31/07/2005

Solitude

La vie au singulier face au pluriel de l’existence...

Écrit par Hollynx   |     |   |   30 passage(s)

28/07/2005

L'appartement déserté

Ouvrir la porte et reconnaître l’odeur.
Pousser la tête et apercevoir le coin d’un fauteuil et le bout d’une pantoufle.
Se glisser à l’intérieur de la pièce et entendre le tic-tac de l’horloge.
Faire quelque pas et la regarder dormir.
Soulever, sans le moindre bruit, le petit cadre posé sur le guéridon.
Sourire à ce jeune couple, qu’une secrète complicité soude davantage encore que l’amour.


Remettre la photo en place.
Regarder le fauteuil vide.
Faire quelque pas, sans distinguer l’horloge que le temps a figé.
Sortir de la pièce sans en avoir l’air, la tête penchée en arrière.
Tenter d’apercevoir un bout de pantoufle.
Refermer la porte.

Emporter avec soi l’odeur de l’appartement déserté.

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

MESSAGE IMPORTANT A FAIRE PASSER

Avis à tous ceux qui ont soutenu Emi


Rendez-vous à la taverne "le Bagordi Club"
à partir de 20h, le mardi 23 août
(rue JF Debecker, à Woluwé Saint-Lambert / Bruxelles).

Venez-y nombreux, elle compte sur vous !

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

21/07/2005

L'énigme du miroir

Mathieu referma le livre, un goût de trop peu dans la bouche. « Quelle histoire extraordinaire que cet amour fou d’une riche héritière pour son confesseur ! », soupira-t-il. Amour platonique qui ne se concrétisa qu’un soir pour donner naissance, neuf mois plus tard, à un petit garçon : l’enfant du péché.
Dès les premières pages du roman, Mathieu s’était pris d’affection pour la jeune héroïne blonde. Elle lui rappelait sa mère. N’avait-elle d’ailleurs pas le même prénom : Adeline ?
Quant à ce prêtre, tout comme son propre père, il avait fui ses responsabilités. Adeline s’était donc retrouvée seule avec son chagrin et un fils à élever. Fils qui, très tôt, développa un talent certain pour l’écriture.
Ecrivain lui-même, Mathieu n’avait pu que s’identifier à cet enfant sans père, à la maman admirable.
D’autres détails pour le moins surprenants le firent réagir : l’enfant de l’histoire s’appelait Mathias, il était fils unique, comme lui, il était resté célibataire, comme lui et portait à sa mère un amour infini, comme lui.
Etait-ce de simples coïncidences ou l’utilisation de sa vie par un usurpateur ?
Ce livre enveloppait Mathieu de nostalgie. Durant vingt ans, il avait vécu de sa plume puis, à la mort de sa mère, l’inspiration l’avait quitté. Ce livre était le livre qu’il aurait dû écrire. On lui avait volé sa vie : tous les endroits qui lui étaient familiers, tous ses souvenirs. Un vol qui permettait à cet inconnu, V. Enguerran, de vivre et d’exister grâce à SA vie.
Quelle force mystérieuse avait poussé les doigts de Mathieu à choisir ce livre parmi tous les autres de la bibliothèque ?

Mathieu décida de contacter l’auteur.
Victoria Enguerran lui répondit dans les quinze jours. Une femme ! Jamais il n’aurait imaginé une pareille chose. Il rédigea une seconde lettre, afin d’en savoir plus et une longue correspondance suivit, durant des mois.
Ce qui devait arriver arriva : Mathieu tomba amoureux de Victoria. Rien de bien étonnant, mais la suite de l’histoire…
Très vite, Mathieu voulut rencontrer l’écrivain : leurs sentiments semblaient réciproques et encore jeune, il ne pouvait raisonnablement plus vivre dans le culte de sa mère qui, pour lui, avait tout sacrifié.

