17/11/2012

L'envie d'avoir envie



Ecrire ou ne pas écrire ? Là est la question !
Sur une feuillle blanche, se penche un crayon. Il a déjà bien vécu, sa mine n'a de mine qu'une pointe ronde à l'allure grossière et sa gomme n'est plus que l'ombre d'elle-même. Qui donc l'a ainsi mordillée ?

Ecrire, qu'écrire ? Là est la question !
Sur la feuille blanche, une main tient le crayon. Elle a déjà tant vécu, sa mine est défaite et son imagination n'est plus ce qu'elle était. Qui donc l'a ainsi perturbée ?

Suis-je ce crayon ou cette main ?

Au clair de la lune, mon ami Pierrot, je vais bien écrire un mot que je sois main ou crayon : il me reste mon autre main pour saisir le taille-crayon et puis n'ai-je pas mille autres trésors dans mon plumier rangé depuis tant d'années sur le coin de la table ? Il n'a pas changé, juste un peu déformé par le temps. Le taille s'y trouve encore et sous un gros marqueur rouge un peu séché, je découvre une gomme toute neuve. Alors, je l'écris ce mot ?

Ecrire ou ne pas écrire? Là n'est plus la question !
Soudain avec une avidité inattendue, la main serre fortement le crayon et ensemble ils tracent sans plus attendre quatre mots magiques sur la feuille blanche : Il était une fois...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

10/10/2011

Retour peu attendu



Il est arrivé sans même que je m'en rende compte. Sur la pointe des pieds. Il m'avait bien semblé sentir son odeur mais je me disais qu'il était trop tôt pour qu'il revienne. Il est revenu en laissant quelques traces de son passage. Il n'est pas resté. Il est passé et m'a laissé l'assurance qu'il allait revenir. Il est comme ça, timide puis avec le temps, il s'affirme, ses traces devenant des marques, des empreintes indélébiles qui mettent des mois à disparaître.

Ne cherchez pas à le retenir. Ne tentez pas de le chasser. Il va et vient comme il l'entend, sans crier gare, sans violence, avec juste une pointe de fermeté.

Il est beau gosse. Il est sauvage et capricieux. Il aime la liberté, le calme et le chaos en même temps. Il est artiste quand il utilise sa palette de peintures pour vous offrir son plus beau tableau. Il est fort, avec un rien nostalgique. Il est tonique, avec un tout anarchique.

Il est passé chez moi, incognito et de nuit : les matins s'en souviennent mieux que les soirs. Il semble désormais sur le point de s'installer, il est prêt, à l'affût d'un signe, d'un geste, d'une date anniversaire car il aime la ponctualité même si parfois il est en avance ou en retard.

Il est arrivé sans même que je m'en rende compte. Sur la pointe des pieds. J'ouvre ma porte, je respire à pleins poumons : l'automne est de retour, qu'on se le dise !

Écrit par Hollynx   |     |   |   4 passage(s)

12/04/2011

Le papillon et l'enfant



L’enfant contemplait le papillon. Son regard le caressait tandis que l’insecte survolait la nature du printemps. Le petit garçon n’avait jamais pris la peine de le regarder ainsi et on aurait dit que l’animal, sentant son admiration, dansait une danse des fleurs rien que pour lui : une marguerite par-ci, un bouton d’or par-là et les deux nouveaux amis s’en donnaient à cœur joie.

Survint alors un gros bourdon qui, de son air bougon, toisa le petit papillon et fit mine d’attaquer le petit garçon. Va-t-en sale bête !, hurla l’enfant effrayé mais l’insecte peu sympathique fit le tour de sa tête en prenant bien soin de bourdonner au creux de ses oreilles, des mots que seuls les insectes piquants peuvent comprendre. Sous la menace, le petit garçon se mit à pleurer si fort que le papillon en sentit son cœur se briser. Va-t-en vilaine créature !, vociféra le copain de l’enfant mais en vain car cela eut pour effet d’augmenter son agressivité, si bien qu’il fonça la tête la première vers son rival volant.

Le choc fut violent et le bourdon, après un virage à gauche, s’envola vers l’horizon où il disparut rapidement. Nos deux amis restèrent quelques instants dans le doute d’un retour possible mais le calme était revenu. Alors, le papillon redressa ses ailes pliées, le petit garçon sécha ses larmes et tandis que l’un survolait à nouveau la nature du printemps, l’autre le contempla, le sourire aux lèvres.

Cette histoire n’est pas possible, me direz-vous : jamais on n’a vu un papillon tenir tête à un bourdon, résister à un tel choc d’attaque et enfin lisser ses ailes pliées comme s’il ne c’était rien passé. Ah bon ? Ce n’est pas possible, ça ? Mais, vous répliquerai-je, dans le monde imaginaire tout est possible ! La preuve, le petit papillon vient de se poser sur mon clavier et le petit garçon m’appelle, au fond du jardin…

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

24/03/2011

Le petit bonhomme jaune

Il était une planète bleue où vivait un petit bonhomme jaune. Amoureux du soleil, il se baladait gaiement dans la campagne.

En ce temps-là, la campagne était terne et cela attristait le petit bonhomme jaune. La campagne était son amie et il aurait tant aimé la voir heureuse sous ses pas.

