23/10/2008

Distraction

Une paire de lunettes abandonnée sur une table de café. Un journal ouvert sur un banc du parc public, effeuillant au vent ses derniers articles. Un trousseau de clefs figé dans la serrure d’une porte fermée, une pièce de dix cents au fond d’une poche, un mouchoir au creux d’un fauteuil, un enfant à la grille d’une école, un être cher seul dans un cimetière sans âge.
Tous ces objets oubliés, tous ces êtres négligés ont le point commun d’avoir compté pour nous, un moment, un jour, une saison, toute une vie.
Ne laissons pas le vide s’emparer de ces choses et de ces personnes, restons vigilants de toujours les avoir au fond de soi.
Les lunettes sur le nez, le journal sous le bras, les clefs à la ceinture, les dix cents dans le porte-monnaie, l’enfant par la main et le défunt dans mon coeur, je traverse la rue et je rentre chez moi, l’esprit tranquille…

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

04/10/2007

Quand luit la flamme

Missing imageDans la nuit, la flamme de la bougie s'agite d'un mouvement dont elle a le secret. Elle seule peut ainsi à la fois éclairer la piéce, mon esprit et mon coeur. Elle réchauffe mes sens et allume mes pensées. Elle anime ma chambre et active mon imaginaire.

Toute petite source de lumière, toute fragile source de chaleur, elle crée l'ambiance intimement confortable à l'atmosphère cruellement morne d'une pièce hivernale. Et de la voir danser, je me perds en pas de mots. Et de l'entendre chanter, je me noie de notes de phrases immortelles que la clarté pure de sa mèche m'aide à coucher sur le papier.

La cire s'écoule, tandis que mes chapitres s'étalent. Je me presse d'écrire ce que j'ai à écrire car la matière se fait rare sur le bougeoir au risque de me plonger dans le noir.
Puis la clarté vacille et mes yeux se fatiguent, ma main devient hésitante et la flamme disparaît sans un bruit. Je n'ai plus de feu, je n'ai plus de mots alors, dans l'obscurité revenue, je referme mon cahier.

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)