07/12/2010

Promenade hivernale


Le froid me rougit les joues et me glace les narines mais je poursuis ma route. Les semelles alourdies de neige, les orteils s'engourdissant de gel, je marche. Les bois sont magiques en cette saison, ils regorgent de paysages cartes postales qui feront la joie des prochains calendriers que l'on distribuera une fois l'an nouveau officiellement installé. J'avance. Le silence fait crisser le creux de mes empreintes sur le tapis blanc immaculé de la clairière qui m'accueille à bras ouverts. Je progresse. Où vais-je de si bon matin ?

Deux skieurs de fond me dépassent. Ils sont rapides et souples mais je n'accélère pas le pas. Je marche. Sur la droite, un oiseau agite quelques branches et la neige s'en sépare en un merveilleux brouillard de poudre presque scintillante, sous le timide soleil qui tente désespérément de percer la couche nuageuse de ce frisquet dimanche. Je continue, le sourire au lèvres. Pourquoi m'arrêterais-je de si bon matin ?

Tiens, les traces d'un animal ! Un chat peut-être, ou plutôt un chien. A moins que ce ne soit un animal sauvage. Peu importe, je poursuis mon rythme. Le chemin monte puis tourne, redescend puis se perd à nouveau dans une forêt plus serrée d'arbres gigantesques. Ils s'élancent sveltes et élégants vers le ciel mais ne semblent pas souffrir du froid qui les entoure. Moi non plus. Je marche. Pourquoi frissonnerais-je de si bon matin ?

Tout à coup, la chaleur. L'arrêt brutal. Le bruit. Quel bruit ? Je regarde à droite : l'oiseau a disparu. Il n'y a plus ni skieurs, ni forêt profonde mais mon réveil strident qui me rappelle qu'il est grand temps de me lever...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

20/12/2009

Il neige

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Tombe la neige sur le petit village. Elle recouvre le paysage lui donnant ainsi un air de carte postale. Tout se fige sous le frima, à l’exception des fumées s’élevant des cheminées.
Depuis midi, les flocons tombent du ciel, tandis que les fumées y montent lentement. Un croisement subtil, un échange des dieux vers l’Homme et des hommes vers Dieu.

Le silence règne. Tout se transforme sous la baguette de Dame Nature sans qu’aucun bruit n’altère l’impression de plénitude que ce spectacle crée en moi.Je suis en dehors du décor que je pourrais, si je le voulais, dessiner du bout du doigt sur la vitre de ma cuisine. Mais, pourquoi gâcher l’œuvre qui se crée devant mes yeux, pourquoi y apporter un subjectif mouvement qui le ferait basculer dans le réel de ma conscience ?
Je veux garder en moi ce sentiment étrange qui me prend à l’estomac, comme à chaque événement exceptionnel.
Serait-ce cela le Bonheur ?
Je suis seule et je n’ai pas envie de partager ce moment. Egoïstement, je veux le voler, le garder, le calfeutrer dans ma mémoire, afin qu’il rejaillisse lors des moments difficiles, de joies intenses, de nuits sans sommeil.

Un oiseau traverse le ciel. Ses ailes caressent, l’espace d’un instant, les volutes de fumée de la maison de mon voisin. On dirait qu’il prend plaisir à y planer quelques secondes, avant de s’éloigner.
Le voici qui revient. Peut-être se réchauffe-t-il le bout des plumes. Cette pensée me fait sourire. Je suis bien.
Comme j’aime ces moments de solitude où, telle cet oiseau, je suis libre. Libre de caresser des yeux la beauté de la nature, vierge des Hommes et de leurs contraintes.

Un bruit me fait sursauter. Des lumières colorent d’orange l’horizon. Une masse sombre macule mon étendue blanche, jusque là immaculée.
Le camion d’épandage a tout gâché, me faisant brutalement tomber du sublime au réel quotidien : il me reste deux mannes de linge à repasser !

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

08/01/2009

Petit conte d'hiver

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L'hiver venait de chasser l'automne mais l'automne avait tardé à quitter les lieux et il faisait déjà terriblement froid. Depuis quelques jours, le vent était piquant et la ville baignait dans une luminosité annonciatrice de chutes de neige.
Les bourrasques glacées figeaient l'humidité, couvrant trottoirs et maisons d'une pellicule blanche.
Le décor était hivernal à coup sûr et en cette période de vacances de Noël, les enfants guettaient le moindre flocon, les gants, bottes et traîneaux fins prêts à affronter les frimas pour quelques instants de glisse.

Il apparut timide, tâta l'air et se dit qu'il faisait vraiment trop froid. Il se ravisa, se gonfla de courage et se persuada qu'il était temps. Il fit un pas, puis deux, puis trois et il se jeta dans le vide. Une chute lente, vertigineuse, faite de hauts et de bas, d'écarts à gauche, de loopings à droite mais avec au fond du cœur la détermination du débutant.

Il vit de beaux paysages, des sommets, des vallées, des clochers, des toits, des arbres, des buissons, des chats, des oiseaux, des herbes gelées et le trottoir. Il s'assit dessus et se reposa un moment.
Le vent l'emporta et il le déposa sur le rebord du chapeau de madame Gertrude qui ne le vit pas.
Hugo, son neveu, sauta de joie en l'apercevant tout à coup sur la coiffe de la vieille dame :
- "Taty, Taty, il neige ! " et le petit flocon de neige fondit d'émotion.

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

24/11/2008

Quand tombe la neige


Un petit flocon tournait en rond. Il vint se poser sur mon front
Il glissa le long de mon nez et se fixa sur le coin de ma bouche
Mon souffle l’aspira et il se perdit sur ma langue où il fondit rapidement.

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Une nuée de flocons apparut ensuite, elle voltigea autour de moi et s’écrasa de plein fouet sur mon visage. Trempés, mes cheveux se collèrent sur mon crâne tandis que mes cils tentaient en vain de protéger mes yeux inondés.
A ce moment, je me rendis compte que je venais de dévorer l’un d'eux. Je voulus m’excuser mais ils n’entendirent rien tant leur manège était vif. Alors je pris mes jambes à mon cou et j’interrompis ma balade.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)