Un matin, alors qu'il traversait une vallée sans tons, il se mit à courir. Il courut loin, loin, loin, jusqu'à la ligne d'horizon. Là, il gonfla ses poumons et il se mit à souffler, souffler, tant qu'il put. Dans un premier temps, il ne se passa rien puis, son souffle coula tel un ruisseau dans la vallée grise qui, petit à petit, se colora de la brume jaune qui jaillissait de ses poumons.

Du jaune en quantité se déversait de ses lèvres en une multitude d'éclabousures qui, au contact du sol bleu, rebondissaient en des milliers de gouttelettes jaunes se teintant de vert, pour finalement ne plus former qu'une immensité verte.

Le petit bonhomme jaune s'essuya la bouche, le nez et des larmes de joies tombèrent sur ce tapis vert qui, imposant, se déroulait devant lui, . Pris de panique, le petit bonhomme crut avoir tout gâché mais très vite, il réalisa que sa création était parfaite : il venait de peindre la plus jolie vallée verdoyante où brillaient ça et là de merveilleux boutons d'or.



Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

26/02/2011

L'attente chez le médecin



Deux heures d'attente chez le médecin. Pas question de saisir un de ces magazines infectés ! Que faire alors ?
J'ai oublié mon GSM à la maison. Incroyable, il me suit partout. Deux heures d'attente sans pouvoir rien faire. C'est long !

J'observe. C'est fou ce que les gens ont peur de se regarder : le regard fuyant des salles d'attente... Bizarre !
Sept personnes avant moi. Tous des hommes. Ils n'ont pas laissé de siège vide entre eux. Secrètement, j'espère que certains sont ensemble. Le petit jeune là, il ressemble fort au monsieur plus âgé, à ses côtés... Peut-être son grand-père ? Cela me ferait gagner une place !

Encore un homme qui entre... Ils n'ont pas honte : tous jouent avec leur GSM qu'ils n'ont pas oublié chez eux, eux ! Je sens que quelqu'un va m'appeler... En plus, je voulais vider ma mémoire, c'est toujours dans la salle d'attente du médecin que je fais ça. Ah, voilà une vieille dame. Elle choisit un magazine. Ils sont donc trois à lire : deux, un bouquin perso et puis cette dame, un magazine infecté.

Le jeune homme va aux toilettes. Quelle horreur, en voilà encore un de nid à microbes ! Il ne se lave même pas les mains en sortant. Le monde est fou... Allez, ça diminue : plus que deux personnes avant moi. Finalement, il y avait deux paires. Pfff, que c'est long !

Je pense à ne plus penser tellement l'ambiance silencieuse m'accable. Il fait chaud. J'avais un livre à terminer moi aussi. Pas pris... C'est vrai ça, il est presque 17h... L'horodateur ! Je n'ai pas mis assez de monnaie, l'angoisse me gagne : si la fliquette passe, suis foutue, elle m'a déjà eue deux fois. On se calme, elle a autre chose à faire en cette fin de journée. Quelle barbe, tous ces bips de GSM ! Tiens, la dame en face de moi a une filante à son bas... Ce n'est pas vrai, voilà que son sac sonne aussi. A son âge ? Elle parle à sa fille que j'entends comme si j'avais l'oreille collée à l'appareil. Pourquoi crie-t-on si fort dans les GSM ? Elle sera en retard pour le souper. Moi aussi ! Bizarre, elle parle en français mais quand son interlocutrice lui demande combien de personnes sont encore avant elle, elle répond : cinque !

La voilà qui chipote dans son sac. Elle fouille. Elle a faim car elle en retire un speculoos qu'elle débale bruyament avant de le grignoter sans complexe. Et crac et crac et crac ! Ce bruit m'énerve... Je n'entends plus que lui et le bruit de pages que mon voisin de droite tourne violemment. Peut-être pour couvrir le bruit Lotus grignoté. Ouf, c'est fini mais la voilà qui replonge avec détermination dans son énorme sac. L'air satisfait, elle en retire un second engin de torture. Et recroque !

Je me demande si la plume de mon stylo qui gratte ses mots sur du mauvais papier les dérange. Je l'espère secrètement et je me mets volontairement à écrire plus vite, d'une pression plus forte. Bien fait ! La porte du cabinet médical s'ouvre : bientôt mon tour... Ils seront trois après moi : 7 + 3 = 10, plus les patients que je n'ai pas vus, à la première heure de consultation... Du travail à la chaîne. Quel drôle de système que ces malades qui se suivent à la queue leu leu.

Allez, suis en bout de queue ou presque, suis la malade suivante, l'angine rouge ou peut-etre la blanche, on verra. Je range mon carnet et mon stylo. La porte s'ouvre : l'au revoir au monsieur, le bonjour à la dame, et je suis avec le médecin. Enfin !

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

19/02/2011

L'imaginaire perdu et retrouvé



Un mot m'inspira une phrase puis tous les mots se donnèrent la main et m'entrainèrent dans de belles aventures. Ensuite, il n'y eut plus de mots, plus de chaîne et encore moins d'aventure.

La spirale de la vie m'aspira dans l'oral et l'écrit s'envola laissant choir les phrases sur le tapis de mon existence. A regret.

