27/02/2006

Livre de chevet

A la lueur de ma lampe de chevet, je tourne avidement les pages du vieux livre. Des pages épaisses et jaunies, grumeleuses et parfois salies qui me révèlent l’histoire s’y trouvant enfermée.
Quelques signes formant des mots, des phrases, des chapitres. Une suite d’idées, de sentiments et de mystères couchés à perpétuité, par la seule magie de l’imprimerie et du papier, dans la sépulture de l’imaginaire.
Je vois l’auteur qui, à la lueur de sa bougie et en son temps, a rédigé ce roman. Je l’imagine tremper sa plume dans l’encrier de verre, les yeux brûlants de sommeil et gratter encore, des heures durant, les feuilles de sa réserve trop vite tarie.
A-t-il, l’espace d’une seconde, pensé que les traces qu’il laissait sur ces documents traverseraient les temps jusqu’à finir entre mes mains ravies ?
A-t-il seulement imaginé le lecteur assidu tourner les pages de son œuvre et vibrer avec des personnages que, lui-même, il connaissait à peine ?
A-t-il ressenti de la satisfaction en posant ce mot que je découvre avec déception, ce petit mot de trois lettres qui m’oblige à refermer le livre, là où Hugo déposa sa plume ?

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

18/02/2006

Pour une jeune fille qui se reconnaîtra...

Quand je t’ai connue, tu étais haute comme trois pommes. Aujourd’hui, les pommes sont devenues pommier, désireux de porter à son tour des pommes. C’est le cycle des saisons, le cycle de la vie mais si ton feuillage est superbe, tes branches pleines de force et ton tronc volontaire, ton cœur reste fragile et ta sève encore un peu légère.
Alors, tu frappes à ma porte.
Que puis-je donc t’apporter, moi qui suis désormais à l’ombre de ta ramure ?
Je ne puis qu’écouter le vent secouer tes jeunes feuilles quand, assise au frais, je les regarde battre l’air, maladroites.
Je ne puis que te rassurer et t’encourager à les étendre davantage encore. Plus loin, toujours plus loin.
Surtout, ne te précipite pas. Prends le temps d’occuper tout l’espace qui t’est réservé dans ce jardin où, un jour de mai, Dame Nature te fit pousser.
Dresse la tête, ne plie pas l’échine. Sois toi et fière de l’être. Cherche à t’amuser l’été, à te transformer en l’automne, à te protéger l’hiver, à renaître toujours plus belle, au printemps retrouvé.
Ne t’expose pas sous un soleil trop rude, ne te métamorphose que septembre revenu, ne t’amuse pas sous les frimas et crois en l’avenir de la douceur d’avril.
Alors seulement tu deviendras ce pommier que tu mérites d’être, parce que tu auras pris ton existence en mains, n’écoutant que tes besoins.
J’aurais été là à tes côtés à te regarder grandir, à t’écouter pousser, à espérer la première pomme, mais le jour venu, quand tes fruits seront suffisamment mûrs, je serai partie sur la pointe des pieds et c’est à l’homme de ta vie que tu les offriras.

Écrit par Hollynx   |     |   |   15 passage(s)

12/02/2006

Il commence à pleuvoir

Une goutte de pluie s’égare de-ci de-là et donne à la vie un visage tout différent. Une goutte de pluie s’écrase sur mon front et la vision des choses prend une toute autre direction. Une goutte de pluie s’unit à une autre goutte de pluie, rentrons ma mie, le temps est à l’orage…

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

06/02/2006

Nuit sans dormir

Une nuit sans dormir à rester à penser, à penser à dormir et ne pas y arriver. Quand l’excitation est trop forte, la peine trop grande, la joie trop intense. Quand tout est trop, même le moindre bruissement. Quand rien n’est trop peu que cette possibilité à trouver le sommeil.
Les heures qui déchirent le regard, les draps qui transpirent, l’oreiller qui contrarie la nuque et ce battement au fond de soi qui résonne dans la poitrine, se répercute dans les tempes, attaque la respiration et fourmille dans les jambes.
Se retourner encore et encore. Soupirer plus et plus. Puis écraser avec rage le réveil qui, en vous narguant de son cadrant sadique, hurle à tue-tête qu’il est temps de se lever…

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

05/02/2006

Liberté

Partir et revenir
Que serait la vie sans ce va-et-vient ?
Libre dans sa tête, libre dans ses gestes
Nous ne savons pas la chance que nous avons…

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)