31/03/2006

Premier bourgeon

Un matin, il doit y avoir trois ou quatre jours, j’ai découvert un bourgeon sur la branche d’un arbuste que je croyais mort. Il semblait à l’étroit dans sa gaine de bois sec. Une toute petite ligne verte, dans le gris de mort de la nature.
Tout semble gris, l’hiver. Tout est humide, sauf cet arbuste dans un pot, sur mon balcon. C’est un groseillier et jamais encore il n’a porté de fruits. Il est jeune, et pourtant mort. Que dis-je, il n’est pas mort puisque j’y ai découvert cette infime trace de vie !

Il y a donc trois ou quatre jours, j’ai découvert cet espoir de printemps. Alors, j’ai retiré les journaux disposés sur le terreau pour qu’il ne gèle et j’ai arrosé le squelette poussiéreux qu’ils contenaient.

Ce matin, j’ai découvert que le bourgeon avait réagit : il était sorti de sa gaine trop étroite comme pour me remercier et se dressait désormais vers la lumière. Je l’ai caressé et j’ai réalisé avec une certaine satisfaction qu’il n’était pas seul : plus précoce que les autres sans doute, ou plus téméraire, il avait poussé le premier la tête hors de son cocon d’hiver, avant de faire passer le message : allez mes frères, réveillez-vous, le printemps est sur le point d’arriver !
Vivement Pâques retrouvé et les premières feuilles de mon groseillier !

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

25/03/2006

La course contre le temps

La trotteuse trottait sur le cadran sans même se soucier de l’avenir des aiguilles de la montre, ses partenaires au comptage du temps. Effrontément, au bout de soixante secondes, elle leur passait sur le corps sans même s’en rendre compte. Cela contraria la grande aiguille qui, de mauvaise humeur, accéléra le pas et tenta de la suivre, emmenant dans son sillage la petite aiguille essoufflée.
, hurla cette dernière, ne courez pas ainsi ! Si toutes les minutes vous font faire un bond, respectez mon rythme à ne glisser d’un chiffre à l’autre que toutes les heures. A quoi cela vous sert-il de courir puisque, de toute façon, nous sommes prisonnières du temps ? La grande aiguille ne l’entendit pas ainsi et se mit à galoper de plus belle. Pas si vite ! Pas si vite !, criait la petite aiguille qui, contrainte, lui emboîta le pas au risque de détraquer le mécanisme de leur prison. Plus vite ! Plus vite !, s’époumonait la grande aiguille tandis que toutes couraient en rond, accélérant le rythme à chaque passage devant le remontoir, point de repère pour aiguilles en perdition.
Plus vite. Toujours plus vite. Le temps s’affola : 7 heures devinrent 8 heures, puis 9 heures devinrent 11 heures, sans qu’aucune ne rattrape aucune, sans qu’aucune ne ralentisse le pas, sans qu’aucune ne se fatigue.
Et ce qui devait arriver arriva : mon frère rangea la montre dans un tiroir…
Durant quelques mois, la vitesse des trois rivales se stabilisa puis, épuisée, la grande aiguille s’arrêta sur le chiffre 6, stoppant du même coup la petite aiguille entre les chiffres 3 et 4. La trotteuse leur passa sur le corps une dernière fois et vint mourir à son tour, à deux secondes du chiffre 9.

Écrit par Hollynx   |     |   |   9 passage(s)

20/03/2006

Paroles

Quand à mes mots tu réponds par un signe de tête, je ne sais si tu les as écoutés
Quand à mes mots tu réponds par un sourire, je pense que tu les as perçus
Quand à mes mots tu réponds par une question, je ne sais si tu les as compris
Quand à mes mots tu réponds par une parole irritée, je sais que je t’ai agacé
Quand à mes mots tu ne réponds, je sais qu’il est temps de me taire...

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

13/03/2006

Paysage intime





Ton corps nu est une île où j’aime me perdre, ton esprit un arrière-pays que je découvre jour après jour, ton cœur une plage où j’aime me reposer.
Il m’arrive cependant de me perdre sur la plage, ne rêvant que d’un pays conquis et à la recherche d’une île si petite qu’en m’y allongeant, j’en joindrais les deux bouts.

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

08/03/2006

Pensée

Ce matin au lever, une idée m’a traversé l’esprit. Je ne me souviens pas si c’était une bonne ou une mauvaise idée. Je ne sais plus si c’était une grande idée. Elle n’a fait que passer. Pourquoi une idée passe-t-elle pour ensuite s’envoler ? Je ne l’ai d’ailleurs pas vue me quitter. Elle était là et l’instant d’après, elle avait disparu. Sa présence m’a procuré une satisfaction et son absence un certain malaise. Ce devait donc être une bonne idée. Vraisemblablement une grande idée car je n’ai eu aucun mal à me lever.
Une fois debout, plus d’idée ! C’est fou… et dans ce flou, je me suis demandée ce que je faisais debout. Alors, une autre idée a traversé mon esprit : retourner me coucher.
Une fois sous ma couette, une foule d’idées se sont bousculées dans ma tête, au point de me jeter hors du lit avec la ferme intention de ne plus y penser. Pensez-vous, l’une d’elle s’est imposée et m’a torturé : avaler une tasse de café et déguster un succulent pain au chocolat. Ce que j’ai fait.
Vous ne me croirez pas, la gourmandise vaut toutes les pensées.

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)

04/03/2006

L'aube

Quand le jour se lève, tout reprend vie et se veut rassurant.
Mais la lumière inonde le monde et l’activité noie le temps.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)