Skynet blogs


06/02/2007

Crêpes et chandelles


Vendredi, c’était mon anniversaire.
Hormis ce jour, pour moi un peu moins ordinaire que les autres, c’était aussi le 2 février et savez-vous ce qu’est le 2 février ?
Vous avez gagné, c’est la Chandeleur ! Voici, il est vrai avec un peu de retard mais rien ne nous empêche d’aimer les crêpes toute l’année, un petit retour aux sources concernant ce jour pas ordinaire…

Inscrite dans le calendrier des fêtes chrétiennes depuis 472, la Chandeleur se fête tous les ans le 2 février. Elle tire son nom des “chandelles” ou cierges bénits que l’on portait lors de la procession en l’honneur de la présentation de Jésus au temple et de la purification de la Sainte Vierge. Les pèlerins qui se pressaient à Rome à cette occasion amenèrent le Pape à organiser des distributions d’oublies ou de galettes.

Mais avant de devenir une fête mariale (en l’honneur de la Vierge Marie), la Chandeleur, appelée aussi “Fête de la lumière”, était une fête païenne. Les “Parentalia romaines” étaient des fêtes annuelles, célébrées en l’honneur des morts, au cours desquelles on veillait, à l’aide de cierges et de torches, en honorant les dieux et Pluton en particulier.

Dès lors, pour cette fête devenue “Fête de la Lumière”, des bougies étaient allumées dans toute la maison et des cierges bénits étaient ramenés au foyer pour assurer protection et veiller sur les prochaines récoltes. La survivance d’un mythe lointain se rapportant à la roue solaire expliquerait également la coutume des crêpes (ou des beignets de forme ronde, dans le sud de la France) que l’on se doit de faire à cette période.

On retrouve des sortes de galettes ou crêpes dans toutes les civilisations de l’Ancien et du Nouveau Monde, qu’elles soient faites à partir de farine de blé, de riz, de maïs ou d’autres céréales.

C’est au XIIème siècle que les croisés rapportèrent le sarrasin d’Asie. Cette plante céréale fleurie trouva sur les terres acides de Bretagne un milieu favorable à son développement.

Pourtant, il fallut attendre encore plus d’un siècle avant que le sarrasin moulu en farine n’entre dans la composition des galettes. Au début du siècle, le froment (farine de blé) apparut et on ajouta le lait dans la composition de la pâte. La galette devint crêpe.Les galettes de sarrasin (farine de blé noir) sont encore de nos jours le plus souvent utilisées avec des garnitures salées alors que les crêpes sont servies au dessert.

Crêpes ou galettes donnèrent lieu à bon nombre de coutumes qui jalonnèrent l’histoire du terroir breton.

On raconte que sur l’île d’Ouessant, un jeune homme qui désirait épouser sa belle venait rendre visite aux parents de celle-ci afin de demander sa main. La mère de la jeune fille préparait alors galettes et lard qu’elle tenait enfermés dans l’armoire. S’il était agréé, la mère de la jeune fille posait ses galettes sur la table et tout le monde s’en régalait. Les jeunes gens comprenaient alors qu’ils étaient promis.

Mais si l’armoire restait close, il n’était pas besoin de mots pour comprendre que la demande était rejetée. Dans d’autres régions de Bretagne, la jeune épousée venant occuper la maison des ancêtres devait jeter la première crêpe de sa fabrication sur le haut de l’armoire, marquant ainsi son respect à la mémoire des anciens.

Une autre coutume, bien connue de tous, dit qu’il faut faire sauter les crêpes à la Chandeleur en tenant une pièce de monnaie dans la main. La crêpe qui se retourne dans la poêle assure chance et richesse toute l’année ou réalise le souhait du cuisinier !

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

Commentaires

Merci... ...de nous rapeller ce moment historique; non, pas ton anniversaire, mais bien l'histoire des crêpes...
@+
ps: pour rire!!!

Écrit par : aeraine | 08/02/2007

Tu sais aéraine, à mon âge, on fait partie de l'histoire ! :-))

Écrit par : Hollynx | 08/02/2007

Les commentaires sont fermés.