31/12/2005

 

Je vous souhaite à tous une très agréable année 2006



Qu'elle vous procure tout ce que secrètement vous désirez...



Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

28/12/2005

Tombe la neige

Tombe la neige sur le petit village. Elle recouvre le paysage lui donnant ainsi un air de carte postale. Tout se fige sous le frima, à l’exception des fumées s’élevant des cheminées.
Depuis midi, les flocons tombent du ciel, tandis que les fumées y montent lentement. Un croisement subtil, un échange des dieux vers l’Homme et des hommes vers Dieu.

Le silence règne. Tout se transforme sous la baguette de Dame Nature sans qu’aucun bruit n’altère l’impression de plénitude que ce spectacle crée en moi.
Je suis en dehors du décor que je pourrais, si je le voulais, dessiner du bout du doigt sur la vitre de ma cuisine. Mais, pourquoi gâcher l’œuvre qui se crée devant mes yeux, pourquoi y apporter un subjectif mouvement qui le ferait basculer dans le réel de ma conscience ?
Je veux garder en moi ce sentiment étrange qui me prend à l’estomac, comme à chaque événement exceptionnel.
Serait-ce cela le Bonheur ?
Je suis seule et je n’ai pas envie de partager ce moment. Egoïstement, je veux le voler, le garder, le calfeutrer dans ma mémoire, afin qu’il rejaillisse lors des moments difficiles, de joies intenses, de nuits sans sommeil.

Un oiseau traverse le ciel. Ses ailes caressent, l’espace d’un instant, les volutes de fumée de la maison de mon voisin. On dirait qu’il prend plaisir à y planer quelques secondes, avant de s’éloigner.
Le voici qui revient. Peut-être se réchauffe-t-il le bout des plumes. Cette pensée me fait sourire. Je suis bien.
Comme j’aime ces moments de solitude où, telle cet oiseau, je suis libre. Libre de caresser des yeux la beauté de la nature, vierge des Hommes et de leurs contraintes.

Un bruit me fait sursauter. Des lumières colorent d’orange l’horizon. Une masse sombre macule mon étendue blanche, jusque là immaculée.
Le camion d’épandage a tout gâché, me faisant brutalement tomber du sublime au réel quotidien : il me reste deux mannes de linge à repasser !

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

23/12/2005

Le Père-Noël

Le Père Noël se regarda dans le miroir. Décidément, pensa-t-il, je commence à me faire vieux. Ma barbe blanche jaunit, mon costume est élimé, ma hotte est plus lourde chaque année et ma vue baisse de mois en mois. Il serait temps que je pense à ma succession.
Mais voilà, le Père Noël n’avait pas d’enfant. A qui, dès lors, confier cette lourde tâche de satisfaire tous les enfants sages, les parents attentifs, les amis fidèles, tous les hommes en général, la veille de Noël.

Le Père Noël convoqua son conseil et lui exposa le problème.
Vous n’y pensez pas, s’exclama un renne de son convoi, qui pourrait mieux que vous distribuer les cadeaux le 24 décembre ?
C’est vrai, ajouta un lutin au bonnet trop large, qui pourrait reprendre votre tournée sans oublier ça et là, l’un ou l’autre petiot ?

Le Père Noël caressa doucement le dos de ses mains rongées par l’arthrite, puis il sourit. Il prit une inspiration inquiétante et se prépara à parler à l’assemblée qui le scrutait, bouche bée. J’avais pensé que… mais il ne put ajouter un mot, car soudain la porte s’ouvrit violemment et deux nains au regard perçant pénétrèrent dans la pièce, sans y avoir été invités. Ils jetèrent aux pieds du Père Noël un énorme sac rempli de lettres et de dessins d’enfants du monde entier.
Le vieillard se baissa pour en ramasser une poignée, qu’il découvrit sans tarder. Il regarda ceux qui lui faisaient face et déclara d’une voix forte : En route, nous commençons notre distribution de cadeaux dès ce soir !



Je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de Noël !

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

19/12/2005

Il se voyait déjà...

Il était une fois un petit mot qui voulait devenir phrase. Du haut d’une feuille blanche, il enviait la copie du voisin de celui qui l’avait écrit de façon précipitée, avant de s’arrêter, la plume en l’air. A gauche de la page et pas tout à fait droit, il se sentait bien seul.
Ce n’était pas un mot facile car à lui tout seul, il était tout et rien à la fois. Il n’était pas comme les autres, il avait plusieurs lettres, certes, mais aucun son. Par contre, une superbe majuscule l’ornait de sa présence.
Du haut de la feuille, donc, il rêvait. Il rêvait de devenir une phrase ou un paragraphe ou encore un chapitre, voire un livre, mais rien ne se passait : il restait là et las, malgré sa majuscule.
Imaginez-le un instant, voulez-vous ? Six lettres dont deux fois la même, soit seulement quatre phonèmes différents. Pas bien grand pour écrire un livre !
Alors, il se rassurait en se disant qu’il avait un détail que peu d’autres mots possédaient : un superbe tréma en coiffure qui, hélas, ne changeait rien à son ennui.
Comment, dès lors, ressembler à une phrase ?
Il en attrapa le vertige, jusqu’à ce qu’une main peu délicate saisisse le document qui était la source de ses états d’âme.
Violemment, il se retrouva enfermé dans une farde. On le trimballa dans une mallette. Enfin, on le sortit de sa prison et il se retrouva sur une table qui sentait bon le café frais, puis une pointe rouge s’approcha de lui et le recopia d’une énorme et volcanique écriture. Jamais il ne s’était senti ainsi entraîné dans le feu de l’action : avec sept autres mots et un point d’exclamation, tout étonné de le rencontrer, il connut la gloire, l’espace d’un instant : Joëlle, vous n’avez pas étudié votre leçon !
Pensif, il retrouva le sourire car il faisait désormais partie d’une phrase. Le début d’une carrière !

