16/11/2010

A chaque saison, son microbe


La valse des microbes s'en donne à coeur joie : une petite grippe par-ci, une petite toux par-là et moi et moi et moi !

Le nuage se faufile à travers la ville, sur les dessus des poignées de portes, sous les paumes des mains ou encore aux commissures des lèvres des victimes choisies. C'est l'automne qui en a décidé ainsi car l'été est trop gentil, l'hiver un peu lent et le printemps bien trop préoccupé à faire valser les semences d'un autre ordre.

Il était une fois un petit virus, tout étonné de se trouver là, qui ne parvint jamais à s'accrocher à rien.
Très jeune encore, il avait peu d'expérience et découvrant le monde, il se laissa porter un peu trop loin, manquant ainsi le bébé nouveau-né, la mamy centenaire et l'asthmatique diabétique souffrant d'herpès labial. Il appréciait ce voyage et n'avait dès lors absolument aucune envie de tout gâcher en se fixant sur quelqu'un. Il oublia donc les ordres de l'automne et se retrouva en hiver.

Très vite, il se mit à avoir froid. Il grelotta, il grelotta à tel point qu'il gela. Le nez rouge et les pieds bleus, il se trouva tout penaud au milieu d'un hiver qui ricanait. Alors, il perdit ses forces et tomba dans l'oubli d'une campagne au manteau blanc, sans avoir revu l'automne son maître ou le printemps qui aurait pu lui donner une seconde chance.

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09/11/2010

Il était deux fois

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La vieille dame redressa son chapeau mou, étira sa nuque quelque peu engourdie, mis en place son corsage et poussa la porte. Un homme attablé se redressa sur sa chaise, remonta la monture de ses lunettes et replaça d'un geste rapide une mèche rebelle qui lui barrait le front.

Elle sut directement vers quelle table se diriger et il n'hésita pas une seconde à lui rendre le sourire qui éclairait son visage de mamy bien mise. Elle s'assit en face de lui, comme si elle l'avait fait la veille. Pourtant, 40 ans séparait cette scène banale de celle qui lui avait précédée.

Ils se mirent à parler comme s'ils s'étaient vus le jour d'avant et leur complicité retrouvée effaça toutes ces années où chacun avait vécu sa vie. Ils se souvenaient de tout. De rien. Quelle importance ? Ils étaient bien. Le temps n'avait plus de minutes ni de secondes, il était une bouffée d'oxygène qui remplissait leurs poumons en vue d'une seconde vie.

Passé, présent et avenir se bousculaient en des mots simples : ils étaient encore en vie, sur la même terre, pour quelques années encore...

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02/11/2010

La différence



L'arbre vit ses feuilles jaunir et tomber à ses pieds. Il pensa à l'hiver qui l'attendait, il frissonna et se réjouit d'accueillir à nouveau le printemps.

L'homme vit ses cheveux blanchir et tomber sur ses épaules. Il pensa à l'hiver qui l'attendait, il soupira et accueillit ses petits-enfants.

L'arbre ne put que regarder les saisons qui passaient mais l'homme en profita pour les compter, les vivre, les chanter, les pleurer et les partager avec ceux qu'il aimait.

C'est là, toute la différence...

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