28/11/2005

Les deux amants


Ma confiance est la romance de notre histoire. Ma complicité, le baiser de ma passion. Ma tendresse, la caresse de mon amour, lui chuchota-t-elle, amoureuse.
Ton corps est le havre de mon corps. Tes seins à nuls autres pareils. J’aime m’y perdre et y jouir de plaisir. Approche, ajouta-t-il, ivre de désir.
Elle approcha et ils firent l’amour une seconde fois et tandis que, satisfait, il s’endormait paisiblement une main sur le haut de sa cuisse, elle resta pensive, le regard vague jusqu’à ce qu’une larme furtive vienne brouiller sa vue. Alors seulement elle ferma les yeux et s’endormit.

Deux amants avaient tout pour être heureux et pourtant, l’un d’eux n’avait pas saisit le sens profond de l’amour de l’autre. Deux amants dormaient nus, côte à côte.

Écrit par Hollynx   |     |   |   8 passage(s)

22/11/2005

La pluie contre la vitre





Regarder tomber la pluie et se noyer dans les gouttes. Regarder tomber les gouttes et se noyer dans ses pensées.
Quel genre de pensées peut-on trouver dans une goutte ?
Une pensée humide à coup sûr, une pensée triste. Rien à voir avec les pensées dans lesquelles on se noie quand, dehors, tout est inondé de soleil.
La pluie vous coule et le soleil vous transporte.
Je regarde tomber la pluie. Une pluie d’automne, humide plus que mouillée, froide, malgré la température ambiante encore douce, grise et lourde.
Je regarde tomber la pluie et je me sens couler dans des flots de nostalgie.
Qu’il est bon de rester ainsi le nez collé à la vitre quand tout est détrempé hors de chez soi !

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

14/11/2005

Le grenier

La pluie tombait depuis la veille au soir. Le jardin était détrempé, l’horizon voilé, le ciel gris. Deux enfants, le nez collé à la vitre, regardaient se gaspiller les heures et se perdre leur après-midi de congé. Pas question de jouer au ballon, comme hier ou de partir à vélo, comme avant-hier. Le temps s’étirait inlassablement et leur humeur s’effilochait.
L’un d’eux eut une idée : « si nous montions au grenier ? »
Le second, peu rassuré, assura qu’il n’oserait pas car, la nuit, on y entendait des bruits, des grattements, des pas et parfois même des voix.
« Justement, jouons à nous faire peur », reprit le premier.
Ils partirent à la recherche d’une torche électrique et gravirent, tous deux, les escaliers de la maison.
La montée sembla durer des heures, le plus jeune restant à la traîne, perplexe devant la décision de son frère à braver ainsi leurs craintes.
Une fois en haut, le plus grand introduisit la clef dans la serrure. Elle ne résista pas, contre l’attente du plus petit, qui se mit soudain à trembler de tout son être. On aurait pu entendre claquer ses dents, si sa respiration n’avait été si forte.
Très vite, leurs yeux s’habituèrent à l’obscurité de la pièce et ils purent distinguer des ombres et des formes. L’endroit était très encombré, chaud, légèrement humide, calme et silencieux. Seul le plancher grinçait sous leurs pas.

Le plus téméraire passa la main sur le mur afin de trouver un éventuel interrupteur, mais il ne rencontra que des aspérités que la poussière et les toiles d’araignées rendaient repoussantes.
Ses doigts se posèrent sur quelque chose qu’il prit pour l’interrupteur, mais ce n’était qu’un petit cadre qui se décrocha du mur et se brisa en un fracas disproportionné à sa taille, en tombant sur le sol. L’autre garçonnet poussa un hurlement, recula de trois pas et bouscula violemment un valet qu’il prit pour une personne. Cet incident le terrorisa et il cria de plus belle. Il chercha par tous les moyens à se calmer mais la panique s’empara de lui et il se mit à galoper en tous sens. Ses pieds écrasèrent des souris, sa tête frôla des tas d’araignées, ses mains écartèrent de monstrueuses créatures, tandis que ses yeux épouvantés ne distinguaient plus qu’une faune hostile et avide de chaire fraîche.

Enfin, l’aîné parvint à allumer le néon, et ce qu’il virent les ramena illico dans la réalité de la pièce, une pièce toute petite, propre et bien rangée, quoique très encombrée. Seul le cadre cassé gisait sur le sol.
On n’entendait que le battement de leurs cœurs qui, petit à petit, reprenaient un rythme régulier. Le valet oscillait encore un peu sur son axe, mais aucune souris ou créature immonde ne montrait le bout de son nez.
Le plus grand des garçons se moqua du plus petit qui, à peine rassuré, n’osait encore bouger. Vexé par la remarque de son frère, il respira un bon coup et déclara qu’il n’avait même pas eu peur mais qu’il avait fait semblant.
Les deux gamins explorèrent le grenier pendant de longues minutes, puis leur maman les appela pour le goûter.
L’aîné éteignit la lumière et sortit le premier. Le plus jeune passa la porte à son tour laissant, derrière lui, l’obscurité de la pièce. Celle-ci se mit à ricaner, à se resserrer, à se rapprocher comme pour mieux l’absorber. L’enfant fut pris d’une peur irraisonnée et dévala l’escalier quatre à quatre pour se retrouver, essoufflé, devant sa mère en tablier qui retournait une succulente crêpe maison.

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

11/11/2005

Quand les mots se font jeu...



http://indice.skynetblogs.be/

Un nouveau blog, un nouveau concept
Des énigmes à découvrir seul ou à plusieurs
De la bonne humeur et de l'amusement
Une gymnastique des neurones
J'y retourne !

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

10/11/2005

Le pingouin et la valise

Une petite valise était seule sur la banquise. Qui avait bien pu l’oublier à cet endroit ? Avait-elle glissé de la soute à bagages d’un avion ou un voleur l’avait-il abandonnée après l’avoir vidée ?
Sur la banquise, il y avait une valise. Une valise d’un autre temps, toute en cuir avec des fermetures de fer blanc. L’une d’elles était mal fermée et le dessus se soulevait légèrement.

Un pingouin vint à passer. Il aperçut la chose et s’en approcha en dodelinant. Une valise sur ma banquise, semblait-il penser. Il approcha le bec du couvercle et la patte de la poignée. Il piqua à deux reprises les bords puis envoya promener le tout, d’un mouvement agacé.
Un murmure s’éleva alors de l’ouverture. Une sorte de plainte, inconnue dans cette immensité blanche. Le pingouin dressa l’oreille et ouvrit un œil plus attentif. Il se pencha pour tenter d’apercevoir l’intérieur.
A ce moment, la seconde fermeture sauta, jetant le curieux à la renverse sur la neige gelée. Désormais béante, la valise s’agita, se secoua puis s’éloigna vers l’horizon, non sans avoir lancé un juron.
Soudain, elle s’arrêta, se referma brusquement et frissonna tout en se demandant si ce projet de vacances était une bonne idée.

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)