28/01/2008

Sans les mots

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Le silence me parle :
Entendre le silence de sa bouche
Percevoir le silence de ses yeux
Sentir le silence de ses mains posées sur moi.

Le silence est ami :
Il me parle de lui
Il me montre le fond de son âme
Il m’englobe de ses ondes.

Le silence est créateur :
Il me dicte des mots
Il imprime des images dans ma mémoire
Il caresse mon cœur d’un souffle de nostalgie.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

15/01/2008

La rencontre

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J'ai d'abord aperçu deux sachets posés sur le sol, contre le mur. Puis, deux pointes de pieds qui en dépassaient. J'ai poussé la porte et la crainte au ventre me fit dire : pas de problème, c'est pas un problème, avant de m'éclipser dans l'ascenseur, la vision d'un tout petit bout femme en tête.

A ma sortie quelques minutes plus tard, elle était toujours là, en simple pull malgré le froid, dissimulée entre le petit socle des sonnettes et la paroi de l'entrée, de telle sorte qu'on ne la surprenait qu'en arrivant tout près d'elle.
Elle était assise, minuscule, les jambes pliées contre son corps et les bras serrés, cherchant à rassembler ses maigres affaires. Elle semblait si seule, si fragile.
Je vis alors le journal qui la protégeait du froid du sol, comme celui-ci protégeait le sol de quelques gouttes de sang ignorées à mon premier passage.

Je ne sais pas pourquoi je lui ai adressé la parole. Je ne sais plus les mots. Elle tenta de se lever, tout en s'excusant : elle ramasserait toutes ses "crasses".
Quelle drôle d'idée de lui avoir demandé si elle avait un manteau, où elle habitait ! D'une voix étonnemment douce, elle me répondit qu'elle était à la rue et qu'elle ferait mieux de partir mais elle ne semblait ni pressée, ni farouche : elle était comme une habituée de l'endroit.
Nous avons parlé ainsi une bonne dizaine de minutes sans penser à nos différences, elle, assise sur le carrelage et moi debout, les deux mains dans les poches.
Un homme est entré. Il nous a dévisagées toutes les deux. Peut-être même plus moi qu'elle, d'ailleurs. Elle n'a pas réagi, ou si peu. Je lui ai dit, qu'en effet, elle ferait mieux de ne pas rester là : elle avait peur de passer la nuit au poste de police et moi j'avais peur de l'air de reproche de cet habitant des lieux qui m'avait lancé un regard de menace, à parler ainsi avec une "traînée".
Elle m'expliqua sa vie, sa fille de 7 ans et cette dame au vélo qui voulait bien qu'elle reste là. Je lui fis part des plaintes de locataires, des dégradations de certains visiteurs, de la crainte de trouver ainsi des personnes assises dans le hall et de ma peur à moi, de me trouver face à un drogué qui voudrait me piquer avec sa seringue. Elle s'étonna d'une telle idée : quand elle se piquait, à mon arrivée, elle n'aurait jamais pensé qu'on puisse avoir cette crainte. Cela la fit réfléchir et elle prit conscience de nos différences.
Quel moment étrange que cette complicité inattendue !

Je ne peux oublier son regard. J'entends encore sa voix qui répondit sans réserve à mes questionnements, qui me souhaita de ne jamais en arriver là et qui me confia ses espoirs en son enfant sur le bon chemin, car en première année, avec de bons résultats. Je ressens encore mon émotion quand elle me remercia de l'avoir acceptée, comprise et soutenue, l'espace d'un instant.
Nous nous sommes quittées sur le bord du trottoir. J'ai ouvert la portière de ma voiture et elle s'est éloignée. Nous nous sommes retournées, au même moment, et elle s'est écriée : bonne année !

Voilà un moment de vie intense que je n'oublierai jamais. Dorénavant, chaque fois que j'entrerai dans cet immeuble, j'espérerai secrétement apercevoir cette jeune femme qui transforma un lundi banal en un jour pas comme les autres...

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

06/01/2008

Aller de l'avant

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Il tourna la tête et ne vit plus que le vide. Il tourna les talons et ne vit plus que le plein. Que choisir dans une telle situation ?
Il regarda en haut et ne vit que le bleu. Il regarda en bas et ne vit que le vert. Que choisir dans un pareil cas ?
Mais où diable était-il ? Qui donc était-il pour se poser de telles questions ?

Il n’était que lui face à l’angoisse : la peur d’aller de l’avant et de tomber, la crainte de reculer et de trouver un mur. Il n’était que celui dont le stress du futur fait baisser la tête et l’immensité du présent hausser les yeux.

Alors il choisit de s’asseoir un instant. Il se mit à rêver et le vide se remplit du plein, le bleu lié au vert devint son destin et il s’endormit en attendant le lendemain…

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)