Je viens de trébucher sur l'une de ces phrases. Je l'ai ramassée et elle m'a souri. Ne riez pas, une phrase peut sourire, dans le monde de l'imaginaire ! Le monde de l'imaginaire ? Voilà le mot qui me manquait, le mot ayant laché les autres, rompant de la sorte la chaîne de mes phrases créatrices de mes belles aventures.

Alors, l'imaginaire sous le bras, je m'en vais dès ce soir au gré des mots ! A bientôt...

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

30/01/2011

Le temps et rien d'autre...



Un beau matin, j'ai rencontré le temps sur la route de la vie. Il m'a dit de le suivre, sans jamais me retourner. C'est ce que j'ai fait mais après quelques mètres, j'ai cherché à le rattraper pour lui demander de m'expliquer pourquoi je devais marcher toujours droit devant et il a accéléré le pas. J'ai alors tenté de l'arrêter mais là non plus, je n'y suis pas parvenue.

Le temps filait, sautait les obstacles, toujours plus vite, toujours plus rapide, tandis que je le suivais essoufflée, sans pouvoir rien savoir. Sur le bord de la route, il y avait des tas de gens qui avaient réussi à arrêter le temps : ils étaient blèmes, le regard fixe. Alors, j'ai continué à lui ai emboîter le pas, sans perdre une seconde, sans chercher à comprendre. Nous sautions presqu'ensemble les obstacles sur un chemin qui me paraissait désormais si facile.

Soudain, le temps s'est retourné, il m'a souri et a ralenti l'allure. J'ai freiné moi aussi avant de jeter un regard en arrière. Puis, j'ai repris la route sans me presser et sans plus me poser de questions, le laissant me devancer vraiment.

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

07/12/2010

Promenade hivernale


Le froid me rougit les joues et me glace les narines mais je poursuis ma route. Les semelles alourdies de neige, les orteils s'engourdissant de gel, je marche. Les bois sont magiques en cette saison, ils regorgent de paysages cartes postales qui feront la joie des prochains calendriers que l'on distribuera une fois l'an nouveau officiellement installé. J'avance. Le silence fait crisser le creux de mes empreintes sur le tapis blanc immaculé de la clairière qui m'accueille à bras ouverts. Je progresse. Où vais-je de si bon matin ?

Deux skieurs de fond me dépassent. Ils sont rapides et souples mais je n'accélère pas le pas. Je marche. Sur la droite, un oiseau agite quelques branches et la neige s'en sépare en un merveilleux brouillard de poudre presque scintillante, sous le timide soleil qui tente désespérément de percer la couche nuageuse de ce frisquet dimanche. Je continue, le sourire au lèvres. Pourquoi m'arrêterais-je de si bon matin ?

Tiens, les traces d'un animal ! Un chat peut-être, ou plutôt un chien. A moins que ce ne soit un animal sauvage. Peu importe, je poursuis mon rythme. Le chemin monte puis tourne, redescend puis se perd à nouveau dans une forêt plus serrée d'arbres gigantesques. Ils s'élancent sveltes et élégants vers le ciel mais ne semblent pas souffrir du froid qui les entoure. Moi non plus. Je marche. Pourquoi frissonnerais-je de si bon matin ?

Tout à coup, la chaleur. L'arrêt brutal. Le bruit. Quel bruit ? Je regarde à droite : l'oiseau a disparu. Il n'y a plus ni skieurs, ni forêt profonde mais mon réveil strident qui me rappelle qu'il est grand temps de me lever...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

09/11/2010

Il était deux fois

Missing image

La vieille dame redressa son chapeau mou, étira sa nuque quelque peu engourdie, mis en place son corsage et poussa la porte. Un homme attablé se redressa sur sa chaise, remonta la monture de ses lunettes et replaça d'un geste rapide une mèche rebelle qui lui barrait le front.

Elle sut directement vers quelle table se diriger et il n'hésita pas une seconde à lui rendre le sourire qui éclairait son visage de mamy bien mise. Elle s'assit en face de lui, comme si elle l'avait fait la veille. Pourtant, 40 ans séparait cette scène banale de celle qui lui avait précédée.

Ils se mirent à parler comme s'ils s'étaient vus le jour d'avant et leur complicité retrouvée effaça toutes ces années où chacun avait vécu sa vie. Ils se souvenaient de tout. De rien. Quelle importance ? Ils étaient bien. Le temps n'avait plus de minutes ni de secondes, il était une bouffée d'oxygène qui remplissait leurs poumons en vue d'une seconde vie.

Passé, présent et avenir se bousculaient en des mots simples : ils étaient encore en vie, sur la même terre, pour quelques années encore...

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

02/11/2010

La différence



L'arbre vit ses feuilles jaunir et tomber à ses pieds. Il pensa à l'hiver qui l'attendait, il frissonna et se réjouit d'accueillir à nouveau le printemps.

L'homme vit ses cheveux blanchir et tomber sur ses épaules. Il pensa à l'hiver qui l'attendait, il soupira et accueillit ses petits-enfants.

L'arbre ne put que regarder les saisons qui passaient mais l'homme en profita pour les compter, les vivre, les chanter, les pleurer et les partager avec ceux qu'il aimait.

