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23/10/2005

De circonstance...

Hallowe’enNovembre, nuit noire, vent glacial et bruits suspects. Depuis des heures, sorcières, squelettes et morts vivants hantent les rues de leurs danses macabres, à la recherche de quelques victuailles. De porte en porte, les ritournelles font écho, glânant par-ci par-là friandises et bonbons.
C'est la nuit d'Halloween, frissons garantis pour âmes sensibles.
Steven n'est pas de celles-ci. Depuis plus d'un mois, dans un coin de sa chambre, son costume est fin prêt. C'est donc avec colère que, ce matin, il a constaté la disparition de son masque. Qu'à cela ne tienne, retroussant ses manches, il s'est procuré une citrouille et s'est mis au travail sans tarder.
Les déchets du légume jonchent le sol de la pièce et l'on entend crisser le canif du garçon sur l'écorce. Le temps passe. Le calme et la persévérence du matin ont fait place à l'impatience et à l'acharnement d'un gamin désespéré de ne pouvoir se joindre à la ronde diabolique de cette nuit magique. Vite, encore quelques retouches, il n'est peut-être pas trop tard.
La pendule familiale sonne les onze coups. Un petit effort, Steven et ta citrouille te regardera de ses yeux vides et te sourira de sa bouche béante. Vite...
Tout à coup, le garçon s'arrête: son masque est terminé, il est parfait avec son rictus figé et glacial. Personne ne résistera, c'est certain.
Ne prenant garde de rassembler les déchets, Steven enfile sa robe noire. Se regardant dans le miroir, il constate que la chasuble est bien plus courte que l'année dernière mais la nuit ne dévoilera qu'à peine la pointe de ses chaussures. C'est qu'il a bien grandi, cet été. Son entourage s'étonne d'ailleurs qu'il veuille encore, du haut de ses quatorze ans, fêter Halloween de façon aussi acharnée mais Steven sait que ce sera la dernière fois, raison pour laquelle il compte en profiter un maximum, bien camouflé sous sa citrouille, dans le souvenir de l'insouciance de ses huit ans.
Saisissant d'un air satisfait le légume que, durant des heures il a creusé, Steven le porte à son front.
A ce moment précis, ses parents restés dans le salon entendent un hurlement bestial, suivi d'un bruit sourd que d'autres petits sons flasques perpétuent dans toute la maison. Se précipitant à l'étage, ils découvrent leur fils au prise avec une colère hystérique, piétinant avec rage le masque qu'il avait sculpté durant toute la journée.

Il n'y aura pas d'Halloween pour Steven, cette année: il n'avait pas prévu, qu'au seuil de l'adolescence, non seulement le corps grandissait...

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

Commentaires

Skynet mettant en lien ce texte de 2004, je l'ai relu. On regarde bien un film plusieurs fois...
Alors, plutôt qu'un lien, voici le texte, à nouveau, comme post 2005. Pourquoi pas ?
Pas si mal, finalement...

Écrit par : Hollynx | 23/10/2005

non seulement le corps mais la tête ... aussi :-(
Je redécouvre ce texte - comme une première lecture :)

Écrit par : Nortine | 24/10/2005

Ado! Eh oui! l'adolescence fait bien du mal!Passage obligé et cruel( semble-t-il)Mais c'est la porte vers un autre monde( aussi farfelu!)

Écrit par : aeraine | 27/10/2005

aeraine... Pas moyen de poster mon commentaire chez toi ???
As-tu reçu mon mail ? Si non, Mail-moi...

Écrit par : Hollynx | 27/10/2005

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