sont lents, lents comme ce petit animal.
Mais ce que la plupart ne savent pas ...c'est que si on est lent, c'est pour laisser aux autres le temps de nous ratrapper !!!
Un escargot a passé dix années de sa vie à traverser le pont de Jambes. Quand il est arrivé au bout en 1944, le pont a été bombardé. Et il s'est dit : "heureusement que je me suis dépêché !!!"
Enfin ! très jolie ton histoire.
Bisous.
Jean-Pierre

Écrit par : Jean-Pierre | 12/04/2005

Bonjour à tous.
Bref, pour vivre en escargot heureux mieux vaut prendre ses "Jambes" à son cou ... :-))

Écrit par : Hollynx | 13/04/2005

Tout, tout bon ta réplique ... Fallait y penser !
Je suis recroquevillé de rire sur moi-même ...
Merci Hollynx.
Jean-Pierre

Écrit par : L'esthète | 14/04/2005

*) Que de jolies histoires tu racontes là!
Je t'embrasse, toujours contente de te lire*)

Écrit par : méli la fée | 25/04/2005

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