C'est là, toute la différence...

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

16/10/2010

Le détour

Missing image

Il avait toujours envisagé sa vie comme un long chemin rectiligne, parfois pentu mais très souvent plat. Il s'y promenait les bras ballants, un pas puis l'autre, sans jamais se retourner.
Sur les bas-côtés, il découvrait ci et là de bien belles choses et s'y attardait, à l'occasion. Il n'avait pour bagage qu'un petit sac sans formes où il glissait de petits souvenirs glanés au fil des jours.
C'était un solitaire. Il avait bien emboîté le pas d'un ou l'autre marcheur mais sans plus.

Un matin, il décida de ralentir le pas, un peu las. Il prit alors un raccourci, juste sur la gauche, sans trop savoir pourquoi. Cette bifurcation l'amena face à une rivière. Il la reconnut sur le champ : jadis il y avait trempé les pieds. Aussitôt, il se déchaussa et s'y enfonça jusqu'à la taille, ce qu'il n'avait jamais osé faire auparavant.
Il fut surpris de l'effet salutaire que cette eau fraîche apportait à son corps fatigué. Il était bien, en toute complicité avec cette amie d'autrefois que jamais il n'avait oubliée, malgré les kilomètres de route qui les avaient séparés durant des années.

Il resta de longues minutes à profiter du bienfait des remous du cours d'eau puis il enfila à nouveau ses chaussures de marche.
Il reprit la route, le sourire aux lèvres et dans le coeur, l'espoir de pouvoir suivre la rivière le plus longtemps possible.

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

08/10/2010

Penser ou ne pas penser ?

Il m'arrive de penser à ce que je n'ai pas accompli. Parfois, il m'arrive d'accomplir ce que je n'avais pas pensé.
Et puis, il m'arrive d'accomplir ce que j'avais pensé. Je me demande ce qui est le meilleur...

Ce matin, je n'ai pas regardé le soleil. Ce soir, j'ai vu la pleine lune en sortant les poubelles.
Et puis là, j'écris ces mots que je choisis, juste avant de m'endormir : le soleil était radieux, ce matin et la lune cachée, ce soir...



Chaque instant n'appartient qu'à lui, profitons-en sur le moment, tout simplement.
Et puis, n'y pensons plus !

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

01/10/2010

Une drôle d'idée

VOID

Une idée traverse mon esprit, je l'attrape au vol et décide illico de la fixer sur papier. Plus de papier ! Restons in, voyons.
Ah, bon...

Une idée surgit donc de nulle part et hop, se retrouve décortiquée, dépecelée sur les touches de mon clavier.
Quelle drôle d'idée !

La voilà qui se lance en lettres tapées, en syllabes composées, en mots unis au bout de mes doigts.
Où est-elle mon idée parmi ces voyelles, ces consonnes, ces points et ces Delete ou encore ces Ctrl-V Y ou Z ? Elle n'est rien. Elle n'est pas là...
Ah, la voilà... Je tape à nouveau, je regarde, je cherche, je vérifie, j'Escape et, surtout, je Ctrl-S mais je n'ai plus le temps de vivre mon idée, de vivre tout ce que j'écris. De toute façon, je n'écris pas, je tape !

Au diable ce clavier, une fausse manœuvre et tout a disparu ! Où se cache mon idée ? Qui a vu mon idée ? Retrouvez mon idée !
Comment ça, elle s'est effacée ?... Je n'ai plus d'idée ?...

Une idée traverse mon esprit, je me lève, je sors un bloc tout neuf de mon tiroir, j'empoigne mon plus beau stylo, je lui souris et j'écris (avec une tendresse infinie) ces quelques mots, sur la première ligne : Il était une fois...

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

24/12/2009

Tout simplement...

Missing image


Peu importe les mots
Peu importe l'orthographe
Peu importe la syntaxe
En ce jour de Noël, la magie des mots est l'amour

Joyeux Noël à toutes et à tous...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

20/12/2009

Il neige

Missing image

Tombe la neige sur le petit village. Elle recouvre le paysage lui donnant ainsi un air de carte postale. Tout se fige sous le frima, à l’exception des fumées s’élevant des cheminées.
Depuis midi, les flocons tombent du ciel, tandis que les fumées y montent lentement. Un croisement subtil, un échange des dieux vers l’Homme et des hommes vers Dieu.

Le silence règne. Tout se transforme sous la baguette de Dame Nature sans qu’aucun bruit n’altère l’impression de plénitude que ce spectacle crée en moi.Je suis en dehors du décor que je pourrais, si je le voulais, dessiner du bout du doigt sur la vitre de ma cuisine. Mais, pourquoi gâcher l’œuvre qui se crée devant mes yeux, pourquoi y apporter un subjectif mouvement qui le ferait basculer dans le réel de ma conscience ?
Je veux garder en moi ce sentiment étrange qui me prend à l’estomac, comme à chaque événement exceptionnel.
Serait-ce cela le Bonheur ?
Je suis seule et je n’ai pas envie de partager ce moment. Egoïstement, je veux le voler, le garder, le calfeutrer dans ma mémoire, afin qu’il rejaillisse lors des moments difficiles, de joies intenses, de nuits sans sommeil.

