Skynet blogs


21/06/2005

La princesse d'Hippocantus

Cette histoire se passe il y a très très longtemps. Certains disent même qu’elle n’a jamais existé, mais je ne les crois pas.
Tout commença dans les profondeurs d’un océan. Peu importe lequel mais un océan chaud, à la végétation magnifique.
C’est dans ce décor de rêve que vivait Wendy, jeune et jolie sirène aux longs cheveux de feu et aux grands yeux couleur des flots.
Fille unique, son père n’était pas peu fière d’elle car, princesse de naissance, elle règnerait un jour sur l’empire sous-marin de la région.
En effet, ses parents étaient les souverains du château d’Hippocantus, qu’ils partageaient avec d’autres membres de la famille royale.

On raconte que cette année-là, le roi Hippocantus devait fêter les soixante ans de son règne. A cette occasion, son épouse Scaphandra avait organisé une grande réception où étaient invités tous les seigneurs des océans voisins.
Wendy, quant à elle, désirait offrir à son père un cadeau inoubliable qu’il pourrait emporter avec lui au moment où sonnerait sa dernière heure. Elle fouilla le château de fond en combles mais ne trouva rien. Cependant, elle mit la main sur un vieux grimoire ayant appartenu à son arrière-grand-mère, fée-sirène de son état.
Wendy parcourut le vieux livre et découvrit l’objet de ses recherches : son père désespérait de la marier de son vivant et Wendy ne trouvant pas chaussure à son pied dans les parages immédiats du château, vit dans les formules du grimoire l’occasion de trouver l’âme sœur. Le deuxième chapitre dévoilait en effet, qu’à condition de ne pas révéler son identité, de ne pas manger de nourriture et de ne pas tomber amoureuse, à chaque pleine lune, possibilité était donnée aux jeunes sirènes, de moins de vingt-cinq ans, de passer quarante-huit heures sur la terre ferme.
Wendy vit là l’occasion d’atteindre le lac mystérieux qui se trouvait au-delà des montagnes entourant le château de ses parents et où vivait le prince Ness qui, disait-on, était toujours célibataire et en mal d’amour. Wendy lui proposerait le sien, le ramènerait au château d’Hyppocantus sur lequel il règnerait avec elle, à la mort de son père.

Vint la nuit de pleine lune. Wendy partit en chantant vers le large mais, cette fois, ne s’arrêta pas à la vue des côtes. Elle accéléra au contraire l’allure, en de puissants mouvements de queue et des bras. Ses cheveux s’étalaient à la surface de l’eau et confiante, à l’approche du rivage, elle sentit monter en elle les premiers changements qui feraient d’elle une femme.
Le spectacle fut magnifique quand, pour la première fois, elle marcha nue sur le sable fin. Elle s’enroula dans l’étoffe qu’elle avait emportée et se dirigea droit devant, sans hésiter. Elle marcha pendant des heures puis, elle atteignit enfin le lac.
Le paysage était hostile, sauvage et froid mais l’eau semblait calme et Wendy y plongea. Elle parcourut une certaine distance et elle aperçut un homme sur la berge. Son corps nouvellement transformé avait du mal à se mouvoir dans l’eau mais il gardait toute sa grâce, ce qui attira le regard du pêcheur. Wendy sortit de l’eau, s’assit à ses côtés et lui adressa ses mots : « On raconte qu’un prince vit dans la région. Je dois le rencontrer. Ce lac est tellement impressionnant… Là d’où je viens… » Wendy s’arrêta net : elle avait failli trahir le secret qui, dans ce cas, lui rendrait l’apparence d’une sirène.
Le pêcheur était sans voix. Il lui remit une mèche de cheveux en place et, de toucher des cheveux aussi souilleux quoique mouillés, le troubla à un point tel qu’il déposa sur les lèvres de la jeune fille un baiser furtif. Wendy leva les yeux vers cet être silencieux et si tendre et, sans plus réfléchir, se jeta dans ses bras. Quand la raison lui revint, il était trop tard : elle n’avait pas respecté la troisième condition du grimoire et elle sentait déjà en elle les premiers signes du retour de son état de sirène.
Prise de panique, elle se confia au jeune homme en pleurant, persuadée qu’elle allait mourir dans cet endroit inhospitalier. Epouvantée, elle vit que ses pieds se recouvraient déjà d’écailles, elle pensa à son père qu’elle ne reverrait jamais, à sa mère qui la chercherait et puis, à tous ses amis qui la croiraient morte.
L’homme ne savait comment la consoler. Toujours sans un mot, il la transporta dans sa camionnette, la protégea du mieux qu’il put d’une couverture qu’il humecta abondamment et il roula comme un fou vers le large qu’il savait être le havre de paix de Wendy.

Une fois sur la plage, il la porta jusqu’aux vagues rendues sauvages par la marée descendante et là, il ne se priva pas de l’embrasser amoureusement car elle était sauvée.
En guise d’adieu, il lui offrit la chaîne qu’il portait au cou et il lui rendit la liberté. Wendy nagea des images plein la tête pendant des heures et des heures, sans jamais lâcher le bijou que ce bel inconnu lui avait donné.
A son arrivée au château, Scaphandra accueillit sa fille avec des reproches car il restait plein de choses à mettre au point pour la fête et elle ne semblait pas s’en rendre compte.

Le grand jour arriva. Ce jour-là, l’océan était noir de monde. Tout se passa pour le mieux, quoique le roi fut quelque peu préoccupé. Non pas à cause du cadeau fait par Wendy mais plutôt par le serment qu’il lui avait fait de ne jamais enlever cette chaîne.
Pourtant, à la mort du roi, Scaphandra la lui retira. Wendy ne lui pardonna jamais ce geste et quitta définitivement le domaine familial pour aller vivre dans une grotte toute proche où, parait-il, on l’entend encore chanter les nuits de pleine lune.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

Commentaires

une histoire que je raconterai un soir avant que les petites s'endorment ...

Écrit par : aramis-dingo | 21/06/2005

Les commentaires sont fermés.