26/02/2011

L'attente chez le médecin



Deux heures d'attente chez le médecin. Pas question de saisir un de ces magazines infectés ! Que faire alors ?
J'ai oublié mon GSM à la maison. Incroyable, il me suit partout. Deux heures d'attente sans pouvoir rien faire. C'est long !

J'observe. C'est fou ce que les gens ont peur de se regarder : le regard fuyant des salles d'attente... Bizarre !
Sept personnes avant moi. Tous des hommes. Ils n'ont pas laissé de siège vide entre eux. Secrètement, j'espère que certains sont ensemble. Le petit jeune là, il ressemble fort au monsieur plus âgé, à ses côtés... Peut-être son grand-père ? Cela me ferait gagner une place !

Encore un homme qui entre... Ils n'ont pas honte : tous jouent avec leur GSM qu'ils n'ont pas oublié chez eux, eux ! Je sens que quelqu'un va m'appeler... En plus, je voulais vider ma mémoire, c'est toujours dans la salle d'attente du médecin que je fais ça. Ah, voilà une vieille dame. Elle choisit un magazine. Ils sont donc trois à lire : deux, un bouquin perso et puis cette dame, un magazine infecté.

Le jeune homme va aux toilettes. Quelle horreur, en voilà encore un de nid à microbes ! Il ne se lave même pas les mains en sortant. Le monde est fou... Allez, ça diminue : plus que deux personnes avant moi. Finalement, il y avait deux paires. Pfff, que c'est long !

Je pense à ne plus penser tellement l'ambiance silencieuse m'accable. Il fait chaud. J'avais un livre à terminer moi aussi. Pas pris... C'est vrai ça, il est presque 17h... L'horodateur ! Je n'ai pas mis assez de monnaie, l'angoisse me gagne : si la fliquette passe, suis foutue, elle m'a déjà eue deux fois. On se calme, elle a autre chose à faire en cette fin de journée. Quelle barbe, tous ces bips de GSM ! Tiens, la dame en face de moi a une filante à son bas... Ce n'est pas vrai, voilà que son sac sonne aussi. A son âge ? Elle parle à sa fille que j'entends comme si j'avais l'oreille collée à l'appareil. Pourquoi crie-t-on si fort dans les GSM ? Elle sera en retard pour le souper. Moi aussi ! Bizarre, elle parle en français mais quand son interlocutrice lui demande combien de personnes sont encore avant elle, elle répond : cinque !

La voilà qui chipote dans son sac. Elle fouille. Elle a faim car elle en retire un speculoos qu'elle débale bruyament avant de le grignoter sans complexe. Et crac et crac et crac ! Ce bruit m'énerve... Je n'entends plus que lui et le bruit de pages que mon voisin de droite tourne violemment. Peut-être pour couvrir le bruit Lotus grignoté. Ouf, c'est fini mais la voilà qui replonge avec détermination dans son énorme sac. L'air satisfait, elle en retire un second engin de torture. Et recroque !

Je me demande si la plume de mon stylo qui gratte ses mots sur du mauvais papier les dérange. Je l'espère secrètement et je me mets volontairement à écrire plus vite, d'une pression plus forte. Bien fait ! La porte du cabinet médical s'ouvre : bientôt mon tour... Ils seront trois après moi : 7 + 3 = 10, plus les patients que je n'ai pas vus, à la première heure de consultation... Du travail à la chaîne. Quel drôle de système que ces malades qui se suivent à la queue leu leu.

Allez, suis en bout de queue ou presque, suis la malade suivante, l'angine rouge ou peut-etre la blanche, on verra. Je range mon carnet et mon stylo. La porte s'ouvre : l'au revoir au monsieur, le bonjour à la dame, et je suis avec le médecin. Enfin !

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

24/02/2011

Où étais-je donc ?



Le silence était tellement fort qu'il en devenait un bruit. Un drôle de bruit comme un écoulement. L'obscurité était tellement forte, qu'elle en devenait parsemée de points colorés. Des points aux formes changeantes comme des étoiles. L'odeur était si forte, l'humidité si humide que l'on se serait cru dans une grotte. Où étais-je donc ?

Le silence devint bruit, l'obscurité s'illumina, l'odeur disparut et l'humidité devint glaciale. Plus de grotte mais une grande solitude dans un univers hostile et pourtant si aimable. Ou aimant, c'est selon. Où étais-je donc ?

Certains diront : dans un rêve, à coup sûr. D'autres plus timides : au bord d'une falaise, peut-être.... A moins qu'il ne s'agisse du récit d'un accidenté, il parait qu'en cas de coma... ou d'une noyade, pourquoi pas ? Alors, où étais-je donc ?

Mes oreilles me firent mal à cause du frottement, mes yeux brulèrent à cause de la luminosité, on me coinça le nez, on me tordit le cou, on me secoua de tout mon être et on me ficella d'une douceur inconnue. Où étais-je donc ?

En vie, tout simplement... J'aime imaginer ainsi ma naissance puisque la mémoire ne m'autorise pas à m'en souvenir.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

19/02/2011

L'imaginaire perdu et retrouvé



Un mot m'inspira une phrase puis tous les mots se donnèrent la main et m'entrainèrent dans de belles aventures. Ensuite, il n'y eut plus de mots, plus de chaîne et encore moins d'aventure.

La spirale de la vie m'aspira dans l'oral et l'écrit s'envola laissant choir les phrases sur le tapis de mon existence. A regret.

Je viens de trébucher sur l'une de ces phrases. Je l'ai ramassée et elle m'a souri. Ne riez pas, une phrase peut sourire, dans le monde de l'imaginaire ! Le monde de l'imaginaire ? Voilà le mot qui me manquait, le mot ayant laché les autres, rompant de la sorte la chaîne de mes phrases créatrices de mes belles aventures.

Alors, l'imaginaire sous le bras, je m'en vais dès ce soir au gré des mots ! A bientôt...

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