La rencontre fut programmée un lundi. Un lundi, à l’Auberge du Lac. Mathieu avait choisi cet endroit car il était proche du domicile de Victoria et puis, parce que cette auberge était un lieu réputé pour son romantisme et sa proximité avec la nature, ce qui ne pourrait que plaire à la jeune femme. Effectivement, elle accepta l’invitation.
La semaine s’étira et le lundi se présenta à Mathieu qui tentait d’imaginer la romancière sous son plus beau jour : elle serait blonde, il en avait la certitude. Elle serait grande, jolie, intelligente, grâcieuse, le regard vif. Sa voix résonnait déjà en lui, il l’entendait, il la sentait toute proche. Il n’avait aucun doute : ils étaient faits l’un pour l’autre.
Le jeune homme arriva le premier à l’Auberge du Lac. La journée promettait d’être belle. Ils feraient une balade en barque, un repas léger, ils passeraient ensuite des heures à discuter, à se trouver et, pourquoi pas, à s’aimer. Mathieu choisit une table faisant face à un miroir d’ambiance, au fond de la salle ainsi, il la découvrirait dès son entrée et la magie en serait encore plus forte.
Il resta longtemps à ne contempler que sa propre image : Victoria n’apparut jamais. Il ne put se retourner, lui offrir son plus beau sourire, ses plus beaux mots, un « bonjour, ma chère, comme vous êtes jolie ! »
Il l’avait tant et tant répétée, cette scène. Il la connaissait par cœur. Elle s’écroula pourtant sans aucune façon, quand l’aubergiste, timidement, lui déclara qu’il devait fermer.

Alors, avant de quitter l’endroit, comme à l’accoutumée, il tira de sa poche le stylo dont il ne se séparait jamais. C’était un cadeau de sa mère, elle le lui avait offert pour ses trentre ans, juste avant de mourir. D’une main tremblante, il écrivit sur la nappe de papier : « Cher Mathieu, pourquoi ne pas être venu à notre rendez-vous ? Vous sembliez pourtant si désireux de faire ma connaissance. Je vous aime. Victoria. » Il abandonna ensuite la table du fond de la salle, sans un mot mais avec un regard qui glaça le tenancier.
Le lendemain, on découvrit le corps d’un homme flottant à la surface du lac. Sans papiers mais avec, dans la poche, un manuscrit détrempé où l’on pouvait encore lire distinctement : Mathias, le fils maudit, V. Enguerran.

Si vous aimez les énigmes et avez l’esprit ludique, je vous invite à découvrir un blog qui en vaut le détour :

http://skynetor2.skynetblogs.be

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

17/07/2005

Tout est dans la manière

Une mouche en déroute aperçoit, sur un bois, un moustique sympathique qui s’astique.
La dodue se pose près de l’échalas et le regarde de ses yeux ronds. Il s’étire élastique sans la moindre attention, tandis qu’elle s’approche d’un pas décidé.
« Quelle allure squelettique, s’exclame-t-elle, les yeux mobiles, vous ressemblez à un fil agité par le vent… »
« Qu’importe l’apparence, répond le moustique grand seigneur, mieux vaut mon profil que votre masse disgracieuse. »
Sans un mot, il s’envole et se pose sur l’arête d’un mur tout proche. La mouche le rejoint et attire à nouveau son attention.
Le moustique solitaire reste immobile ne lui accordant que dédains et, sans le moindre battement d’aile, regarde au loin. La mouche curieuse suit son regard et découvre une tartine. La confiture y est généreuse et s’écoule sur les côtés.
Sans hésiter, elle décolle et s’y vautre impertinente, entre la croûte et un énorme morceau d’abricot.
La réaction ne se fait pas attendre, une main géante la bouscule sur la table, tandis qu’un treillis violent l’assomme d’un coup sec.
Le moustique hausse les épaules et pense à la nuit prochaine où, habile, il viendra délicatement taquiner l’homme à la tartine.

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06/07/2005

Ma liberté de vivre

Un homme m’a conçue, une femme m’a mise au monde. Ils sont devenus mes parents, m’ont élevée et soignée.
Des maîtres m’ont appris les choses de la vie, des amis les choses de l’Amour, des amants les choses de l’attachement.
Tous ont fait de moi ce que je suis, je n’ai rien choisi et, en moi, résonnent mes choix, mes véritables choix que je ne puis encore exprimer, jusqu’au jour où je leur montrerai qui je suis.
Sans peur, sans merci et sans dette, j’assumerai alors mes différences et ma liberté de penser deviendra ma liberté de vivre.

Pensée d’une anonyme, un jour, quelque part. Peut-être moi, aujourd’hui, ici…

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)