23/11/2009

D = D = D

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Le dé se dandine sur la table : il n'a pas envie de jouer. Les doigts contrariés de Dany le saisissent et le lancent violemment sur le plateau de jeu. Le dé se dit qu'il en a plein le dos de se faire secouer ainsi et s'arrête net, à cheval sur l'arête du jeu. Cassé, hurle une voix d'enfant !

A demi étourdi des tours et détours que le petit garçon lui fait à nouveau subir, le dé se repose un instant sur le deux. Perdu, crie une petite fille tandis que le Dany, furax, empoigne le dé et le jette à nouveau comme si personne n'avait vu qu'il trichait.

S'enchaînent ensuite des cris, des pleurs, des coups de pieds et notre ami le dé termine la partie seul au milieu de la table désertée.

Il n'est pas bon d'être dé, dites-moi !

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

15/11/2009

Microbes sur le D

Le temps passe, le temps file et je n'ai pas encore jeté les dés !
Je m'en vais faire dodo et je reviens demain avec sous le bras, un tas de D plus fous les uns que les autres...
Dites donc, vous ne croyiez pas que je vous avais oubliés ?

Et pour vous faire patienter, ces quelques mots de saison...




Je suis partout, votre vie est mon univers. Si l’été je somnole, aux premiers signes de frima, je me réveille avec entrain.
Je rampe sur les surfaces dures, je gigote dans les liquides, je m’enfonce dans les crevasses et je me cramponne sur les étoffes. J’adore l’humidité de vos aisselles, la chaleur de vos replis, l’intimité de votre bouche.

Vous ne pouvez ni me voir, ni me sentir, ni même m’entendre car la nature m’a fait si petit. Pourtant, je suis partout avec vous, sur vous, en vous.
Si vous saviez comme cela est triste de ne pas pouvoir communiquer avec vous qui partagez ma vie. Alors, dès que je le peux, je m’active afin que vous sachiez que je suis là à vos côtés. Je gonfle vos tissus, je rougis votre peau, je fais battre votre pouls ou encore je me loge au fond de votre gorge mais jamais vous ne semblez satisfaits de ces marques d’attention et vous cherchez à vous débarrasser de moi. Vous éternuez, vous toussez, vous expectorez, vous désinfectez, vous arrachez, vous opérez, vous arrosez de produits brûlants ou encore vous m’atteignez en plein cœur, par voie lymphatique ou sanguine, à l’aide de je ne sais quelle substance médicamenteuse.

Avez-vous déjà pris la peine de chercher à me connaître ?
Jadis, vous avez inventé un superbe instrument à cet usage et l’électronique vous apporte désormais la possibilité de me voir en couleurs, en trois dimensions, en mouvement ou en coupe transversale.
Si vous saviez comme j’aimerais être reconnu mais la nature est ainsi faite, je mets en péril votre vie et c’est vous qui, pour sauver la vôtre, à chaque occasion, m’assassinez : les microbes n’ont pas droit de vie dans le monde des hommes.
À chaque mutation, à chaque attaque, à chaque épidémie, vous réagissez. Parfois même vous anticipez. Le combat n’est pas équitable et c’est pourquoi, au bout du compte, nous nous avouons vaincus et disparaissons à tout jamais.

À moins que, quelque part, nous attendions notre heure, tapis dans une cellule congelée d’un pôle ou encore au fond de l’épuisette d’un chercheur fou…

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)