22/03/2009

Pensées au fil de l'eau


A califourchon sur une souche d’arbre, je regarde s’éloigner la rivière. Son débit est rapide en ce début de mois de mars, elle est plus dodue qu’en été et semble plus sauvage, aussi.

Personne ne s’arrête pour la regarder. Je suis seule avec elle sans qu’elle me remarque. Peut-être cherche-t-elle à me fuir, que si vite elle passe ?
Je me demande ce que ressentent les poissons quand, si pressée de traverser la vallée, elle en oublie leur présence : se joignent-ils à elle ou s’accrochent-ils désespérément aux herbes du rivage ?

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Comme je voudrais être un bateau de papier pour voguer sur ces flots brunis par les intempéries. Cahoté de-ci de-là, je me laisserais bercer par la vie sauvage de cette eau tourmentée, je ne résisterais pas, je fermerais les yeux jusqu’à les ouvrir aux premières senteurs de l’océan afin de découvrir l’immensité de l’éternité.

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09/03/2009

La ronde des alternances

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(L'étrange dans l'étrange d'une photo ratée...)


Lorsque survient l'hiver, je suis ravie de retrouver mes cols roulés et ma couette ouatée mais je ne vous cache pas qu'à la vue du premier rayon de soleil, je me sens revivre sous les senteurs toutes particulières du printemps.
Quand l'été prend sa place, les vacances me font tout oublier, tandis qu'une balade à vélo me fait rêver des couleurs uniques de l'automne qui se prépare déjà, en cachette.

La nuit, j'imagine le lendemain et le lendemain, je me réjouis du soir afin de profiter du cocoon obscur que parsèment les lumières chaudes. Je désire les congés et je me presse pour ne pas rater la rentrée.

Je pleure et je ris. Je ris et je pleure. J'ouvre les yeux et puis je les ferme. J'inspire et j'expire sans jamais me lasser, au fil des années.
Je vis. Un jour, je mourrai. Tout se succède de façon régulière. Je fais ma place et d'autres la prendront ensuite.

C'est l'éternelle alternance de la vie sans laquelle nous ne serions pas. La vie est belle !

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02/03/2009

La brisure


Passent les heures. Passent les saisons. Passe la vie. Reste la mort.

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Il est des choses inacceptables comme cet arrêt sur images, cette fin des choses telle un coup de canif, accroc irréparable dans le cours du temps devenu soudain définitif.

Toute une existence, des mots, des rires, des odeurs, des musiques, des touchers, des images, des souvenirs qui se figent, s'effacent et qui disparaissent à tout jamais.
Le noir, le silence, le vide, l'absence et puis le rien.
Où s'en vont les mots, les sens, les pensées, les plaisirs ? Où s'en vont mourir les regards, les souvenirs, les ambitions, les projets ? Où es-tu, toi que j'ai connu, toi que j'ai croisé, toi que je n'ai pas rencontré ? Et je reste là à ne pas savoir, à ne pas comprendre, à refuser.
Comment le monde peut-il tourner sans tous ces gens disparus, sans tous ces êtres pas encore là ?

Où donc étais-je ? Où irai-je ?
Je veux rester, je veux être au présent, je veux continuer sans plus bouger.

Arrêter le temps pour qu'il ne devienne pas rien, pour qu'il reste tout avec moi et pas sans.

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