Un oiseau traverse le ciel. Ses ailes caressent, l’espace d’un instant, les volutes de fumée de la maison de mon voisin. On dirait qu’il prend plaisir à y planer quelques secondes, avant de s’éloigner.
Le voici qui revient. Peut-être se réchauffe-t-il le bout des plumes. Cette pensée me fait sourire. Je suis bien.
Comme j’aime ces moments de solitude où, telle cet oiseau, je suis libre. Libre de caresser des yeux la beauté de la nature, vierge des Hommes et de leurs contraintes.

Un bruit me fait sursauter. Des lumières colorent d’orange l’horizon. Une masse sombre macule mon étendue blanche, jusque là immaculée.
Le camion d’épandage a tout gâché, me faisant brutalement tomber du sublime au réel quotidien : il me reste deux mannes de linge à repasser !

Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

13/12/2009

Une vie de papier

Missing image

Tout commence par un faire-part de naissance que suivent les photos d'anniversaire, les emballages cadeaux, les cahiers d'école, les cabanes en carton, les dessins pour maman, les cocottes en papier, les copions oubliés, les pense-bêtes improvisés, les premières lettres d'amour, les copains éloignés, le diplôme souhaité, les photos de vacances, le CV envoyé, la lettre d'embauche, l'invitation au mariage, les premières factures, le tonton oublié, les cartes postales et le courrier amical, les livres dévorés, le premier bébé, le procès mal digéré, l'achat de la maison, le dico consulté, la note du super-marché, le concours gagné, l'héritage de mémé et le lotto raté, les dossiers au boulot et le journal dans le métro, la serviette au resto, la boîte à chaussures qui ennuie et la caisse à souvenirs qui enivre et puis, le testament, la liste des médicaments, un faire-part de décès, un billet perdu l'année précédente que l'on retrouve soudain en feuilletant l'album photo d'une vie en papier mâché.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

23/11/2009

D = D = D

Missing image

Le dé se dandine sur la table : il n'a pas envie de jouer. Les doigts contrariés de Dany le saisissent et le lancent violemment sur le plateau de jeu. Le dé se dit qu'il en a plein le dos de se faire secouer ainsi et s'arrête net, à cheval sur l'arête du jeu. Cassé, hurle une voix d'enfant !

A demi étourdi des tours et détours que le petit garçon lui fait à nouveau subir, le dé se repose un instant sur le deux. Perdu, crie une petite fille tandis que le Dany, furax, empoigne le dé et le jette à nouveau comme si personne n'avait vu qu'il trichait.

S'enchaînent ensuite des cris, des pleurs, des coups de pieds et notre ami le dé termine la partie seul au milieu de la table désertée.

Il n'est pas bon d'être dé, dites-moi !

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

15/11/2009

Microbes sur le D

Le temps passe, le temps file et je n'ai pas encore jeté les dés !
Je m'en vais faire dodo et je reviens demain avec sous le bras, un tas de D plus fous les uns que les autres...
Dites donc, vous ne croyiez pas que je vous avais oubliés ?

Et pour vous faire patienter, ces quelques mots de saison...




Je suis partout, votre vie est mon univers. Si l’été je somnole, aux premiers signes de frima, je me réveille avec entrain.
Je rampe sur les surfaces dures, je gigote dans les liquides, je m’enfonce dans les crevasses et je me cramponne sur les étoffes. J’adore l’humidité de vos aisselles, la chaleur de vos replis, l’intimité de votre bouche.

Vous ne pouvez ni me voir, ni me sentir, ni même m’entendre car la nature m’a fait si petit. Pourtant, je suis partout avec vous, sur vous, en vous.
Si vous saviez comme cela est triste de ne pas pouvoir communiquer avec vous qui partagez ma vie. Alors, dès que je le peux, je m’active afin que vous sachiez que je suis là à vos côtés. Je gonfle vos tissus, je rougis votre peau, je fais battre votre pouls ou encore je me loge au fond de votre gorge mais jamais vous ne semblez satisfaits de ces marques d’attention et vous cherchez à vous débarrasser de moi. Vous éternuez, vous toussez, vous expectorez, vous désinfectez, vous arrachez, vous opérez, vous arrosez de produits brûlants ou encore vous m’atteignez en plein cœur, par voie lymphatique ou sanguine, à l’aide de je ne sais quelle substance médicamenteuse.

Avez-vous déjà pris la peine de chercher à me connaître ?
Jadis, vous avez inventé un superbe instrument à cet usage et l’électronique vous apporte désormais la possibilité de me voir en couleurs, en trois dimensions, en mouvement ou en coupe transversale.
Si vous saviez comme j’aimerais être reconnu mais la nature est ainsi faite, je mets en péril votre vie et c’est vous qui, pour sauver la vôtre, à chaque occasion, m’assassinez : les microbes n’ont pas droit de vie dans le monde des hommes.
À chaque mutation, à chaque attaque, à chaque épidémie, vous réagissez. Parfois même vous anticipez. Le combat n’est pas équitable et c’est pourquoi, au bout du compte, nous nous avouons vaincus et disparaissons à tout jamais.

