30/11/2006

Toujours plus vite

Le temps qui passe donne à ma vie un flou que je ne maîtrise pas.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

24/11/2006

Claire-obscure

Il était une fois un carnet à spirales. Une petite fille l’avait ouvert à la première page et y avait dessiné la vie comme elle la voyait avec ses yeux d’enfant. Puis la petite fille avait grandi avec toujours, à ses côtés, le carnet qu’elle avait trouvé. Au fil des ans, elle ne cessa de tourner chacune de ses pages afin d’y déposer secrètement ses joies, ses peines, ses interrogations, ses colères et ses incertitudes, aussi.

Le hasard de la vie fit, qu’un soir, on se croisa, elle la petite fille devenue femme et moi, la femme si petite fille encore. Elle me parla beaucoup de son carnet de vie mais jamais elle ne m’en dévoila une page entière, elle se contenta de l’entrouvrir à plusieurs reprises jusqu’au jour où, avec amertume, je lui fis remarquer qu’il restait bien peu de pages à remplir.
Elle haussa les épaules. Peu lui importait, l’essentiel n’était-il pas rempli ? Chaque page avait été complétée puis tournée, à présent, elle pouvait le refermer sans regret.
On passe, on trace, on dépasse…
Souvent, elle tenta de me persuader de faire pareil. Elle s’étonna de mon envie de relire certains chapitres, elle s’amusa de mes craintes, s’attaqua fermement à mes peurs et s’énerva parfois de mes doutes.
On passe, on trace, on dépasse…

Puis vint le moment où elle décida d’inscrire le mot fin à son recueil. Je n’étais pas prête, j’en voulais encore moi de ces dessins, de ces mots, de tout ce que j’apercevais au travers des pages de ce carnet à peine entrouvert et qui nourrissait mon âme. Mais elle avait choisi de refermer le bouquin, de tourner les talons et de partir comme elle était arrivée en laissant, dans ma mémoire, ce carnet à spirales que j’aperçois là devant moi, prêt à recevoir mes joies, mes peines, mes peurs, mes interrogations, mes colères et mes incertitudes, aussi afin, qu’un jour, moi aussi j’y appose en toute sérénité le mot fin.

Il est un carnet à spirales. Il n’y a plus de petite fille mais tant de pages à partager encore…

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

16/11/2006

Cœur d’artichaut

Tout petit le radis. Tout penaud l’artichaut.
Dans le plat à hors d’œuvre, le premier se mit à draguer le second. Imaginez un radis promettant le paradis à un artichaut encore chaud ! Et l’artichaut de prendre cela de haut : pour qui se prenait ce radis pas cuit ?
Le radis se vautra dès lors dans le sel, tandis que l’artichaut s’endormit dans la vinaigrette.
Tout petit le radis salé. Tout penaud l’artichaut vinaigré.
Ils restèrent ainsi un bon moment jusqu’à ce qu’une bouche gourmande ne les engloutissent sans leur laisser le choix.

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

09/11/2006

Sensuelle tendance


Qui a laissé cette trace de doigt sur la table de verre ? Qui a imprimé cette forme de lèvres sur la coupe de champagne ? Qui les a abandonnés sans intention et sans attention ?
Une empreinte de vie sans nulle autre pareille, unique trace d’un passage dans un présent désormais passé. Quoi de plus banal qu’une marque de doigt. Quoi de plus sensuel que le dessin d’une bouche féminine aux contours écarlates.
Le doigt est épais. Probablement un pouce. Les lèvres sont fines. Probablement celles d’une demoiselle. Le pouce a touché la bouche qui lui a rendu sa caresse. A moins que d’un geste maladroit, la femme déposa le verre que l’homme rattrapa d’un mouvement sûr, dans l’infinie tendresse d’un amour naissant.
Pourquoi une seule coupe ? Pourquoi un seul doigt sur la surface de verre lui servant de support ?
C’est alors qu’une main se tendit vers le récipient et le porta à la bouche : il était temps pour Raymond de monter en scène à la façon de Marilyn.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

07/11/2006

A la vie, à la mort

Il était une fois un citron
On l’oublia et il se transforma
Pourquoi faut-il que tout meurt ?

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

02/11/2006

Le jour des Morts

Hier, c’était la fête de tous les Saints, de Saint-André à Sainte-Zoë, sauf qu’il n’y a pas de Sainte-Zoë…
Aujourd’hui, c’est le jour des Morts et là, il y a probablement des Zoë mais qui y pense à part moi ?
Mon cobaye s’appelait Zoë. Ma voisine s’appelle Zoë. Mon cobaye est mort et ma voisine n’a rien d’une sainte. Allez comprendre !

Tout le monde fleurit les tombes le jour des Saints et le lendemain lorsque vient le jour des Morts, une fois le devoir accompli, plus personne ne pense aux morts. Comment comprendre ? Pourquoi comprendre d’ailleurs, l’essentiel n’est-il pas de se souvenir ?
Bien sûr, certains me diront qu’il ne faut pas une date particulière pour penser à André ou à Zoë mais, franchement, en y réfléchissant honnêtement, combien d’entre nous y pense à ses morts en dehors de cette date ?
D’accord, il y a les anniversaires, les albums-photos, les dates de décès mais les pensées sont faciles, elles s’envolent et ne coûtent rien, tandis qu’un passage au cimetière, c’est comme une visite privilégiée à André ou à Zoë.
En tout cas, mes morts à moi, tels ces malades à l’hôpital ne recevant jamais de visite et qui guettent la porte, je les ai entendus sourire de me voir débarquer avec mes fleurs sous le bras, des bruyères, comme à chaque fois.
Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part, jamais je n’ai raté un jour de Toussaint au cimetière de mes ancêtres : ils n’ont rien de saints, aucun ne s’appelle André ou Zoë mais comme j’ai congé ce jour-là, ils méritent bien que je leur consacre un peu de mon temps, ce temps qui s’est arrêté pour eux et qui m’est si précieux, à moi.
Allez, à l’année prochaine !

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)