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15/12/2005

La chaîne



Coupez-moi cette chaîne, je veux sortir !
Arrachez-moi ce lien, je veux entrer !
Quelques anneaux rouillés et tout est condamné, l’entrée comme la sortie.
Il ne nous reste que la liberté de regarder.
Regarder le temps qui passe.
Regarder le temps qui lasse.
Regarder le temps qui casse.
Coupez-moi ce lien !
Arrachez-moi cette chaîne !
Quelques anneaux rouillés, qu’à force d’observer, on ne voit pas tomber…

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

12/12/2005

Un beau sapin

Ce matin, j’ai fait mon sapin. Un sapin ordinaire, artificiel et si vieux que ses pauvres branches semblent ployer davantage chaque année. Ce n’est pas le sapin qui garnit mon salon, ni celui que je destine à mon entrée. Non, c’est un vieux sapin à qui je donne une seconde vie, au fond de mon bureau.
Cette année, pour qu’il paraisse plus touffu malgré la chute de ses aiguilles de plastique, je lui ai offert une guirlande lumineuse. Comme ce n’était pas suffisant, je l’ai aspergé de neige en bombe. Quelle drôle d’invention, tout de même, mais le résultat est là : il faut l’avouer, mon sapin a l’air d’un sapin et non plus d’un arbre rachitique !
Toute la matinée, je l’ai regardé d’un air suspect, en me demandant bien à quoi il pouvait ressembler objectivement car mon regard envers lui est teinté de la nostalgie d’un sapin ayant connu une autre histoire, il y a des années, du temps où les Noëls de famille étaient encore présents. C’est mon sapin d’avant et cela n’a pas de prix, même s’il est dégarni.

Il est 14h. J’ai presque oublié la présence de cet invité de fin d’année au fond de mon bureau, quand Emilie entre dans la pièce. Elle se précipite vers l’arbuste, le regarde rayonnante et s’exclame: « mais qu’il est beau ! »
C’est dans des moments comme ceux-là que je regrette la naïveté et la simplicité de mes 5 ans…

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

09/12/2005

Un blog qui vaut VRAIMENT le détour...



A voir absolument : plus de 100 énigmes sur tous les thèmes
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Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

08/12/2005

Saint-Nicolas

Saint-Nicolas n’est pas passé chez moi. Il paraît que c’est une histoire d’enfant. J’avais pourtant fait des croix dans le catalogue que m’avait donné ma voisine de palier.
Ma voisine de palier est une jeune femme qui s’occupe de moi. Elle me prépare de la soupe et remplit mes papiers de la ville et tout ça parce que je ne sais pas lire. Alors, elle m’a donné des catalogues et j’ai fait des croix mais Saint-Nicolas, il n’est pas passé chez moi…
Quand j’étais petit, il m’apportait des trucs dans mes souliers. Ma voisine dit qu’il ne vient pas pour les grandes personnes. Elle s’occupe bien de moi. Elle m’a expliqué qu’il ne viendrait pas, même avec les croix. Pourquoi ?
J’ai pas compris pourquoi, il ne venait pas. Je n’avais fait que deux croix… Une croix pour un ballon, pour les après-midi dans le parc, l’été et puis une croix pour une boîte de crayons. J’aime bien dessiner.
Je n’ai rien eu. Ma voisine a souri quand je lui ai raconté. Elle est retournée chez elle puis elle est revenue et m’a donné une petite boîte. Quand je l’ai ouverte, elle a fait de la musique et une petite danseuse s’est mise à tourner dans le fond. C’est joli. Ma voisine a dit que c’était pour moi. Pas de Saint-Nicolas mais d’elle. Un beau cadeau…
Elle m’a expliqué que Saint-Nicolas n’existait que pour les enfants ou un truc comme ça, que j’avais perdu Saint-Nicolas mais que j’avais une amie, maintenant. Que c’était mieux.
J’ai gardé la boîte. Elle est très jolie, mais pourquoi Saint-Nicolas n’est pas venu chez moi ?

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

05/12/2005

Un tout petit rien

Cela part d’un rien :
une porte qui s’entrouvre, un sourire lointain,
une main tendue, une voix qui résonne.
Et, de découvertes en découvertes,
d’aventures en aventures,
on entoure une île déserte de la plus belle couverture.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)