À moins que, quelque part, nous attendions notre heure, tapis dans une cellule congelée d’un pôle ou encore au fond de l’épuisette d’un chercheur fou…

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

30/10/2009

Panique chez Halloween

Missing image
Le fantôme a troqué son drap blanc et se promène désormais sur le balai de Dame sorcière. Celle-ci a préféré le regard de feu de la citrouille qui, à son tour, s'est emparée de la toile de l'araignée que la chauve-souris initie en vain au vol de nuit.

C'est la révolution au monde d'Halloween : aucun n'est satisfait car tous voudraient faire la fête d'une autre façon mais les cauchemars ne l'entendent pas ainsi. Il est vrai qu'un fantôme sur un balai est rigolo, une sorcière aux yeux de citrouille est plutôt jolie, une citrouille aux cheveux toile d'araignée est ridicule et une chauve-souris découragée de remettre une araignée sur ses pattes ne fait peur à personne.

Vraiment, il n'est plus bon d'être sujet à faire peur la nuit d'Halloween !

Écrit par Hollynx   |     |   |   0 passage(s)

23/10/2009

C + C = C

Missing image

C n'est pas content. Imaginez-vous, un intrus lui a volé son identité. De plus, deux individus lui font dire n'importe quoi, tandis qu'un signe venu de nulle part, le transforme à chaque passage.
Vraiment, la vie du c n'est pas une vie simple !

C ne veut pas que vienne pertuber son existence de ci ou de ça, sans son accord, ce n'est plus tolérable.

La semaine dernière, il a même découvert qu'un long cou se frottait sans cesse à lui, tentant de le faire chavirer. Ch...ut, put-il cependant articuler en se débattant mais dans une ribambelle de sons, tous s'acharnèrent : ceci ou ça, qu'est-ce que cela peut te faire, tu cherches la bagarre ?

Notre c en sortit de justesse et dans un cri, il courut vers un camion, culbuta la bâche et se cacha, recouvert d'une couverture à carreaux, sous le regard de curieux complètement déconfis.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

09/10/2009

B + B = B


Missing image


B comme Balthazar, à moins que ça ne soit comme Bernard... baragouinait, balbutiait et bafouillait dans les buissons. Lors d'une balade, le sac en bandoulière et les bras ballants, lors d'un large bâillement, il avait aperçu une sorte de bambin balaise portant balluchon et bonnet blanc.

Baroudeur dans l'âme, Benoît, à moins que ça ne soit Baudouin... aurait bien aimé faire un bout de chemin avec lui mais bizarrement, brouillant les pistes, le bonhomme avait disparu rapidement.

Notre ami sans boussole ni breloque ayant fait quelques pas dans les broussailles dut se rendre à l'évidence : bigre, s'exclama-t-il, quel bêta je fais ! C'est le b.a-ba de tout baladeur : ne jamais abuser de la bière dans les bois...

Et il vit s'envoler un balbuzard, un balafon dans le bec.

Écrit par Hollynx   |     |   |   6 passage(s)

25/09/2009

A + A = A

L’Amitié avec un grand A
C’est de l’amour avec un petit a
C’est comme ça, abracadabra.

L’ambiguïté avec un petit a
C’est de l’Ambivalence avec un grand A
Troublant, abracadabran.

De B à Z, les autres lettres, ont-elles autant de pouvoir ?

Une à une, je les ai étudiées
Toutes, les ai rejetées.
Savez-vous pourquoi ?
Elles ne me ressemblaient pas.

Missing image


Voilà ce que j'écrivais, en 2004 sur ce même blog. J'ai décidé de relever le défi : bientôt la lettre B, histoire de me prouver que j'ai évolué et tenter de rendre vie plus active à mon blog initial...

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

17/09/2009

Grisaille

Il pleut. Les gouttes inondent la rue qui, rapidement, se transforme en torrent. Comment est-il possible qu'une petite goutte plus une petite goutte puissent faire autant d'eau?

J'ai les pieds trempés, les mollets éclaboussés, le dos frigorifié d'humidité. Les doigts serrés sur son manche, je m'accroche désespérément à mon parapluie. Mon parapluie à pois rouges sur toile noire, véritable gageure contre les gouttes de pluie s'écrasant, meurtrières, sur l'étoffe tendue de mon protecteur qui, intrépide, les assassine en filets dégoûlinants.

Missing image

Nous ne faisons qu'un lui et moi car tandis que je dirige son armature, afin que jamais l'eau n'atteigne mon visage, très fier de son rôle, il se garde de protéger ma nouvelle permanente. Il ne me quitte jamais, c'est mon plus fidèle compagnon. Par temps sec, il repose au fond de mon sac, bien installé dans sa housse élastique. A la première gouttelette, je le saisis d'une main rapide et de l'autre je le retire de son étui. Je presse le bouton et sans plus attendre, il s'étale à mon service. S'il venait à disparaître, si je le perdais ou si on me le dérobait, je n'ose imaginer ma détresse. Il n'est pas neuf, il doit dater des années 80. Nous en avons connu des balades, des villes, des aventures, des intempéries, des hivers et des soirées tardives. Quelques étés particulièrement arrosés aussi. Jamais il ne me fit défaut.

Toute à mes pensées, je marche d'un bon pas. Il est tard et j'ai un rendez-vous important. Ce soir, il m'emmène au restaurant. Nous nous retrouvons de l'autre côté du pont. Il pleut.

Il pleut davantage encore. La nuit commence à tomber et le vent accentue la sensation d'humidité. Je le tiens maintenant à deux mains. Je ne sais pas  qui dirige l'autre dans cet affrontement de septembre et ses caprices. Au seuil du pont Kennedy, une bourrasque plus violente nous attaque sans préambule. Mon parapluie tressaille puis glisse un peu entre mes doigts crispés qui, pour rien au monde, ne lâcheraient prise. Soudain, il se retourne en un bruit sourd déconcertant. Je n'ai plus en main qu'un pauvre diable informe, sans plus la force ni la volonté de se relever, ridiculement ébourriffé de sa toile détendue, éventrée par trois baleines pliées. Nous sommes lamentables d'eau et de vent. J'avais un rendez-vous important. Il m'attend. J'irai sans mon parapluie, tant pis. Il m'aime. Il comprendra les cheveux mouillés. Il essuiera le maquillage étalé. Il consolera mon moral décomposé. D'un geste brusque, je dépose la carcasse de mon parapluie sur la poubelle la plus proche, à l'autre bout du pont et j'accélère le pas. Il reste là. Seul. Démantibulé sur le tas de sandwishes non achevés et de cannettes cabossées. 


Il pleut moins. Les gouttes se font plus rares, les gouttières se vident et les rigoles s'affinent du courant d'eau. Je remonte mon col, je replace une mèche rebelle et je souris à la soirée qui m'attend.


Il ne pleut plus. Tout sèche, seuls quelques pois rouges sur une toile noire dépassent désespérément humides d'un tas d'ordures à l'abandon.

 
 


Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

03/09/2009

Il tourne en carré


Le rond de fumée s'évapore, il spirale, il s'élargit.
Le rond dans l'eau tourne, il s'étrangle, il s'évanouit.


Les pas du prisonnier qui tourne en rond, ronronnent. Ils se suivent et se ressemblent, à la queue leu leu, sans sens, sans mouvement, automatiquement rond, sans grandir, sans rétrécir, sans partir.

Ils tournent en rond, un rond que la fumée de cigarette que l'homme fume tente en vain de suivre, tandis que les traces d'eau qu'il laisse sur le sol, ses larmes et sa sueur, n'étranglent que le bonheur qu'il aurait de marcher un jour en carré.

Missing image


Écrit par Hollynx   |     |   |   1 passage(s)

27/08/2009

Le conflit espace-temps


Missing image

Tic tac fit le réveil. Tactique fit la boussole.
J'indique le temps, se vanta le réveil. J'organise l'espace, répliqua la boussole.
Mes aiguilles tournent, renchérit le réveil. Et la mienne pivote, ajouta la boussole.
Vous n'avez pas de trotteuse, s'offusqua le réveil. Non, précisa la boussole mais je possède une tête magnétisée... Où donc mettez-vous votre remontoir, si toutefois vous en avez un ?...

Vous me semblez bien aigri pour vouloir à ce point avoir le dernier mot, s'étonna la boussole. Est-ce de voir filer le temps, de tourner sans cesse en rond que vous devenez aussi agressif ? Seriez-vous jaloux de mes 4 points cardinaux alors que vos 24 heures s'égrainent de jour en jour ?

Ce discours ne plut pas du tout au réveil qui de rage déclencha une sonnerie d'enfer.
Le garçon se retourna brusquement, frappa violemment le réveil, se leva du mauvais pied et emporta la boussole et son sac de voyage.

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

09/08/2009

Le départ en vacances

Attendre onze mois...

Onze mois de petites routes pour connaître l'échappée du douzième, sur l'autoroute. Après les dédales, les virages, les montées et les descentes, jouir de la rectitude bienfaisante de la ligne plane.
Onze mois de bureau minable à l'horizon. Quelques heures avec à la clef : fariente, bronzage et cocktails frais.

Lever matinal presque de nuit, impensable pour aller bosser. Chargement du coffre qui semble davantage s'adapter aux valises qu'aux courses du supermarché.Vérification de la fermeture des fenêtres et du gaz qui le sont bel et bien alors que, le lundi matin, ils refusent obstinément d'obéir.

Le départ en vacances, quelle aubaine, quelle joie, après onze mois !

Le dernier pipi de cadet, serrer à nouveau le vélo sur le porte-vélo, asseoir Papy à l'arrière et le ceinturer, malgré ses refus capricieux, polir le pare-brise et enfin mettre la clef de contact.
Se rappeler tout-à-coup le niveau d'essence, jeter un oeil sur le niveau d'huile, mesurer le niveau d'excitation du chiot emmené.

Missing image

Vive la transhumance, la liberté nous attend !

(Rendez-vous pour Le de vacances après le 15 août. A bientôt...)

Écrit par Hollynx   |     |   |   2 passage(s)

06/08/2009

La mouche et le moustique

Une mouche en déroute aperçoit, sur un bois, un moustique sympathique qui s’astique.La dodue se pose près de l’échalas et le regarde de ses yeux ronds.
Il s’étire élastique sans la moindre attention, tandis qu’elle s’approche d’un pas décidé.

Missing image

« Quelle allure squelettique, s’exclame-t-elle, les yeux mobiles, vous ressemblez à un fil agité par le vent… »

« Qu’importe l’apparence, répond le moustique grand seigneur, mieux vaut mon profil que votre masse disgracieuse. »

Sans un mot, il s’envole et se pose sur l’arête d’un mur tout proche. La mouche le rejoint et attire à nouveau son attention.Le moustique solitaire reste immobile ne lui accordant que dédains et, sans le moindre battement d’aile, regarde au loin.
La mouche curieuse suit son regard et découvre une tartine. La confiture y est généreuse et s’écoule sur les côtés.
Sans hésiter, elle décolle et s’y vautre impertinente, entre la croûte et un énorme morceau d’abricot.La réaction ne se fait pas attendre, une main géante la bouscule sur la table, tandis qu’un treillis violent l’assomme d’un coup sec.

Le moustique hausse les épaules et pense à la nuit prochaine où, habile, il viendra délicatement taquiner l’homme à la tartine.

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

21/07/2009

Des mots de mer

Missing image

Soulagés et fatigués, nous marchions le cœur apaisé.
Electrisé et magnétisé, l'océan s'était tu, inconnu.

Anxieux mais heureux, tu as souri. Les yeux assouvis.
Craintive, captive, j'ai regardé le large. Les flots calmes.

D'un pas éphémère, nous avons quitté la mer. Curieux. Radieux.
La quiétude après la tempête.
Une ambiance de charme et de mystère.

Écrit par Hollynx   |     |   |   7 passage(s)

09/07/2009

Mon histoire en quelques pages


J’y inscris mes minutes, mes heures, mes jours, mes secondes, aussi.C'est un livre blanc.

Missing image

Sur la première page, j’y ai dessiné un sablier en noir et blanc.
Il ne peut s’écouler. C’est pourquoi je n’ai rien mis dans son cœur de verre. C’est un sablier tout en contours, une esquisse d’ombre et de lumière.

A la seconde page, vous trouverez une montre.
Je la voulais sans aiguille. Mais j’ai finalement préféré l’arrêter, la petite sur le 2 et la grande sur le 12. Peut-être parce que je suis née un 2 à 2 heures du matin.

Sur la troisième page, j’ai joué avec les couleurs du temps.
Mon temps est blanc, fond blanc sur lequel j’ai collé du noir, du rouge, du vert ou du jaune, selon les jours et les moments.Blanc la minute de ma naissance, noir l’instant d’une déception, rouge ma première colère, vert mes espoirs. Il y a déjà 53 pages décorées de la sorte dans cet album, l’album de ma vie, de mon temps qui passe, en noir, en blanc, et en couleurs.

Il reste encore pas mal de pages, dites donc !
Probablement pas pour vingt-cinq chapitres mais suffisamment pour terminer cette belle histoire, l’histoire de ma vie, de ma naissance à ma mort, avec ses peines et ses déceptions, ses joies et ses richesses, avec mes humeurs, mes coups de cœur, vous et moi.

Un livre blanc, mille fois ouvert et mille fois refermé, au gré du temps.
Je l'ai ouvert lors de mon premier souffle et je le refermerai lors de mon dernier.Il me reste à trouver la couleur du mot fin mais pour cela, j'ai bien le temps...

Écrit par Hollynx   |     |   |   3 passage(s)

21/06/2009

Ponctuation en ribote

CrayonPoint rencontra Poing et ce dernier lui tapa sur le nez. Cela lui donna l'air d'un point-virgule mais ce ne fut point le point final de leur aventure.
Le regard en point d'interrogation, il n'en revint pas mais mit un point d'honneur à ne pas riposter, le coquin ayant tourné le coin.

Point, tout en rondeur, regarda ses mains: deux mains, dix doigts mais impossible d'en faire des poings. Qu'ils plient ou qu'ils se nouent, ses doigts restaient aussi raides que des points d'exclamation.

Le lendemain, Point les mains sous les bras, revint au point d'impact de la veille: plus de Poing, rien. Jouant avec ses mains, il s'impatienta. Il s'impatienta si bien qu'il ne vit point le temps passer et le surlendemain, plus de mains, plus de poings car était née la parenthèse.

Point, tout étonné, n'en crut pas ses yeux : ses mains devenues courbes, quelle aventure!C'est à ce moment qu'apparut Poing. Celui-ci ricana quand il aperçut Point puis, il analysa point par point la nouvelle situation. Il tapa du poing sur le mur, tant il la trouvait drôle, ce qui ne plut pas à Point qui bondit les deux mains (pardon: les deux parenthèses) en avant.Point d'hésitation, point de remords, il enferma Poing dans son étau. Poing ruait poings et pieds liés mais il ne put se libérer.

Ne voyez aucune morale à cette histoire, il n'y en a point.

C'est l'histoire de deux points qui ne voulurent pas finir en tréma, écrite de ma main, le poing en poche avec entre parenthèses mon humour et ma joie.

Écrit par Hollynx   |     |   |   5 passage(s)